dimanche 9 janvier 2022

Le tour du monde en 80 jours - Jules Verne

En résumé.

Le 2 Octobre 1872, Phileas Fogg, gentleman londonien, célibataire et acariâtre, fait le pari insensé de faire le tour du monde en 80 jours auprès de ses collègues du Reform Club qui réunit les hommes les plus riches de la ville. A 20h45 précisément, il quitte ses appartements en compagnie de son tout nouveau majordome, Passepartout, pour entamer son périple. De l'Italie aux Etats-Unis, en passant par l'Inde, c'est une course contre la montre et contre les aléas techniques ou climatiques qui s'engage. Notre aventurier sera également ralenti dans sa course par un agent des services de police britannique, Fix, qui pense avoir reconnu en Phileas Fogg l'auteur d'un vol d'une somme importante à la Banque d'Angleterre. Il décide alors de le traquer, essayant de trouver un allier en Passepartout. Grâce à son flegme anglais et à ses bank-notes, Phileas Fogg saura à maintes reprises déjouer les pièges mis sur sa route mais cela suffira t-il pour gagner son pari en se présentant le 21 Décembre à 20h45 devant les membres du Reform Club ?

Mon avis.

Décidément, Le tour du monde en 80 jours est mis à l'honneur en ce moment puisque France 2 a diffusé pendant les vacances de fin d'année une série adaptée du livre. Je n'ai vu que le premier épisode pour l'instant, mais je suis curieuse de voir la suite car l'adaptation semble très éloignée de l'histoire de Jules VERNE. Bref, plusieurs années après avoir découvert ce livre pour la première fois, je me suis une nouvelle fois plongée dans les aventures de Phileas Fogg et Passepartout, avant tout pour des besoins professionnels. Si De la terre à la lune m'avait plutôt conquise, je reste sur ma faim avec celui-ci qui est pourtant le roman le plus connu de l'inventeur de la littérature scientifique.

L'impression qui se dégage en priorité suite à la lecture de ce roman est celle d'avoir survolé le sujet qui nous est proposé. Comme Phileas Fogg qui file à une vitesse incroyable autour de la Terre, j'ai eu le sentiment de rencontrer à toute vitesse les personnages, de sauter de pays en pays en un éclair, de passer du bateau au train ou à dos d'éléphant sans m'en rendre compte et de me retrouver à Londres en deux deux alors que je venais de faire le tour du monde. C'est un roman qui est avant tout scientifique, dans lequel on perçoit toute l'admiration de Jules VERNE pour les progrès scientifiques et la fascination pour ces moyens de transport qui se veulent de plus en plus rapides. Le voyage n'est pas décrit du point de vue du touriste qui prendrait plaisir à être dépaysé et qui saisirait cette chance pour découvrir de nouveaux paysages et de nouvelles coutumes. Non, ici, le voyage est décrit du point de vue de l'être rationnel qu'est Phileas Fogg, dont l'exactitude est à faire pâlir le moindre métronome. On a donc davantage droit aux détails techniques des différents moyens de transport empruntés qu'à une description des paysages traversés. Les aléas du voyages paraissent fades aussi. Quelque chose qui ne va pas ? Pas de problème, Phileas sort quelques billets et l'affaire est réglée ! C'est dommage qu'on n'ait pas plus de suspense pour un roman d'aventure. Les obstacles sont trop vite et trop bien réglés pour paraître réalistes.

Heureusement que les personnages annexes viennent rompre la froideur de Phileas Fogg et de ses savants calculs. Ainsi, le personnage de Passepartout contraste avec celui de Phileas Fogg, apportant d'ailleurs de la légèreté à l'ensemble. C'est le seul qui profite des paysages et il se plaint régulièrement de l'attitude blasée de son maître qui vit la montre dans la main. Il apparaît comme un personnage naïf mais au grand cœur, capable de toutes les imprudences pour sauver les siens. Jules VERNE a réussi à donner une autre dimension à son récit scientifique en intégrant quelques leçons de morale. Le twist final est intéressant et nous fait comprendre que le voyage n'est pas qu'une affaire de moyens de transport ou d'argent mais plutôt une ouverture sur soi et les autres. Phileas Fogg, bien qu'il reste concentré sur la tâche qu'il a à accomplir, se révèle tout au long du roman, montrant qu'il peut être aussi attentionné, fidèle et dévoué aux siens. La rencontre avec Mrs Aouda, même si elle a quelque chose de très colonialiste (n'oublions pas que nous sommes en 1872) fait voler en éclats ce qu'est Phileas Fogg, et c'est cette relation naissante qui est vraiment la réussite de ce voyage autour du monde. Une réflexion semble aussi amorcée sur la place de l'argent et sur l'idée que celui-ci ne fait pas le bonheur. Si Phileas Fogg a pu déjouer tous les pièges mis sur sa route durant son voyage grâce à ses moyens financiers, on voit à la fin qu'il est finalement peu utile lorsque l'amour est présent. Le personnage de Fix est également intéressant car d'abord obnubilé par le rôle qu'il a à jouer dans l'arrestation de Fogg, il finit par le considérer autrement et se rend compte qu'une personne peut avoir plusieurs facettes, qu'un voleur ne se réduit pas à sa condition de voleur mais peut aussi mettre à profit son argent pour sauver ceux à qui il tient. J'ai apprécié voir ses raisonnements changer au fur et à mesure qu'il apprend à connaître ses compagnons de voyage et à le voir se remettre en question.

Plus que la description technique du tour du monde en 80 jours, l'intérêt de ce livre est dans l'aventure humaine qu'il raconte. Des personnages qui n'avaient rien en commun et qui pourtant se retrouvent à être embarqués dans la même galère et qui finissent par s'attacher les uns aux autres, des personnages qui se révèlent au fur et à mesures de leurs aventures et finalement des personnages qui comprennent que l'important n'est pas d'arriver à l'heure mais d'arriver entourés, aimés et changés. Même si je n'ai pas été à 100 % convaincue par cette lecture, je vous encourage à découvrir ce classique de la littérature française.
Dernières infos.

Le tour du monde en 80 jours a été publié en 1873 et compte 351 pages. Il a été de nombreuses fois adapté en série, BD, film, je vous encourage à regarder ce qui existe pour compléter la lecture du roman.

Mon avis.
Challenges.

* Défi lecture 2022 : Consigne 16 - Livre avec un moyen de transport qui a un nom de baptême (les exemples ne manquent pas : les paquebots Rangoon ou Mongalia)

dimanche 2 janvier 2022

Challenge des 100 romans 2022

 Bonjour à tous !

Je participe pour une quatrième année à ce Challenge des 100 romansorganisé par Kyradieuse (son blog ici) sur Livraddict.

Le but est extrêmement simple: lire 100 romans en un an, du 1er Janvier 2022 au 31 Décembre 2022.

Je termine cette année 2021 avec 46 lectures à mon actif, soit six lectures de moins qu'en 2020. J'espère évidemment faire mieux en 2022...

Vous trouverez mon avancée sur cette page.
 
 
TOTAL :  2/100
 

Défi lecture 2022

Bonjour à tous !

L'année 2021 s'achève avec 46 consignes validées. Un peu déçue par ce score, je rempile pour 2022. J'éprouve toujours autant de plaisir à participer à ce challenge. Soit j'essaie de faire correspondre mes lectures aux consignes, soit je choisis des livres en fonction des consignes que je souhaite valider, toujours est-il que c'est stimulant et que ça vient mettre un peu de piment dans le choix de mes lectures. C'est toujours Les lectures du Chatpitre qui propose ce challenge sur Livraddict, mais il faut savoir qu'il est d'abord organisé sur Facebook. L'objectif est simple :  répondre à 100 consignes au fur et à mesure de nos lectures. Seuls les romans comptent et un livre ne valide qu'une consigne. Le défi se déroule entre le 1er Janvier 2022 et le 31 Décembre 2022. Voici les différents paliers à franchir :

10 --> Grippe-sou coloré
20 --> Hannibal lecteur
30 --> La cloche Folcoche
40 --> Grenouille sociable
50 --> Dévouée Annie Wilkes
60 --> Le bon Sauron
70 --> L'aimable Cruella
80 --> Dracula édenté
90 --> La belle bête
100 -->Voldemort frissonnant
 
TOTAL : 2/100

1. Livre contenant plus de 500 pages.
2. Lire un classique littéraire écrit par une femme (selon une liste établie).
3. L'éphémère.
4. Joker.
5. Livre graphique.
6. Coup de cœur.
7. Un livre qui vous a déçu.
8. Livre d'un auteur inconnu pour vous.
9. Titre avec un W.
10. Auteur décédé en 2021.
11. Titre avec un lien de parenté.
12. Auteur d'Amérique latine ou Amérique centrale.
13. Auteur de langue allemande.
14. Livre avec une scène dans un parc d'attraction.
15. Titre avec un nom de ville.
16. Livre avec un moyen de transport qui a un nom de baptême > chronique
17. Livre avec une coquille dans le texte.
18. Couverture majoritairement bleue.
19. Livre avec une histoire d'amour interdite/impossible/contrariée.
20. Livre où un personnage fait partie d'une guilde, une confrérie, une société secrète.
21. Couverture avec des fleurs.
22. Livre qui contient des phrases que vous auriez envie de noter/retenir.
23. Livre avec des chapitres qui portent des titres.
24. Livre avec un personnage illettré/analphabète ou qui n'aime pas la lecture > chronique
25. Choisir dans une liste des "meilleurs livres de l'année 2021".
26. Livre ayant reçu un prix prestigieux en SFFF (selon une liste établie).
27. Personnage avec les yeux bleus.
28. Personnage nomade. 
29. Livre appartenant à la lecture expérimentale.
30. Livre avec un secret de famille.
31. Livre dans lequel l'amitié tient une grande place.
32. Roman post-apocalyptique ou d'anticipation.
33. Livre qui se déroule pendant une bataille ou guerre réelle (hors PGM ou DGM).
34. Auteur écossais.
35. Titre dans lequel on retrouve e dans l'o (œ).
36. Livre qui mentionne le Black Friday ou Thanksgiving.
37. Livre écrit à la 2ème personne.
38. Couverture avec un animal polaire (ours, pingouin, manchot).
39. Livre qui se déroule près de chez vous.
40. Titre qui contient le mot "histoire" ou "roman".
41. Couverture avec un monument ou lieu célèbre.
42. Livre dans lequel une université réelle est citée.
43. Couverture où l'on voit une partie interne du corps.
44. Titre avec un homophone de mais (met, mets, mes, mai...)
45. Livre sur/avec des pirates de mer.
46. Personnage principal qui a le même âge que vous (+/- 5 ans).
47. Livre contenant plus de 80 chapitres.
48. Couverture avec un élément astral (astre, planète, étoile).
49. Livre qui contient une citation.
50. Livre non-fiction.
51. Livre dont un personnage porte le nom d'un mois ou d'un jour de la semaine.
52. Livre paru en 2010.
53. Livre dans lequel il y a un dragon.
54. Couverture avec un cadenas, une clé ou une serrure.
55. Livre comprenant une phrase dans une langue étrangère.
56. Livre contenant une expression incorrecte (au final, au jour d'aujourd'hui, suite à...)
57. Livre dans lequel il est fait mention d'un chanteur réel.
58. Livre avec un personnage écolo ou qui réalise des gestes pour préserver la nature.
59. Romance écrite par un homme.
60. L'un des livres lus par Dara (selon une liste établie).
61. Livre dans lequel le modèle d'une arme à feu est citée.
62. Livre comprenant un des noms d'un palier du Défi lecture 2022.
63. Couverture sur laquelle le nom de l'auteur est écrit plus gros que le titre.
64. Livre dont le titre est un nom de métier.
65. Livre dont le titre contient plus de quatre fois la même lettre.
66. Livre dont le titre a plus de voyelles que de consonnes.
67. Livre dont le titre comporte au moins un mot étranger entré dans la langue française (week-end, bled, suchis, sari, chewig-gum).
68. Livre dont le nom de l'auteur est aussi un nom commun.
69. Livre dont l'auteur a les mêmes initiales que vous.
70. Livre dont un des personnages principaux a un handicap.
71. Livre dans lequel une monnaie ancienne est citée.
72. Livre dans lequel un programme TV est cité.
73. Livre dans lequel un personnage de fiction est mentionné mais dans lequel il n'apparaît pas.
74. Livre dans lequel un des personnages fait du bénévolat.
75. Livre dans lequel un code secret est utilisé.
76. Livre qui contient une blague (écrite ou faite).
77. Livre contenant le prénom d'un animal de compagnie dans le texte.
78. Auteur ayant travaillé comme enseignant.
79. Titre contenant un mot en lien avec la voix : murmure, chuchotement, cri, hurlement...
80. Couverture avec un tableau peint ou un extrait de tableau.
81. Livre dont la 4ème de couverture montre la photo de l'auteur.
82. Livre se déroulant dans le milieu scientifique, en lien avec la recherche mathématique, biologique, génétique, astrophysique.
83. Une scène où un personnage prend soin de lui, et de son apparence physique : coiffeur, parfum, maquillage, spa, massages...
84. Livre qui contient une playlist, dans le texte ou à la fin du roman.
85. Livre qui contient une référence au terrorisme ou à un attentat.
86. Une scène qui se déroule dans un cimetière.
87. Roman de cape et d'épée OU dans lequel il y a un duel.
88. Roman jeunesse (qui respecte les règles du défi).
89. Livre avec un arbre généalogique.
90. Livre qui évoque le thème de la vieillesse.
91. Livre dans lequel un personnage est en retard.
92. Livre qui évoque les classes sociales et/ou un combat social.
93. Livre dans lequel le personnage principal se reconstruit.
94. Titre avec un oxymore.
95. Couverture avec un paysage de montagne.
96. Livre dans lequel il y a une compétition sportive.
97. Titre avec une étendue d'eau : fleuve, mer, océan, ruisseau, lac...
98. Couverture avec un objet électronique.
99. Titre avec un nom d'oiseau.
100. Livre où il est fait mention d'un tissu à motif léopard... ou d'un léopard.

dimanche 26 décembre 2021

La véritable histoire de Noël - Marko Leino

En résumé.

Alors qu'ils plongent dans les eaux fraîches de la mer Baltique pour s'amuser, deux jeunes garçons tombent sur un coffret en bois renfermant une montre à gousset. Un trésor qui renferme une fantastique histoire transmise de génération en génération. Leur grand-père décide de la leur raconter.

Au large de la Finlande, sur une île éloignée de toute forme de vie, une famille habite une cabane battue par le vent et par les bourrasques de neige. Pourtant, malgré la précarité de leur mode de vie, Nicolas est heureux en compagnie de ses parents et de sa petite sœur, Aada. Par une nuit d'hiver, alors qu'il n'a que cinq ans, son père et sa mère sont contraints de le laisser seul pour accompagner leur fille malade sur le continent pour qu'elle puisse y recevoir des soins. Leur absence, qui ne devait durer que quelques heures, durera toute une vie puisqu'ils trouvent la mort sur leur barque, emportés par la mer déchaînée. Le petit garçon est alors rapatrié dans le village le plus proche, sur la côte. Aucun villageois n'est en mesure de l'adopter car tous sont très pauvres. Ils vont donc prendre une décision inédite : Nicolas passera un an dans chaque famille du village, et le changement s'opèrera tous les ans, le jour de Noël. D'abord déstabilisé par les événements, Nicolas finit par trouver ses marques et par s'attacher aux habitants du village. Pour les remercier, il prend l'habitude de leur fabriquer quelques jours avant Noël des jouets en bois. Son talent ne cessera de grandir pour devenir petit à petit l'homme célébré et connu de tous en cette période de fête, le Père Noël.

Mon avis.

J'ai eu plusieurs fois l'occasion de croiser ce livre sur Internet à l'approche des fêtes mais je me suis finalement décidée à le lire cette année, alors que le pays à l'honneur pour le mois de Novembre était la Finlande (challenge en 2021, je voyage.). Quoi de mieux qu'un conte jeunesse pour se mettre tout doucement dans l'ambiance de Noël !

Bien que le début soit un peu triste, voilà un roman tout doux à savourer sous la couette, avec une tasse de chocolat chaud et un chat roulé en boule à ses pieds. Certes, c'est un conte jeunesse mais il est très bien adapté pour les adultes en quête de la magie de Noël. On y retrouve une version de l'histoire du Père Noël, joliment narrée et toute en simplicité. C'est aussi l'occasion de voyager au cœur de la Laponie et de s'imaginer ce petit village perdu au milieu de la forêt et bordé par la mer, fait de maisons très modestes mais illuminées par les levers de soleil, la neige s'étalant en couches épaisses, terrain de jeu préféré des jeunes enfants. L'auteur ne laisse rien au hasard et explique dans les moindres détails la légende du Père Noël, le tout faisant preuve d'une certaine cohérence. Les habits rouges du Père Noël ? C'est parce que les rennes obéissent mieux lorsque leur maître porte du rouge. Néanmoins, point de lutins ni de mère Noël dans cette version, on reste juste sur l'histoire d'un petit garçon blessé par la vie mais dont la générosité est telle qu'elle devient sa raison d'être.

J'avais un peur de me lancer dans une histoire dégoulinante de guimauve et de caramel, comme c'est souvent le cas pour les histoires de Noël. Certes, il y a du bon sentiment mais le tout s'équilibre plutôt harmonieusement. Nicolas apparaît comme un personnage avec des reliefs, capable de donner le meilleur mais aussi capable de blesser autrui, une personne humaine en somme. J'ai été sensible à son plus grand travers : ne vouloir s'attacher à personne de peur que les personnes aimées s'en aillent et laissent derrière elles une blessure trop douloureuse. Les questions du deuil, de la reconstruction après la perte d'un être cher sont importantes dans le récit et ont façonné la personnalité de Nicolas. C'est une histoire qui s'intéresse à la vie d'un homme, de sa plus tendre enfance à sa mort. Le défi était colossal mais l'auteur s'en est bien sorti. Il a réussi à rythmer son récit, à ralentir lorsque c'était nécessaire et à accélérer lorsqu'il en avait besoin, de sorte que l'on ne s'ennuie jamais, nous donnant même l'impression de parcourir cette histoire à vitesse grand V.

Un roman idéal pour la période des fêtes de fin d'année. Avec son livre, Marko LEINO propose une alternative aux comédies romantiques et autres histoires qui exploitent à fond le thème de Noël pour faire du chiffre. Comme un enfant attendant avec impatience les cadeaux au pied du sapin, on replonge dans la féérie de la légende du Père Noël grâce à un récit rythmé, réfléchi et représentatif de l'ambiance des pays nordiques.
Dernières infos.

La véritable histoire de Noël a été publié en 2014 et compte 328 pages. 

Ma note.
Challenges.

100 livres à lire en 2021 : 44/100
* Défi lecture 2021 : Consigne 17 - Un livre dont le nom et le prénom de l'auteur contient le même nombre de lettres - 44/100
En 2021... Je voyage : Finlande (+ 20 points)

jeudi 23 décembre 2021

Bleu de Delft - Simone van der Vlugt

En résumé.

Bleu de Delft
 nous embarque dans la Hollande du XVIIème siècle. On y suit les aventures de Catrijn, une jeune paysanne en deuil suite au mystérieux décès de son époux. Libérée de cet homme qui la battait et attirée depuis toujours par les opportunités qu'offre la ville, elle décide de vendre les terres dont elle était devenue propriétaire pour rejoindre Amsterdam. Là elle est embauchée comme intendante dans une riche famille. Alors qu'elle prend progressivement ses marques et qu'elle commence par se faire remarquer pour ses talents de peintre, elle est rattrapée par son passé, menacée par son ancien valet de ferme qui compte révéler les véritables circonstances de la mort de son mari si elle n'achète pas son silence. Elle décide alors de fuir pour échapper à cet homme incontrôlable et se retrouve à Delft chez un parent de la famille qui l'avait engagée à Amsterdam. Son nouvel hôte est propriétaire d'une faïencerie. Catrijn va vite y trouver ses marques, une fois de plus louée pour ses compétences en peinture, qu'elle utilise pour décorer les poteries fabriquées dans l'atelier de son patron. Néanmoins, malgré ce bonheur professionnel, Catrijn sera une nouvelle fois rattrapée par son passé mais aussi vivement secouée par deux événements majeurs de cette époque : l'explosion de la poudrière de Delft qui ravage la ville et un épisode de peste particulièrement virulent.

Mon avis.

Comme pour beaucoup d'autres lecteurs j'imagine, j'ai été attirée par ce roman qui m'a fait penser à une lecture qui se déroule dans un contexte similaire, La jeune fille à la perle de Tracy CHEVALIER dans lequel on entre dans l'intimité du célèbre peintre VERMEER. La Hollande du XVIIème siècle, l'essor du bleu de Delft (pour désigner ces poteries peintes en bleu et blanc) et l'âge d'or de la peinture hollandaise avec l'ascension de grands peintres comme REMBRANDT et VERMEER sont des thèmes communs aux deux romans. Pourtant ils se distinguent nettement de part leur contenu. Bleu de Delft se déroule avant La jeune fille à la perle. Dans le premier, VERMEER n'est pas encore le grand peintre qu'il va devenir, il travaille encore dans l'auberge familiale. Par ailleurs, Bleu de Delft semble encore plus romancé et nous offre un large aperçu des villes à cette époque et nous fait voyager jusqu'aux origines de la céramique.

Car ce roman est avant tout un voyage, dans le temps et dans l'espace. On se laisse facilement imprégné par des images, des odeurs, des bruits qui nous donnent l'impression de perdre pied avec la réalité pour nous retrouver dans cet univers particulier, dans ce moment où tout bascule pour la région. Quand je repense à ma lecture, me viennent à l'esprit des paysages, des canaux bordés d'une végétation marécageuse sur lesquels naviguent Catrijn, la tête rempli d'espoir, me vient l'architecture des villes, les maisons en bois, les marchés colorés, se gorgeant peu à peu d'épices suite aux grandes expéditions, les piaillements des marchants et des clients, la chaleur des fours de la faïencerie, la lumière vive causée par les flemmes, les gestes précis des peintres qui créent de nouveaux motifs qui feront la renommée de la ville de Delft, mais aussi la peur causée par l'épidémie de peste, la suspicion, les commérages, la moindre odeur qui devient douteuse. Bien que très peu douée pour l'Histoire, c'est ce que j'apprécie dans les romans historiques, ces impressions qui nous submergent, et ce passé que la plume d'un écrivain parvient à faire revivre. Là est pour moi la grande force de ce roman.

L'histoire de Catrijn est également passionnante à lire. En un peu plus de 300 pages, l'auteur parvient à nous faire le récit de la vie de cette femme qui à dû s'imposer dans un milieu essentiellement réservé aux hommes. Catrijn en vit des choses, d'abord avec les hommes qui ne cessent de la tourmenter, pour le meilleur comme pour le pire puis elle se débat avec des événements contre lesquels elle ne peut lutter. Une fois le bonheur retrouvé, il semble à chaque fois lui filer entre les doigts, comme si le destin ne pouvait jamais la laisser en paix. Autant dire que le roman est rythmé, les rebondissements s'enchaînent les uns après les autres, à peine se réjouit-on d'une bonne nouvelle pour elle que son quotidien est de nouveau contrarié. Ce qui est un point fort peut aussi devenir à certains moments un point faible dans la mesure où Simone van der VLUGT en fait parfois un peu trop. On sent bien que le parcours de Catrijn est vraiment romancé. Je pense qu'à l'époque il n'était pas si évident pour une femme de se faire aussi rapidement une place dans le milieu de la peinture. L'exode de la ville vers la campagne devait également était plus compliqué que ça, à cause du coût mais aussi du manque de praticité des transports. Catrijn, bien que harcelée par son ancien valet de ferme, apparaît comme une jeune femme avec beaucoup de charme et obtient toujours très rapidement les faveurs de chaque personne qu'elle croise, et en particulier d'hommes volages qui sont prêts à tout quitter pour rester à ses côtés. C'est un peu exagéré, mais bon, c'est appréciable de lire de temps en temps le parcours d'héroïnes qui font rêver, sans pour autant que ça tombe dans un côté niais.

En somme, un roman historique qui fait le job pour ceux dont l'Histoire n'est pas la passion première. J'imagine que pour les experts en la matière, ce roman doit être trop romancé pour être véritablement apprécié. Pour ma part, j'ai aimé suivre les aventures de Catrijn, séduite par le contexte et par les informations historiques que j'ai glanées au fil de ma lecture. Je le recommande à tous les amateurs du genre.
Dernières infos.

Bleu de Delft a été publié en 2018 et compte 329 pages.

Ma note.
Challenges. 

 100 livres à lire en 2021 : 43/100
* Défi lecture 2021 : Consigne 59 - Un livre avec un virus/une épidémie/un confinement - 43/100
En 2021... Je voyage : Pays-Bas (+ 20 points)

dimanche 5 décembre 2021

Swing Time - Zadie Smith

En résumé.
 
Au début des années 80, dans un quartier populaire de Londres, deux petites filles se rencontrent lors d'un cours de danse. L'une s'appelle Tracey, vive comme l'éclair, le rythme dans la peau, douée pour les pirouettes et les entrechats, née d'une mère peu éduquée et d'un père qui est désormais en prison. L'autre est la narratrice, petite fille modèle, encouragée par les ambitions de sa mère jamaïcaine qui remue ciel et terre pour faire partie de l'élite culturelle et d'un père blanc plutôt mou, sans personnalité mais très présent pour sa fille. Les deux jeunes filles vont grandir ensemble, la narratrice étant attirée par l'intrépide Tracey. Pourtant, une fois devenues adolescentes, leurs chemins s'éloignent, l'exubérance de Tracey finit par faire fuir son amie. Alors que l'une rejoint une école de danse, l'autre se lance dans des études de communication. De fil en aiguille, la narratrice devient l'une des assistances d'une célèbre pop star, Aimee. Pendant plusieurs années, elle s'engagera corps et âme pour satisfaire les moindres caprices de cette chanteuse capricieuse, y compris celui de financer la construction d'une école en Afrique, projet philanthropique, tirant vers le marketing plutôt que vers l'humanitaire. En marge de cette vie passée aux quatre coins du monde, la narratrice finira par recroiser de temps en temps la route de Tracey, dont le destin n'est pas aussi glorieux qu'annoncé.

Mon avis.

Je vous présente aujourd'hui un roman dont je n'avais jamais entendu parler, sélectionné par mon amoureux alors que je lui avais demandé de me choisir un roman d'un auteur britannique dans les rayons de sa médiathèque. Expérience à refaire puisque ça m'a permise de découvrir un nouvel univers, même si le roman ne fut pas à la hauteur du résumé qui était pourtant prometteur.

J'ai pu voir qu'un certain nombre de blogueurs, blogueuses avaient comparé ce roman à L'amie prodigieuse d'Elena FERRANTE. Le début peut en effet peut nous faire penser à cette autre histoire d'amitié célèbre dans l'univers de la littérature. Tracey et la narratrice sont tout aussi différentes que Lila et Lenu le sont l'une vis-à-vis de l'autre. L'exubérance et la témérité de l'une tranche avec la réserve et l'observation de l'autre. Cependant, passées les descriptions initiales, la ressemblance entre les deux romans s'amenuise. Si L'amie prodigieuse continue d'explorer la relation entre les deux jeunes filles une fois l'enfance passée, Swing Time suit davantage le destin de la narratrice, laissant peu à peu de côté Tracey, tout en y revenant ponctuellement au fil des pages. Beaucoup de lecteurs ont également mis en avant les problématiques soulevées par ce roman : le milieu socioéconomique des deux amies, leur métissage, la place qu'elle doivent se tailler en tant que femme, les travers de l'engagement humanitaire, les inégalités à tout niveau et la quête du bonheur. Pour ma part, j'ai moins été sensible à toutes ces thématiques. Je ne les trouve d'ailleurs pas significatives à la lecture du roman, elles ne sont, à mon humble avis, évoquées que de façon superficielle. Je pense davantage que ce roman exclusivement féminin n'est en réalité que le portrait de plusieurs femmes issues d'univers complètement différents, explorant le pouvoir de la volonté et comment celle-ci peut façonner un destin. Il y a évidemment Tracey, jeune fille si volontaire qu'elle en vient à s'inventer une vie tout en tenant les autres responsables de sa propre déchéance, Aimee, star aveuglée par le consumérisme et la bienpensance, la mère de la narratrice, perpétuellement animée de combats qui la dépassent, Hawa, jeune femme africaine au destin déjà tout tracé et pour finir la narratrice, jeune femme qui a finalement peu de personnalité, observant le destin de toutes ces autres femmes sans pour autant s'en inspirer. La preuve est qu'il n'est à aucun moment donné son prénom, comme si elle était une observatrice désincarnée.

Si j'ai beaucoup apprécié les 150 premières pages au cours desquelles on voit naître l'amitié entre Tracey et la narratrice, j'ai beaucoup moins été emballée par la suite. A partir du moment où Aimee entre en scène, j'ai un peu sombré dans l'ennui. D'ailleurs, il nous est promis un roman d'amitié entre Tracey et la narratrice, mais au final il est davantage question d'Aimee qui occupe la plupart du roman. La danse est un autre thème qui est présenté comme un fil rouge dans le titre ou la quatrième de couverture, alors que c'est un sujet qui est finalement peu exploité. Même si je me suis motivée pour finir le livre, j'ai complètement décroché lors des chapitres sur le projet humanitaire en Afrique. J'ai trouvé ça long, truffé de digressions inutiles, les personnages masculins introduits sont étranges, à tel point que je me suis senti mal à l'aise et c'est l'impression qui prédomine lorsque je repense à ma lecture. Le dénouement est à la fois surprenant et évident, comme s'il ne pouvait en être autrement. Il vient un peu rattraper la déception que j'ai eu à la lecture des trois quarts du livre, même si ça ne suffit pas pour me détourner de la sensation d'ennui qui me vient aussi à l'esprit à l'évocation de ce roman. La construction du récit qui se veut une alternance entre divers passages de la vie de la narratrice ne parvient pas à rythmer l'ensemble. Il parvient au mieux à créer un peu de suspense, notamment parce que l'on est curieux de voir pourquoi les relations entre la narratrice et Tracey, puis Aimee vont finir par se déliter.

Même si roman est intéressant à plusieurs égards, je ne le conseillerais pas nécessairement. Il y a suffisamment de lectures excellentes sur les étals des librairies ou des médiathèques pour perdre son temps avec des lectures un peu en-deça de ce que l'on attend d'un bon roman. 
Dernières infos.

Swing Time a été publié en 2016 et compte 480 pages.

Ma note.
Challenges.
 
 100 livres à lire en 2021 : 42/100
* Défi lecture 2021 : Consigne 52 - Un livre comprenant une scène d'anniversaire - 42/100
En 2021... Je voyage : Angleterre (+ 10 points)

jeudi 28 octobre 2021

Moi, Malala - Malala YOUSAFZAI

En résumé.
 
Née dans la touristique vallée du Swat, au nord du Pakistan, Malala YOUSAFZAI est une jeune fille heureuse, amoureusement entourée de ses parents et de ses deux frères. Elle aime se rendre sur les bancs de l'école dirigée par son père, et est souvent classée parmi les meilleurs élèves. Son quotidien bascule lorsque les Talibans, des fanatiques religieux qui prônent une application stricte de la Charia, envahissent progressivement les régions limitrophes de l'Afghanistan, puis le district du Swat. Petit à petit, les femmes sont privés de leurs droits, dont le plus important aux yeux de Malala, celui de recevoir une éducation. Bien que musulmane accomplie, la jeune fille, ayant récupéré de son père la fougue militante, s'érige contre ce nouveau système et contre l'aveuglement extrémiste des Talibans. Son engagement attire les média nationaux puis internationaux et elle devient rapidement un symbole du combat pour l'accès à l'éducation partout dans le monde. En 2012, alors qu'elle n'est âgée que de 15 ans et qu'elle rentre de l'école en bus, un Taliban lui tire dessus. De part sa notoriété, elle accèdera à des soins de qualité, au Pakistan d'abord puis en Angleterre. Cependant, elle ne pourra plus remettre les pieds dans son pays natal auquel elle est pourtant si attachée.

Mon avis.

Cela fait un moment que je connais le visage de Malala, jeune fille rendue célèbre par l'obtention du Prix Nobel en 2014. Souvent attirée par la lecture de son autobiographie, j'ai finalement sauté le pas en ce mois d'Octobre, alors que j'avais envie d'un livre qui change un peu de l'ordinaire et qui soit plus du côté de la réalité que de la fiction. Un téléchargement plus tard, Moi, Malala avait rejoint ma Kindle, n’embarquant dans un voyage périlleux au cœur de la majestueuse vallée du Swat.

Comme toujours, il est difficile de chroniquer une autobiographie. Je ne donnerai évidemment pas mon avis sur le contenu qui appartient strictement à l'auteur, mais je me concentrerai davantage sur la forme. La première partie est essentiellement consacré à l'histoire de Malala, à ses origines, autant familiales que territoriales. Elle revient, assez largement, sur l'histoire géopolitique du Pakistan, cette région du monde ayant d'abord été bouddhiste avant d'être musulmane, gérée par des seigneurs locaux puis intégrée à l'Inde avant d'être déclarée indépendante en 1947. Elle revient également sur les principaux chefs politiques qui ont gouverné ce territoire oscillant entre coups d'état, dictature et démocratie. Le Swat, c'est aussi l'histoire de ses ancêtres, de ses arrière-grands-parents à ses parents, l'évolution d'un territoire touristique, aux paysages dignes des jardins d'Eden qui se sont progressivement transformés en terrain de guerre. Cette première partie est certes un peu rébarbative mais indispensable pour comprendre ce qu'est le Pakistan. J'ai dû m'y prendre à deux fois pour véritablement m'imprégner de ce passé aussi riche que tumultueux, ayant envie de mémoriser chaque détail pour devenir incollable sur ce pays tristement connu pour les faits de guerre mais méconnu quand il s'agit d'évoquer ses joyeux naturels. La deuxième partie est plus accessible car on rentre dans le vif du sujet, la vie de Malala à Mingora, ville en plein essor, un essor rapidement contrarié par l'arrivée des Talibans. On suit son quotidien rythmé par les journées d'école et les examens à préparer. Son père est une figure importante pour elle puisque c'est lui qui lui a transmis le goût d'étudier et la volonté de s'ériger contre toute forme d’extrémisme qui viendrait saper les libertés les plus élémentaires.

Ce qui m'a le plus frappé est le parallèle entre l'évolution de la vie de Malala, qui s'obscurcit au fur et à mesure que les Talibans gagnent du terrain, et l'évolution du paysage, qui se meurt petit à petit. Ce coin du monde, autrefois ouvert sur l'ailleurs, se renferme progressivement sur lui-même et n'est plus qu'animé par une volonté de vengeance, attisée par les Talibans. On voit à quel point l’extrémisme peut s'insinuer, sans crier gare, et bouleverser la vie de millions de personnes. Ce livre m'a donné une autre vision du Pakistan. Principalement connu pour être un théâtre de guerre, je me suis naïvement rendue compte que ce pays n'était pas que ça et qu'il avait eu un autre passé, bien plus glorieux. L'écriture de Malala est empreinte d'une douceur émouvante, on sent la nostalgie poindre au bout de sa plume. Il y a certes les titres honorifiques, le combat pour l'éducation, mais il y a aussi la jeune fille qui a vécu un drame, comme tant d'autres écoliers ailleurs dans le monde malheureusement, la jeune fille qui a été obligée de se séparer de ses affaires de classe et de sa maison, la jeune fille qui a été contrainte de quitter brutalement ses amies et les concours d'école. Cela donne un visage à cette partie reculée du monde, dont on entend peu parler, si ce n'est pour énumérer les attentats, ou l'implication de telle ou telle force occidentale dans la chasse aux Talibans. Malgré la cruauté de ce qu'elle raconte, Malala offre une vision positive et combative du peuple pakistanais.

Voilà un parcours de vie inspirant et enrichissant qui a le mérite de toujours nous faire garder à l'esprit combien nous sommes chanceux dans nos pays occidentaux de ne plus avoir à se battre pour bénéficier d'une éducation. C'est aussi garder à l'esprit la détresse vécue par d'autres, parfois contraints de fuir leur pays pour des raisons vitales alors qu'ils auraient aimer y rester. Je vous encourage de partir à la découverte de cette personnalité brillante, emblème du combat pour le droit à l'éducation.
Dernières infos.

Moi, Malala a été publié en 2013 et compte 390 pages. Pour avoir un aperçu rapide de la vie de Malala, rendez vous ici, rapide épisode d'1 jour 1 question. Enfantin mais toujours très efficace. Je vous renvoie également vers cet épisode du Dessous des cartes qui revient sur l'histoire du Pakistan. Il ne traite pas de tout mais il peut être une bonne entrée en matière.

Ma note.
 
Challenges.
* Défi lecture 2021 : Consigne 15 - Un livre numérique ou audio - 40/100
En 2021... Je voyage : Pakistan (+ 20 points)