dimanche 23 septembre 2018

Une histoire des abeilles - Maja Lunde

En résumé.

Angleterre, 1851. William a toujours rêvé de faire partie de ces scientifiques qui bouleversent le quotidien des gens grâce à leurs inventions. Après avoir eu de nombreux enfants, l'obligeant à prendre un job alimentaire, il a vu tous ses espoirs s'envoler en fumée. Il est aujourd'hui enlisé dans la dépression et ne parvient plus à sortir de son lit pour se confronter au monde extérieur. C'est Edmund, son fils, qui va lui donner la force de se relever, grâce à un livre sur les abeilles négligemment posé sur son bureau. William a alors l'idée de construire une ruche révolutionnaire pour épater son fils.

Ohio, 2007. George est à la tête d'une exploitation apicole en pleine cambrousse américaine. Passionné par son métier, il espère bien que son fils reprendra les rênes de l'entreprise. Seulement, Tom a d'autres projets, dont celui de devenir écrivain. Comme un malheur n'arrive jamais seul, les abeilles de George commencent à disparaître mystérieusement annonçant le début de l'Effondrement.

Chine, 2098. Les abeilles ayant disparu, hommes et femmes sont obligés de polliniser la nature à la main. Tao fait partie de ses ouvriers d'un nouveau genre. La disparition tragique de son fils, Wei-Wen, va la conduire jusqu'à Beijing, ville désormais déserte, pour obtenir enfin des réponses.

Mon avis.

Cela fait un moment que ce livre me faisait de l’œil, depuis sa publication lors de la rentrée littéraire 2017. Si vous avez eu l'occasion de vous balader sur ce blog, vous aurez très certainement deviné que l'environnement est un thème qui m'est cher. Ce livre, à la frontière entre fiction et réalité, avait donc tout pour me plaire, surtout que je n'avais jusqu'à présent rien lu sur la disparition des abeilles. Malheureusement, ce fut une déception et je vous explique pourquoi sans plus tarder.

Une histoire des abeilles est un livre riche, développé, détaillé et documenté. On sent bien que Maja Lunde, norvégienne de son état, a fait de multiples recherches pour informer le lecteur du rôle primordial des abeilles dans la pollinisation et par voie de conséquence, dans l'agriculture. Elle est même remontée aux origines des ruches, à travers le personnage de William Savage. J'ai même pensé qu'il faisait véritablement partie de l'histoire apicole mais après vérification, il n'est que fiction. Les trois personnages apportent de la robustesse au message écologique que souhaite faire passer l'auteur. La disparition des abeilles et ses multiples conséquences (économique, agricole, sociale) s'ancrent dans le réel, au niveau micro (George croule sous les dettes depuis qu'il ne peut plus faire travailler ses abeilles) mais aussi macro (en 2098, c'est la société entière qui est pénalisée par la disparition des insectes). En cela, le récit est efficace et touche n'importe quel lecteur, lui faisant prendre conscience de l'imminence et de l'ampleur de la catastrophe. Un autre thème abordé, outre les abeilles, est la relation filiale. Chaque personnage se débat avec sa descendance, avec plus ou moins de virulence. Dans tous les cas, il y a une volonté de transmettre le patrimoine des abeilles - peut-être que se cache ici la volonté de l'auteur de nous faire réaliser que chaque génération a un impact sur les conditions de vie des générations qui suivront. Ainsi, le destin des abeilles ne s'est pas décidé en une dizaine d'années. Il a été préparé pendant des siècles, au gré des multiples évolutions technologiques (ruches, pesticides, méthodes apicoles) qui ont eu un impact sur les abeilles. Ainsi, ce livre peut être appréhendé sous de multiples facettes et ne contient pas qu'un seul message, simpliste, mais plusieurs, qui doivent nous amener à nous interroger sur notre place en tant qu'habitant de ce monde ayant un rôle sur notre environnement mais aussi en tant qu'individu qui prépare l'avenir pour les générations futures.

Malgré la richesse du texte, je n'ai pas été entièrement convaincue par cette lecture. Si j'adhère au fond, c'est-à-dire au message développé par Maja Lunde, je n'ai pas été séduite par la forme. Le récit est pourtant dynamique, construit sur une alternance des points de vue des trois personnages. Par son ambiance un peu glauque et inquiétante, c'est l'histoire de Tao qui l'emporte sur les autres, colorant le livre d'une impression étrange, parfois oppressante, voire même angoissante (à raison, on parle quand même de la disparition des abeilles). Je ne me suis pas attachée aux personnages : William m'a paru très distant et froid, je n'ai pas compris les idées de George que je n'ai pas trouvé très intéressant et le personnage de Tao est noyée dans cette ambiance sordide. On reste confiné dans leurs quotidiens, alors que j'aurais imaginé que l'auteur nous parlerait davantage des conditions qui ont provoqué la disparition des abeilles et les luttes qui auraient pu voir le jour entre citoyens et entreprises pro produits phytosanitaires. J'aurais également aimé en savoir davantage sur l'Effondrement, ce point de bascule qui a changé complètement le visage d'une ville comme Beijing. Pour la faire courte, je trouve qu'il manque de la matière, ne serait-ce que pour approfondir les arguments et donner un contexte encore plus général à ce qui est déjà proposé.

Néanmoins, cela reste un livre à mettre entre toutes les mains, afin de sensibiliser le plus grand nombre à ce danger qui nous concerne tous. J'enjoins donc tout lecteur à ne pas passer à côté de cette lecture riche en réflexions !

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ La richesse des thèmes abordés (disparition des abeilles et ses conséquences, poids de l'héritage, relations filiales)
+ L'organisation du récit qui se veut dynamique.
+ La part visionnaire : comment vivrions nous sans les abeilles ?

- L'ambiance parfois sordide.
- Des personnages pas particulièrement attachants.
- Certains volets auraient pu être plus approfondis.

Dernières infos.

Une histoire des abeilles a été publié en 2017 et compte 396 pages.

Ma note.

samedi 15 septembre 2018

Amours - Léonor de Récondo

En résumé.

1908, une maison cossue dans le Cher, deux femmes et un homme à tout faire, Céleste, Henriette et Pierre, et leurs maîtres, Anselme et Victoire de Boisvaillant. En apparence, rien pour les unir, à part les petits tracas de la vie quotidienne. Mais celui qui désire gratter le vernis des convenances s'apercevra que Victoire ne touche pas Anselme, ce qui pousse ce dernier à aller voir du côté de Céleste. La jeune fille, qui ne demandait rien à personne, tombe enceinte. Afin de préserver son image du qu'en dira-t-on et d'assurer la descendance de Boisvaillant, on décide que cet enfant ce nommera Adrien et qu'il sera le fils prodigue de Victoire et Anselme. Seulement, la mère nouvellement déclarée ne sait pas y faire avec ce poupon de chair et d'os, elle le néglige, ne lui apporte aucune affection et le petit être commence à être en danger. C'en est trop pour Céleste. Une nuit, elle se faufile dans la chambre de Victoire et ravit l'enfant pour l'emporter avec elle dans sa chambre. Seulement, Madame a des yeux partout, monte quatre à quatre les marches, ouvre grand la porte et assiste à ce spectacle si doux entre une mère et son enfant - une scène qui va bouleverser l'équilibre des relations entre tous ces protagonistes.

Mon avis.

Voilà une lecture qui sort totalement de ma zone de confort ! J'ai croisé sa route sur Livraddict, séduite par la nouvelle couverture des éditions Points, sur laquelle on voit un entrelacement de papillons colorés sur un fond beige. La quatrième de couverture ne me parlait pas vraiment (j'avais peur de m'ennuyer) mais j'ai tellement aimé ce mélange de couleurs pastel que j'ai fini par me décider à l'emprunter à la bibliothèque. Il faut dire aussi que les avis positifs lus sur la toile étaient nombreux.

Comme son nom l'indique, ce livre parle d'amour - l'amour au pluriel, sous toutes ces formes, le vrai, le grand, celui avec un grand A, le cruel, le pervers, le méchant, le jaloux, le filial, l'amical, l'amoureux. L'auteur a su introduire les nuances de façon subtile et intelligente. Ainsi, à travers les expériences de ces personnages, on traverse une large palette de sentiments, en partant de l'amour qui respecte les conventions mais qui n'a aucune valeur au niveau du cœur (Victoire/Anselme) pour aller jusqu'au plus honteux mais le plus ardent, celui entre deux femmes (Victoire/Céleste). Entre deux, on a l'amour (version dévotion) qu'Henriette porte à Pierre, devenu sourd alors qu'il était jeune soldat pendant la guerre. On a aussi l'amour sale, un amour qui n'en est pas vraiment un, celui qu'Anselme mobilise chaque fois qu'il viole Céleste. Enfin, l'un des plus beaux, l'un des plus compliqué, l'amour filial, celui qui se développe entre le mère biologique et son enfant puis entre deux mères qui s'aiment et leur enfant. Cette palette amoureuse est explorée avec beaucoup de minutie par l'auteur, qui prend le temps de développer chaque personnage, chaque sensation, chaque situation, grâce à une plume délicate et libre, à l'image de Victoire et Céleste. Rien n'est laissé au hasard et pourtant la lecture est dynamique. Les chapitres sont très courts, on reste dans l'essentiel, on ne s'encombre pas de l'annexe, ce qui fait que les pages se tournent très vite. La longueur du livre est parfaite pour l'histoire, ni trop ni pas assez, ce qui est plutôt rare pour les romans de cette longueur-là. On est souvent frustré de ne pas en avoir plus.  

Évoquer l'homosexualité à cette époque, en ces lieux (la campagne) et dans ce milieu social est un pari plutôt osé mais nécessaire puisque de nombreuses personnes devaient être concernés par ce que vivent les personnages d'Amours, sans parler des personnes hétérosexuelles prises dans un mariage dont elles ne voulaient pas et qui n'ont cessé de rêver à un autre, qui appartenait souvent à une autre classe qu'elles. Ainsi, ce livre cristallise un certain nombre d'interdits en vigueur à l'époque. Léonor de Récondo évoque d'ailleurs la place de l'Eglise, toute puissante et dont le regard sur les affaires sentimentales de ses sujets est jugé comme légitime. Le prête tient une place éminemment importante dans ce livre puisque c'est lui qui conduit Céleste à sa perte, alors même que les deux jeunes femmes avaient réussi à trouver une marge de liberté dans leur maison, osant renvoyer Anselme dans ses tours. Ainsi, parler d'amour est une des meilleures armes que l'auteur a trouvé pour aborder les mœurs du XIXème siècle avec humanité et bienveillance.

Malgré la douceur du livre, l'authenticité des personnages et la force du message, je ressors de ma lecture avec un avis mitigé. S'il m'a marquée, par les images mentales que j'ai créées tout au long de la lecture, je pense avoir été mal à l'aise lors de certaines scènes. Et lorsque je pense à ce livre, une ambiance plutôt oppressante me saisit. Rien de bien grave, cela reste un beau livre que je vous conseille, surtout si vous appréciez cette époque et ces thèmes-là.

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ Le thème de l'amour est décliné sous toutes ses facettes, de façon détaillée et pertinente.
+ La lecture est fluide, agréable, rythmée. La longueur du livre est adaptée à l'histoire.

- Certaines scènes m'ont mises mal à l'aise. 

Dernières infos.

Amours a été publié en 2015 et compte 280 pages. Il a obtenu le prix des libraires la même année.

Ma note.

jeudi 13 septembre 2018

Throwback Thursday - Instantanés de vie

Bonjour à tous !

Le Throwback Thursday est un rendez-vous repris par Betty Rose Books sur son blog. Les consignes sont très simples: chaque Jeudi, nous devons proposer un livre en accord avec le thème que Betty Rose Books nous aura concocté. Le but est de revenir sur des lectures passées d'enrichir notre Wish List en découvrant le choix des autres Bloggeuses!

Je tiens à préciser que toutes les images liées au Throwback Thursday proviennent du blog de Betty Rose Books.
Cette semaine, le thème est Instantanés de vie.

Pour l'occasion, voici le livre que j'ai choisi :

Les fils conducteurs
Guillaume Poix
Lorsque j'ai découvert le thème de cette semaine, j'étais un peu sceptique. J'ai tout de suite pensé à Les gens dans l'enveloppe, d'Isabelle Monnin dans lequel elle s'inspire de photos achetées sur le Net pour écrire son histoire. Elle donne alors vie à ces personnes dont elle ne savait rien, jusqu'à ce qu'elle les rencontre "pour de vrai" et nous livre leur véritable histoire. Etant donné que je vous avais déjà présenté ce livre il y a quelques mois lors d'un Throwback Thursday, j'ai décidé de me creuser les méninges et l'évidence m'a finalement frappée. Le livre que je viens de terminer, Les fils conducteurs, convient parfaitement pour le thème. On y parle de photographes, d'expositions photographiques, clichés, mais c'est aussi une incursion dans la vie d'une poignée de Ghanéens qui luttent pour leur survie.

En résumé : Lors d'une exposition photographique dans un musée de Genève, Thomas, lui-même photographe, est saisi par un cliché qui montre des mains entrelacées au-dessus d'un cercueil. Il ne le sait pas mais ses mains appartiennent à Ama et Jacob qui viennent de perdre leur mari, leur père. Le manque d'argent les pousse à rejoindre la capitale du Ghana, Accra pour tenter de gagner leur vie. Très vite, leur destin se lie à Agblogboshie, décharge située en périphérie de la ville qui recueille tous les déchets électroniques dont le monde occidental ne veut plus. Chaque jour, des centaines d'hommes et de femmes se précipitent dans ce mouroir à ciel ouvert pour tenter d'y récupérer des métaux précieux, qu'ils revendront. Les conditions de travail sont absolument épouvantables, extrêmement nocives pour la santé humaine et mettent nos protagonistes dans des états d'intense détresse. 

Mon avis : Une fiction très réaliste sur l'avenir des déchets électroniques et sur l'impact que leur recyclage a sur les hommes et les femmes de la décharge d'Agblogbloshie (mais pas que, on pourrait généraliser les conclusions à bien d'autres situations). Le fait qu'on ait affaire à des personnages qui ont une histoire humanise de simples informations, statistiques, choses lues dans les journaux. Il s'agit d'un écrit bouleversant, rédigé avec virtuosité. Seule la fin m'a un peu déçue. Je ne l'ai pas comprise, elle m'a même mise mal à l'aise. Pour autant, ce livre reste essentiel, le genre de bouquin que chaque citoyen devrait lire. Si vous n'avez pas peur du dur et du concret, je vous le conseille !

dimanche 9 septembre 2018

Les fils conducteurs - Guillaume Poix

En résumé.

Alors qu'il visite une exposition au Musée d'Art et d'Histoire de Genève, Thomas, photographe, est happé par le cliché de deux mains enchevêtrées qui reposent sur un cercueil. Il ne le sait pas mais ces mains appartiennent à Jacob et Ama, qui viennent de perdre leur père, leur mari. A court d'argent, ils sont contraints de quitter leur campagne du centre du Ghana pour rejoindre la capitale, Accra. Le temps passe et emporte avec lui l'espoir de trouver du travail. Comme pour beaucoup d'autres ghanéens, l'ultime solution est la décharge d'Agbogbloshie. C'est dans ce lieu que des milliers de bateaux viennent déposer les déchets électroniques provenant du monde occidental, des Etats-Unis mais aussi de l'Europe. Isaac et Moïse initient Jacob à la "fouille", cette activité éminemment dangereuse qui consiste à désosser les déchets pour trouver des matériaux précieux, qu'ils revendent pour se faire un peu d'argent. Entre fumées toxiques, morts prématurées, trafic, l'obsolescence programmée tue chaque année des hommes et des femmes qui doivent accepter le pire pour survivre. Thomas, qui ambitionne de suivre le chemin de ces déchets, du port Hambourg au port d'Accra croisera la route de Jacob et subira à son tour le prix de nos inconsciences.

Mon avis.

Cela faisait un bon bout de temps que ce livre me faisait envie. Je l'ai découvert grâce à la chronique, une fois de plus magistrale, de Lola sur le blog A l'horizon des mots. Etant préoccupée par le devenir de notre planète mais aussi par les inégalités qui ne cessent de se creuser entre les Hommes, le titre et la quatrième couverture de ce livre m'ont tout de suite parlé. De la décharge d'Agblogboshie, je ne connaissais rien. Je savais simplement que nos déchets, qui plus est, électroniques, contenaient des substances dangereuses qui n'étaient pas forcément recyclées et qui pouvaient être déversées dans les sols et les fleuves de pays dont tout consommateur n'à que faire. Je savais également que des enfants, plutôt que d'aller à l'école, fouillaient les immondices, à la recherche de matériaux rares dans des conditions sanitaires absolument déplorables. Ce livre, en mettant des visages et un quotidien derrière ces faits que l'on oublie vite, m'a conforté dans mes convictions. Il fait partie de ces livres que chaque citoyen, chaque consommateur devrait lire.

Sa grande force est de se situer entre le roman et le documentaire. Roman parce que l'on suit des héros qui nous crèvent le cœur, parce qu'on est embarqués dans une histoire, parce que l'on a envie de savoir ce que vont devenir Moïse, Isaac, Jacob et Ama, parce que les faits sont mis en musique par un chef d'orchestre talentueux. Documentaire parce que le cadre de cette histoire est tristement réel, parce que la décharge d'Agbogbloshie existe bel et bien, ainsi que ces hommes et ces femmes qui la fréquentent tous les jours, parce que la capitale est effectivement polluée à un degré extrême, parce qu'il est certain que nos déchets électroniques - smartphone, télévision, bouilloire, cafetière, appareil photo, écran d'ordinateur, fer à repasser, frigo - finissent leur vie à Accra. La plume de Guillaume Poix est exquise. Elle rend à ces personnages sales et malades toute leur grâce. Elle parvient même à rendre nos déchets esthétiques. On a l'impression d'assister à un ballet, les bateaux qui vont et viennent, les danseurs qui font aller leurs doigts fragiles pour dépecer les trésors, les grands méchants qui viennent casser le rythme d'une danse si bien organisée. Le paradoxe est saisissant : on hésite entre l'affreuse laideur de la situation et la beauté des mots pour la décrire, ce qui finit par la rendre encore plus cruelle. Le rythme est soutenu, on alterne les récits, entre celui de Thomas et ceux des acteurs d'Agbogbloshie, les images dans notre tête se succèdent, à vive allure, on tourbillonne, on se demande, on s'agace, on s'insurge, on se révolte, jusqu'à l'envie de vomir.

Ce livre était bien parti pour ravir les cinq étoiles... Jusqu'à ce que la fin vienne tout gâcher, le moment où Thomas entre en scène et rencontre Jacob. Je ne vous dévoile par tout, pour préserver la surprise. Toujours est-il que je n'ai vraiment pas compris pourquoi ajouter un mal qui n'était pas nécessaire et qui finalement n'apporte pas grand chose à l'essence du message. Je me suis même sentie mal à l'aise, ces dernières pages ont changé la perception que j'avais des personnages, m'obligeant à revoir ma copie. J'accorde malheureusement une importance primordiale aux dénouements qui colorent à mon avis une histoire, la rendant plus lumineuse ou plus sombre. Guillaume Poix n'a pas su ajuster ses pinceaux à ce moment précis, c'est dommage, car le reste du livre est absolument parfait.

Je vais donc m'en tenir aux quatre fleurs, mais je vous encourage vivement à vous procurer ce livre, à le lire en long, en large et en travers. Certes, les images ne sont pas toujours faciles (on est loin du conte avec des chevaux en pâte d'amande et des cœurs pailletés) mais c'est une lecture utile, citoyenne et incroyablement bien narrée.

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ Le thème du livre : le devenir de nos déchets électroniques, la décharge d'Agbogbloshie au Ghana.
+ La plume de l'auteur, fantastique, qui décrit la situation avec beauté et cruauté.
+ Les personnages qui soulignent les ravages de l'obsolescence programmée.

- Le dénouement, que je n'ai pas compris et qui m'a semblé inapproprié.

Dernières infos. 

Les fils conducteurs a été publié en 2017 et compte 224 pages. Guillaume Poix a été l'invité du Mag de l'été, diffusé sur France Inter, l'été dernier, pour la sortie de son livre. Voici le lien vers l'interview. Aussi, si ce thème vous intéresse, je vous conseille ces épisodes de l'émission Cultures Monde, diffusés sur France Culture, dont le thème est "Les nouveaux délinquants environnementaux". On y retrouve la question des déchets, mais aussi le trafic d'ivoire, la pêche illégale ou encore la déforestation illégale. Enfin, si vous souhaitez en savoir davantage sur Agbogbloshie, vous pouvez visionner La tragédie électronique de Cosima Dannoritzer, qui a également réalisé Prêt à jeter, sur le même thème. Ces deux documentaires ont été diffusés sur Arte.

Ma note.

samedi 1 septembre 2018

C'est l'été, je balance tout ! - Juillet/Août 2018

Bonjour à tous!

Voici un type d'article qui avait un peu déserté le blog ces derniers temps, à mon grand regret... Il me prend tellement de temps à rédiger que je n'ai pas pu m'y atteler ces derniers mois. Je suis donc heureuse de pouvoir vous le proposer cet été, sachant qu'il risque de disparaître aussi vite qu'il a fait son retour.  C'est le 1er, je balance tout! est un rendez-vous qui a été lancé par Lupiot du blog Allez vous faire lire. J'en suis très vite tombée amoureuse car j'en avais un peu assez de mes Bilans du mois qui n'étaient finalement qu'une énumération de mes lectures, sans grand intérêt. Ce rendez-vous vient rythmer les fins de mois et surtout il nous permet de découvrir plein de jolies lectures mais aussi plein de balades sur la toile, avec ou sans lien avec les livres, et ça, j'adore! 

Les règles sont très simples puisqu'il s'agit de retracer le mois écoulé au travers de quatre catégories que voici:

1. Le top et flop du mois dernier
2. Une chronique d'ailleurs
3. Un lien que nous avons adoré le mois dernier (hors chronique littéraire)
4. Une petite fierté 

Sans plus tarder commençons avec le top et flop de l'été.
Cet été fut riche en lectures ! Du côté des Top, on retrouve bien sûr Harry Potter à l'école des sorciers. J'en suis à ma troisième relecture mais cette fois-ci je me suis plongée dans la version illustrée de ce best-seller proposée par Jim Kay. Même si je suis une fan inconditionnelle du petit sorcier, je ne suis pas pour me procurer toutes les éditions des différents tomes. Mais je dois dire que celle-ci est absolument sublime et vaut vraiment le coup ! A présent, on reste au Royaume-Uni mais on part sur un sujet totalement différent avec Orgueil et Préjugés, qui fut un véritable coup de cœur. J'ai mis du temps à me décider à lire mon tout premier Jane Austen mais j'ai eu raison de passer outre ma crainte de ne pas apprécier ce classique de la littérature anglaise. J'ai accroché dès les premières pages et je n'arrivais plus à le lâcher, tellement je me sentais proche des personnages (surtout d'Elizabeth) et tellement j'ai adhéré à l'humour caustique de l'auteur. Un pur régal ! Sur la troisième place du podium, on retrouve Les yeux jaunes des crocodiles, qui fut l'objet d'une relecture. J'ai encore une fois apprécié la plume de Katherine Pancol qui sait si bien nous parler du quotidien d'hommes et de femmes touchants auxquels on s'attache très facilement. A noter toutefois que Le château de ma mère et Le fil des souvenirs auraient pu également recevoir la médaille de bronze.

Du côté des flops, il y a d'abord les tomes 5 (L'Odyssée du Passeur d'Aurore) et 6 (Le fauteuil d'argent) des Chroniques de Narnia. Malheureusement, ces deux lectures confirment la tendance, je ne suis pas une adepte de cette saga. Même si les idées sont plutôt bonnes et l'univers original, fourmillant de personnages et paysages fantastiques, il me manque quelque chose. Les faits sont vite évacués, on peine à s'attacher aux protagonistes et les fins sont souvent étranges, inadaptées au reste de l'histoire. Je suis ravie de voir qu'il ne me reste plus qu'un tome pour achever ma lecture de ces chroniques. Ensuite, je n'ai malheureusement pas été séduite par Un avion sans elle. Alors que j'avais apprécié ma lecture du Temps est assassin l'été dernier, j'ai trouvé que l'intrigue traînait dans celui-ci, que l'ambiance était un peu glauque, ce qui m'a mise mal à l'aise. J'ai eu l'impression de m'ennuyer alors que je venais y chercher de l'action et du suspense. Dommage ! Enfin, je n'ai pas non plus apprécié ma lecture de Pour une enfance heureuse. Lu dans le cadre de mon boulot et conseillé par une collègue, j'ai trouvé que l'auteur enfonçait beaucoup trop de portes ouvertes et que les répétitions étaient nombreuses. Certes, ses arguments sont étayés par l'avancée des recherches en neurosciences mais on n'en retire pas grand chose, à part ce que l'on sait déjà... Heureusement, c'est vite lu ! 

Continuons avec les chroniques vues d'ailleurs

* Je n'en reviens pas, je pensais vous avoir déjà parlé du blog A l'horizon des mots lors des précédents bilans mais que nenni ! Vite, vite, réparons cette bévue ! Lola, l'hôte de ces bois, est à mes yeux une sorte d'héroïne. Ses lectures sont originales, fouillées, pertinentes, intelligentes et sa plume de chroniqueuse est divine (oui, je le confesse, je suis jalouse). J'y vais régulièrement lorsque j'ai envie d'idées lecture qui sortent du lot et je ressors de là avec quinze mille références notées sur mon petit papier. Grâce à elle, j'ai découvert La route sombre de Ma Jian et je ne vais pas tarder à me plonger dans Les fils conducteurs de Guillaume Poix, qui me fait très envie depuis que j'ai lu sa chronique. Un blog à avoir dans ses favoris !

* A présent, voici un blog que j'ai déniché tout récemment, grâce à sa chronique du Château de ma mère de Marcel Pagnol. Creezzy, qui emprunte son pseudo à son livre favori nous donne des idées lecture selon notre humeur, nous fait part de ses livres préférés et on découvre d'article en article de jolis livres inconnus au bataillon mais qui nous séduisent déjà...

Je vous ai présenté la liste des nominées, à vous de déterminer la gagnante, sachant qu'elles peuvent l'être toutes les deux ! Enchaînons désormais avec les liens venus des stratosphères du Web.

* Outre la lecture, j'aime de plus en plus me mettre derrière les fourneaux. Ce ne fut pas toujours le cas mais l'envie de manger des plats à la fois sains et gourmands et de faire plaisir à mon amoureux m'encourage progressivement à mettre les orteils dans la cuisine. Dans ma quête culinaire, je suis aidée par le blog Papilles et Pupilles créé par Anne Lataillade. C'est un petit coin de paradis, qui regorge d'idées recette des plus simples aux plus ardues. Je n'ai jamais raté une seule recette trouvée dans cette bible numérique, tellement les choses sont bien présentées et expliquées. Parmi mes réussites, il y a la tarte aux pêches, citron vert et romarin (une tuerie absolue), le poulet au curry (un plat qui apporte du réconfort après les journées de boulot) ou encore la tarte poires/chocolat, à faire bientôt, pour la saison des poires ! Miam !

* Quand je cuisine, j'aime beaucoup mettre la radio en fond. C'est une des rares occasions où je peux l'écouter de façon attentive tout en faisant autre chose et sans perdre de temps pour autant. Tout récemment, j'ai écouté La passion de lire, un épisode de l'émission Une bonne tasse d'été diffusée sur France Inter. La journaliste et ses invités interrogent notre rapport à la lecture et nous donnent plein de titres de romans qui les ont marqués ou qu'ils souhaitent tout simplement conseiller. Si ce genre d'échanges vous intéresse, je vous encourage à y faire un tour. En dehors de cet épisode consacré à la lecture, l'émission aborde divers sujets de société.

* Pour égayer ce bilan qui touche bientôt à sa fin, je vous glisse une petite musique de Snow Patrol, Make this go on forever. Si je connaissais le groupe depuis quelques années, j'ai découvert cette chanson dans un épisode de Grey's Anatomy (je ne regarde pas mais un épisode passait à la TV à ce moment-là). Je la trouve juste géniale et je pense qu'elle va m'accompagner à la rentrée.

Terminons désormais avec la minute fierté !

Cet été, j'ai eu deux grandes victoires. 

D'abord, celle d'avoir validé ma première année de Master. Cette année fut particulièrement dure, et s'est conclue par des examens en cascade dont je suis ressortie vivante et avec de bonnes notes. L'année qui s'annonce risque d'être encore plus difficile. Alors j'ai rechargé les batteries cet été et fait le plein de belles lectures car je pense ne pas avoir beaucoup de temps pour les livres dans les mois à venir, même si je vais essayer de ne pas changer les bonnes vieilles habitudes et poster une chronique par semaine sur le blog.

Ma deuxième fierté est celle d'avoir conduit en Écosse. Il y a quelques mois, nous avons décidé avec une amie de se faire un mini road-trip écossais (sur une semaine), à la découverte des Loch et des paysages magnifiques qui ont vu naître Harry Potter ou encore la série Outlander. Mon amie ne conduisant pas, j'étais la seule à pouvoir nous conduire aux différents sites que nous souhaitions visiter. Qui dit Royaume-Uni, dit conduite à gauche, dit voiture de location. Autant vous dire que je balisais sérieusement avant de partir, étant d'un naturel un peu froussard. Finalement, malgré une ou deux frayeurs et quelques coups de klaxons, ça s'est bien passé ! J'ai déjà hâte d'y repartir ! Je vous laisse avec quelques photos...

 Une petite balade sur l'Ile de Skye...
En route pour Portree, "capitale" de l'Ile de Skye...
 Arthur Seat, Edimbourg...

Sur la route...

Je vous souhaite du courage pour la rentrée et un bel automne !