jeudi 9 août 2018

Throwback Thursday - Asie

Bonjour à tous !

Le Throwback Thursday est un rendez-vous repris par Betty Rose Books sur son blog. Les consignes sont très simples: chaque Jeudi, nous devons proposer un livre en accord avec le thème que Betty Rose Books nous aura concocté. Le but est de revenir sur des lectures passées d'enrichir notre Wish List en découvrant le choix des autres Bloggeuses!

Je tiens à préciser que toutes les images liées au Throwback Thursday proviennent du blog de Betty Rose Books.
Cette semaine, le thème est Asie.

Pour l'occasion, voici le livre que j'ai choisi :

Baguettes chinoises
Xinran
Pour cette semaine consacrée à une lecture provenant du continent asiatique, je me sens un peu plus inspirée. C'est une culture qui ne m'attire pas vraiment, mais j'aime bien de temps en temps me plonger dans leurs livres car on y trouve des ambiances et des façons d'écrire très différentes des nôtres. Si je ne l'avais pas déjà choisi pour un autre Throwback Thursday, je vous aurais présenté La route sombre de Ma Jian (auteur chinois), livre magistral sur les atrocités commises dans le cadre de la politique de l'enfant unique. J'aurais également pu vous parler des Délices de Tokyo écrit par Durian Sukegawa (auteur japonais) que j'ai vraiment beaucoup apprécié mais je le vois fleurir un peu partout sur la blogosphère, alors je me suis finalement tournée vers ce livre qui traite également de la politique de l'enfant unique en Chine mais de façon très différente que La route sombre.

En résumé : Trois, Cinq et Six tirent leurs prénoms de leur position dans la fratrie, uniquement composée de filles. C'est bien là le drame de leurs parents, n'avoir mis au monde que des filles, ce qui est très mal vu du gouvernement. Ils ont tout de même pu échapper aux sanctions du planning familial grâce à des connaissances bien placées. Ces trois sœurs, issues de la Chine rurale, sont donc des baguettes, terme employé dans les années 90 pour faire référence à ces filles qui sont trop minces pour le travail agricole. Afin de fuir un mariage arrangé, Trois décide un jour de quitter sa campagne natale pour partir à Nankin, une ville en pleine essor. Elle ouvre ainsi la voie pour ses deux autres sœurs qui ne tarderont pas à la rejoindre.

Mon avis : Avant de rejoindre l'Angleterre, Xinran a animé dans son pays de nombreuses émissions de radio sur la position des femmes sous le régime chinois. Pour cela, elle a sillonné le territoire à la recherche de témoignages qui lui donneront du grain à moudre. Elle s'est aussi inspirée de ces rencontres pour écrire l'histoire de Trois, Cinq et Six. Pour cette raison-là, je m'attendais à un livre assez critique, qui dénonce les effets traumatisants de la politique de l'enfant unique sur les femmes chinoises. Autant vous dire qu'il n'en est rien. L'écriture n'est en rien incisive, le tout manquant de relief. On se croirait dans un conte pour enfants où les écureuils sont en tutu, les lapins se cachent dans les nuages et les lamas crachent des cœurs en guimauve. En revanche, j'ai bien aimé les éléments de culture chinoise (fêtes typiques, nourriture, modes de vie) que l'auteur distille ça et là. Elle fait aussi part de ses réflexions sur la position de la Chine dans le monde contemporain. Intéressant d'avoir son point de vue !

dimanche 5 août 2018

Le fil des souvenirs - Victoria Hislop

En résumé.

1917. Un incendie ravage Thessalonique, ville du Nord de la Grèce. L'atelier textile de Kostantinos Komninos, jusqu'alors en plein essor, est dévasté. Ironie du sort, c'est aussi ce jour-là que son seul fils, Dimitris, voit le jour, lui dont le destin est tout tracé, lui qui doit reprendre et faire prospérer l'empire paternel. En attendant les reconstructions, la famille se réfugie rue Irini, dans les quartiers populaires de la ville. 

Quelques années plus tard, la Turquie décide de se rebeller contre la Grèce qui l'a envahie au fil des ans. Pour éviter le pire, un échange de population est proposé en guise d'accord. Les musulmans qui peuplaient Thessalonique et ses alentours devront rejoindre la Turquie alors que les Grecs qui ont fait leur vie là-bas devront revenir sur leurs terres natales. C'est ainsi que Katerina, originaire de Smyrne (aujourd'hui Izmir en Turquie), débarque rue Irini, avec sa mère d'adoption, ayant perdu sa mère biologique lors de l'embarquement à bord des bateaux de réfugiés. Pour lutter contre le chagrin de ne plus voir sa mère, la petite fille développe rapidement une passion pour la couture, à tel point qu'elle deviendra une des couturières les plus douées de la ville.

Les destins de ces deux jeunes gens vont se mêler, se démêler pour finir par se mêler définitivement, avec en toile de fond les guerres successives, la montée de l'antisémitisme, l'accroissement des inégalités ou encore le chômage.

Mon avis.

Comme pour beaucoup d'autres lecteurs, j'ai découvert la plume de Victoria Hislop l'été dernier, avec L'Île des oubliés, dans lequel elle retrace l'histoire de l'île de Spinalonga, au large de la Crète, qui accueillit pendant de nombreuses années des gens atteints de la lèpre. Ayant apprécié ma lecture, j'ai décidé de récidiver avec Le fil des souvenirs, dans lequel l'auteur explore de nouveau l'histoire grecque. La structure reste la même, dans la mesure où le récit s'ouvre sur Dimitris et Katerina âgés, qui décident de raconter leur histoire à leur petit-fils. J'ai trouvé cela dommage, d'une part parce que ça n'apporte rien à l'histoire, d'autre part parce que ça enlève une part de suspense : on sait d'ores-et-déjà qu'ils vont finir ensemble et auront des enfants. L'auteur aurait pu directement entrer dans le vif du sujet, qui est déjà très dense en lui-même.

En effet, le résumé que j'ai fait du livre est long, chargé d'informations, et pourtant je ne vous ai pas tout dit. Il faut dire que ce livre est extrêmement riche. Dès les premières pages, on monte à bord d'une machine à remonter le temps afin de traverser le XXème siècle à pas de géants, à coups de secousses et de ralentissements. Cette fresque familiale (on part de l'arrière petit-fils pour remonter jusqu'à l'arrière grand-père) permet à l'auteur d'évoquer l'histoire de Thessalonique, la véritable héroïne du livre, qui a su résister à plusieurs incendies, aux deux guerres mondiales, aux conflits avec la Turquie, aux migrations de populations, aux idées fascistes, au débarquement des allemands et j'en passe. Grâce à l'évolution des personnages, on passe de tableau en tableau, nous donnant parfois l'impression d'avoir plusieurs livres en un, tellement on est à chaque fois projeté dans une ambiance différente. Comme pour L'Île des oubliés, j'ai trouvé ce projet très intéressant, l'histoire de ce pays étant rarement mise en scène dans des livres à destination du grand public. D'ailleurs, j'aurais aimé que les détails historiques soient encore plus nombreux, j'ai parfois eu l'impression de ne pas saisir les enjeux portés par des camps adverses. Néanmoins, j'ai eu le sentiment d'apprendre plein de choses, tout en me faisant plaisir.

Car évidemment, même si l'intrigue prend ses racines dans l'Histoire, ce n'est pas un livre historique et nos personnages sont là pour nous le rappeler. On ne peut pas non plus dire que ce livre est une romance car cela n'occupe qu'une infime partie de l'histoire. Avant cela, les personnages ont dû traverser une quantité d'événements douloureux, qui nous permettent de bien comprendre les répercussions de décisions prises à une échelle qui les dépasse. Il semble que Victoria Hislop avait à cœur de mentionner la tolérance et la fraternité qui existait dans la ville entre juifs, musulmans et chrétiens avant que les événements ne viennent bouleverser l'organisation si méticuleuse de ces familles qui s'entraidaient avec beaucoup de plaisir. Dimitris incarne aussi d'autres valeurs, comme le courage et l'audace d'aller à l'encontre des opinions de son père, de se battre au nom de sa patrie et pour sa patrie. Ainsi, les personnages apportent un supplément d'âme à l'histoire et lui donne du relief, de même que le décor qui tient surtout à l'industrie textile. Avec Katerina, couturière hors pair, nous avons affaire au champ lexical du textile : les matières, les points, les robes qu'elle confectionne pour la mère de Dimitris, tout cela nous donne une impression de douceur et colore cette histoire très sombre par moments. Le passé de Thessalonique est ainsi vivifié, mis en rythme, et devient plus personnel grâce à tous ces personnages qui vont se croiser, et donner de l'émotion aux faits historiques que l'on trouve dans les manuels d'Histoire.

Je n'ai pas trouvé ce livre plus ou moins bon que L'Île des oubliés. Il explore tout simplement un autre pan de l'Histoire et je ne saurai que vous le conseiller pour vos prochaines lectures estivales. Voyage dans le temps et dans l'espace garanti !

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ Une fresque familiale bien fouillée et documentée qui nous permet d'apprendre plein de choses sur l'histoire de Tessalonique durant le XXème siècle.
+ Grâce aux personnages, l'histoire est rythmée et on passe de tableau en tableau à vive allure.
+ Le décor (Thessalonique et l'industrie textile) colore les passages sombres.

- L'introduction qui n'apporte rien à l'histoire et casse le suspense.

Dernières infos.

Le fil des souvenirs a été publié en 2013 et compte 545 pages. Si vous avez aimé Le fil des souvenirs, Victoria Hislop est également l'auteur de L'Île des oubliés, Une dernière danse ou encore Cartes postales de Grèce.

Ma note.

jeudi 2 août 2018

Throwback Thursday - Amérique du Sud

Bonjour à tous !

Le Throwback Thursday est un rendez-vous repris par Betty Rose Books sur son blog. Les consignes sont très simples: chaque Jeudi, nous devons proposer un livre en accord avec le thème que Betty Rose Books nous aura concocté. Le but est d'enrichir notre Wish List en découvrant le choix des autres Bloggeuses!

Je tiens à préciser que toutes les images liées au Throwback Thursday proviennent du blog de Betty Rose Books.
Cette semaine, le thème est Amérique du Sud.

Pour l'occasion, voici le livre que j'ai choisi :

Tristes Tropiques
Claude Lévi-Strauss
Je n'ai malheureusement pas beaucoup de lectures provenant d'Amérique du Sud à mon actif, ce qui est bien dommage car c'est un continent que je rêve de découvrir, bien plus que l'Asie ou l'Afrique par exemple. Tout particulièrement, j'aimerais poser mes valises au Brésil, un pays qui m'attire depuis la lecture de Tristes Tropiques. On ne croise pas souvent ce livre sur la blogosphère, peut-être parce qu'on pense que Claude Lévi-Strauss n'est pas accessible, ce qui est vrai pour la majorité de son oeuvre. Néanmoins, ce livre, qui peut être vu comme une introduction à sa pensée, est très agréable à lire et nous ouvre les portes sur les Indiens peuplant les forêts centrales du Brésil.

En résumé : Claude Lévi-Strauss est ethnologue et un des pères du courant structuraliste. Il a étudié plusieurs peuples indigènes mais s'est particulièrement intéressé aux tribus originaires du Brésil. Dans ce livre, il nous raconte ses voyages jusqu'à ce pays qui a peu à peu été ravagé par la main des colons, il dénonce l'impact de tous ceux qui ont souhaité "occidentaliser" ces peuples et il nous raconte leurs us et coutumes, leur rapport à la famille ou encore à la mort. Il s'agit donc d'un récit aux multiples facettes, humain au possible, un peu intimiste dans la mesure où le chercheur nous livre ses pensées sur le ton de la confession. Ce n'est donc pas un traité d'anthropologie uniquement accessible aux initiés !

Mon avis : Vous l'aurez très certainement compris au ton des précédents paragraphes, je suis tombée sous le charme de ce livre. J'ai toujours été attirée par les peuples indigènes, par l'ailleurs et l'étranger. J'ai toujours aimé découvrir des alternatives à notre mode de vie occidental. Claude Lévi-Strauss a comblé ma soif de savoir, à tel point que j'ai choisi de faire de ce livre le sujet de mon mémoire de troisième année pendant mes études. J'ai particulièrement aimé sa vision du tourisme, des voyages et de l'impact que l'Homme peut avoir sur ses semblables et sur l'environnement, problématique qui m'est chère. Je vous invite donc à vous plonger dans cette petite pépite ! De mon côté, je prévois de le relire très bientôt !

samedi 28 juillet 2018

Saga Joséphine Cortès - Katherine Pancol

Pour plus de facilité et surtout parce que mes avis risquaient de devenir redondants, je consigne sur cette page les chroniques des trois tomes constituant la saga Joséphine Cortès, à savoir Les yeux jaunes des crocodiles, La valse lente des tortues et Les écureuils de Central Park sont tristes le Lundi. Ces trois livres ont été publiés entre 2006 et 2010 et sont plutôt des gros pavés (800 pages en moyenne). Bonne lecture !

Tome 1 : Les yeux jaunes des crocodiles.

En résumé : Joséphine Cortès traverse une mauvaise passe. Elle se dispute avec sa mère, une sorte de cure-dents un peu coincée qui règne sur son royaume d'une main de maître, son mari la trompe puis la quitte pour partir avec sa nouvelle conquête à l'autre bout du monde pour élever des crocodiles, sa fille aînée la martyrise car elle la trouve trop empotée, sa sœur, la belle Iris à qui tout sourit lui fait de l'ombre, et elle se retrouve bientôt à court d'argent, son salaire d'enseignante spécialisée dans le Moyen-Age au CNRS ne suffisant plus pour payer les traites de son appartement à Courbevoie. Heureusement, elle peut compter sur les étoiles, elle leur parle, leur susurre des mots doux et ces dernières l'écoutent avec attention et lui envoient des petits signes qui changent peu à peu le cours de sa vie.

Mon avis : C'est la deuxième fois que je me lance dans la lecture de ce (très) gros livre. J'avais d'une part envie d'en faire la chronique sur ce blog mais je souhaitais aussi me replonger dans l'histoire de Joséphine. C'est le genre d'intrigue idéale pour la période estivale. On est sur un roman feel-good mais qui ne tombe pas non plus dans le trop facile ou dans la niaiserie. J'ai été séduite par l'écriture de l'auteur que j'ai trouvée extrêmement fluide, on tourne les pages sans s'en rendre compte. Cependant, le style est un peu particulier. Cela ne m'a pas dérangée, sauf au moment des dialogues qui manquent un peu de réalisme, je n'ai jamais rencontré personne qui s'exprimait avec les tournures de phrases employées par l'auteur. Cela va avec le côté caricatural des personnages, qui ne m'avait pas choquée lors de ma première lecture mais qui m'a un peu gênée cette fois-ci. Cela a donné naissance à un sentiment paradoxal durant ma lecture : si je me suis complètement immergée dans l'histoire, ne pouvant plus lâcher mon livre, j'ai été déçue par le manque de réalisme de certains personnages, alors même que c'est une histoire du réel, du quotidien. Si on oublie les extrêmes servis dans ce livre (Iris n'est pas riche, elle est TRÈS riche, Joséphine n'est pas enseignante, elle est enseignante-chercheuse au CNRS, Hortense, la fille, ne fait pas juste une crise d'adolescence, elle est absolument odieuse avec sa mère), chaque lecteur pourrait s'identifier très facilement aux personnages, étant donné la diversité de ceux-ci. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'on se sent happé par l'intrigue. Quoiqu'il en soit, la lecture est quand même agréable, sans prise de tête et j'ai déjà hâte de me plonger dans le prochain tome.

Ma note : 3/5

mercredi 18 juillet 2018

Le château de ma mère - Marcel Pagnol

En résumé.

Les vacances dans les collines provençales se poursuivent pour Marcel et sa famille. Le petit garçon, lors d'une partie de chasse, fait la connaissance de celui qui va devenir son ami de toujours, Lili des Bellons, un nom rempli de soleil et de cigales. Les deux copains vont passer un été splendide, entre pose de pièges dans la garrigue et confessions pudiques. Mais pour Marcel, la rentrée des classes approche. C'est l'année du certificat d'étude, un passage obligatoire pour ce fils d'instituteur. En parallèle, le manque de la maison de vacances se fait sentir pendant les longs mois d'hiver où la famille n'a d'autre choix que de rester en ville. C'était sans compter la douce Augustine, la maman de Marcel, et Bouzigues, un ancien élève de Joseph, qui vont monter tout un stratagème pour rendre le trajet vers le lieu des tous les plaisirs moins contraignant et donc plus accessible - un trajet qui ne sera pas sans risque.

Mon avis.

Après avoir lu La gloire de mon père l'été dernier, je récidive cet été avec ce second tome de la saga Souvenirs d'enfance écrite par Marcel Pagnol. Je confirme mes impressions, ce sont des lectures idéales pour la période estivale, de quoi nous faire voyager jusqu'en Provence, les fesses bien accrochées à notre transat.

Après l'hommage rendu à son père dans le premier tome, le valeureux Joseph qui vient à bout des bartavelles, Marcel Pagnol vient dans ce second livre titiller notre cœur de guimauve en évoquant sa belle amitié avec le tout jeune Lili et l'audace de la jolie Augustine. Parce que ce livre est avant tout un hommage à sa mère, l'écriture y est sensible bien que nuancée d'orgueil. Il faut bien dire que notre petit Marcel, que l'on a connu tout émoustillé à l'idée d'accompagner ses aînés à la chasse grandit. C'est désormais à lui de faire ses preuves et de montrer qu'il n'est plus un jeune enfant. On le voit mûrir, se forger un caractère, oser se rebeller contre ses parents si doux et faire le fier devant le fameux Lili afin de lui prouver qu'il n'est pas qu'un gars de la ville à la tête bien faite. Ces démonstrations d'une force toute fragile sont touchantes car après les envolées lyriques, le soufflet ne tarde jamais à retomber et on côtoie de nouveau le petit garçon à l’innocence toute frêle. C'est pour se réalisme, cette simplicité dans la plume que j'aime les récits de Marcel Pagnol. Grâce à des mots à la fois très justes et très beaux, il sait décrire l'enfant qu'il a été, gorgé de naïveté et d'idéalisme, ce sentiment que l'on a quand on a à peine 10 ans et que l'on croit dur comme fer qu'on pourra révolutionner la face du monde. Son amitié avec Lili nous arracherait presque les larmes tellement elle est sincère et dépourvue d'artifices. On voit à quel point c'est dur pour eux de se montrer leurs sentiments tout en prenant garde à conserver la virilité des enfants qui deviennent des jeunes hommes.

Peut-être parce que c'est trop bien raconté, les pages se tournent à vitesse grand V et on arrive déjà à la fin alors qu'on pensait n'être qu'au début. Je me suis sentie un peu frustrée, j'aurais souhaité un peu plus de matière, plus de détails qui auraient fait tourné mon moulin à imagination. D'ailleurs, la seconde partie qui explique le titre et la couverture du livre arrive bien tardivement, à tel point que je me suis demandée à plusieurs reprises si le livre était bien conforme à l'adaptation cinématographique. Finalement, on y a droit, à ce trajet raccourci qui fait prendre des risques à notre famille pourtant à cheval sur les conventions. Cette partie est vite expédiée, ce qui est plutôt dommage vu qu'elle constitue le cœur du livre. J'aurais aimé que l'auteur s'y attarde davantage, qu'il prenne le temps de développer les personnages placés sur la route de ces parents si craintifs qui osent pour une fois contourner les règles. C'était aussi une occasion de varier le récit, de donner au lecteur plus de détails sur l'environnement de la villa de vacances, les chemins qui mènent à elle, les voisins, les moyens de transport de l'époque, même si l'on a déjà un aperçu. Je suis donc restée un peu sur ma faim, refermant le livre en me disant que même si ma lecture reste très agréable, il m'a manqué de la substance, du grain à moudre.

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ La plume de Marcel Pagnol qui rend compte d'une époque remplie d'innocence et déjà révolue.
+ Ce livre est une ode à l'amitié enfantine.
+ L'hommage rendu à Augustine, la mère de Marcel.

- Bien trop court, j'aurais voulu plus à manger !
- Un déséquilibre au niveau des parties, la seconde étant un peu trop courte par rapport à son importance dans l'histoire. 

Dernières infos.

Le château de ma mère date de 1958 et compte 217 pages. Il fait suite à La gloire de mon père et est suivi du Temps des secrets et du Temps des amours. Il a été adapté au cinéma en 1990.

Ma note.

mardi 17 juillet 2018

Top Ten Tuesday n°2: 10 lectures de plage

Bonjour à tous !

(image provenant du Blog de Frogzine)                                      

C'est l'heure du Top Ten Tuesday !

Il s'agit d'un rendez-vous créé par The Broke and the Bookish et en ce moment repris par Frogzine dont voici le lien vers son blog: ici.

Le but de ce rendez-vous est très simple: répondre au thème donné chaque Mardi en citant 10 livres.

Cette semaine le thème est: 10 lectures de plage.

Voici 10 livres qui sont, à mon humble avis, idéaux pour la saison estivale, et donc pour la plage ! Je les ai sélectionnés soit parce que je les ai lus lors de précédents étés alors que je me grillais l'arrête prêt de l'océan, soit parce qu'ils sont sur ma PAL pour cet été, soit parce qu'ils se déroulent en été... J'espère que cette liste vous donnera quelques idées de lectures à emporter dans votre sac de plage !

(Vous pouvez accéder à mes chroniques en cliquant sur le titre du livre)

Michel BUSSI
Quoi de mieux qu'un bon policier sur le sable chaud ? Et en plus, celui-ci se passe sous le soleil de Corse... De quoi nous donner du frisson, du suspense, des paysages à couper le souffle. L'ami idéal pour un été réussi !

2. Le vestibule des causes perdues
Manon MOREAU
Un livre très sympa, rempli d'humanité qui croise plusieurs pèlerins sur le chemin de Compostelle. On voyage en restant sur son transat, sans ampoules ni sac de trois tonnes sur le dos, ce n'est pas formidable ?

3. L'été avant la guerre
Helen SIMONSON
Voici un livre que je n'ai pas encore eu l'occasion de lire. Il est dans ma PAL depuis l'été dernier et risque d'y rester jusqu'à l'été prochain, j'ai trop de lectures sur le feu pour le moment ! En tout cas, on y parle d'été et de Première Guerre Mondiale, pour les amateurs de bouquins historiques.

4. Agatha Raisin enquête : Vacances tous risques (tome 6)
M.C BEATON
Lui ne va pas tarder à se retrouver entre mes mains ! Notre héroïne part à la recherche de son ex-quasi-mari à Chypre, et bien sûr, il va y avoir du grabuge ! De quoi nous maintenir en haleine sous le parasol !

5. Le château de ma mère
Marcel PAGNOL
J'évoque ici Le château de ma mère car je viens de le finir, mais il y a aussi La gloire de mon père, Le temps des secrets ou encore Le temps des amours. Autant de lectures incontournables et remplies d'innocence qui nous conduisent tout droit en plein cœur de la Provence, sans l'étape TGV !

6. P.S : I love you
Cecelia AHERN
Entre deux trémoussages dans le nouveau maillot, on a bien besoin d'une lecture de filles, qui parle d'amour, de garçons, de glace, de copines et d'espoir. Ce n'est pas la lecture la plus joyeuse du genre mais c'est ce qui fait son originalité et on peut compter sur le plein de Vitamine D pour nous remonter le moral !

7. Les yeux jaunes des crocodiles
Katherine PANCOL
Je suis en train de relire ce livre (et sa suite) et je confirme, il est vraiment bien pour la saison estivale ! Les personnages sont parfois un peu caricaturaux, l'auteur n'hésite pas à opérer de longues digressions mais on se sent happés et on tourne les pages avec avidité.

8. Un été avec Victor Hugo
Guillaume GALLIENNE et Laura EL MAKKI
On redevient sérieux, et je vous offre de quoi frimer autour du barbecue ! Chaque été, France Inter propose une biographie d'un illustre bonhomme. Tout y passe : sa vie, son ouvre, ses tourments... On peut écouter la version audio sur le site de France Inter (ou télécharger les podcasts) ou on peut lire le bouquin tiré des émissions. Cet été, c'est Paul Valéry qui est à l'honneur. Les étés précédents, on a eu droit à Homère, Montaigne, Proust ou encore Baudelaire.

9. Le fil des souvenirs
Victoria HISLOP
Encore un qui fait partie de ma PAL de cet été. La couverture parle d'elle-même... L'été dernier, j'avais lu L'île des oubliés du même auteur. J'ai donc hâte de me plonger dans cette nouvelle lecture qui promet, elle aussi, un dépaysement spatial et temporel.

10. Les chroniques de San Francisco
Armistead MAUPIN
Le meilleur pour la fin ! Les chroniques de San Francisco ont rythmé l'été qui faisait la jonction entre la Première et la Terminale. Il faudrait que je relise cette saga qui m'avait complètement séduite à l'époque ! Vous n'aurez même plus envie de vous lever pour aller chercher une glace, tellement on est pris dans l'intrigue.

Un bel été à tous et lisez sans modération !

samedi 7 juillet 2018

P.S : I love you - Cecelia Ahern

En résumé.

Alors qu'ils filaient le parfait amour, qu'ils venaient de se dire oui et qu'ils envisageaient d'agrandir la famille, Gerry est foudroyé par une tumeur au cerveau, laissant Holly dans un chagrin immense. Elle qui n'osait plus quitter ce qui fut jadis leur nid d'amour, découvre un jour que Gerry lui a laissé dix lettres, à ouvrir en chaque début de mois. Ces surprises mensuelles vont certes l'aider à faire son deuil mais seront également difficiles à supporter car c'est accepter que Gerry renaisse le temps de quelques mots puis qu'il reparte dans les ténèbres. Le chemin vers la reconstruction est tortueux, semé de souvenirs à fois joyeux et douloureux, avec des creux où Holly a envie de tout abandonner et des hauts où elle reprend goût à la vie. Dans sa quête du bonheur, elle peut compter sur ses amis et sa famille qui lui prouveront que la vie n'est pas uniquement faite de moments malheureux.

Mon avis.

L'histoire de Holly et Gerry ne fut pas une découverte pour moi. Je me suis plongée dans ce livre après une semaine intense d'examens et j'avais besoin d'une lecture sûre, qui ne me promettrait pas de l'inédit mais qui m'offrirait un agréable moment, sans prise de tête. J'avais de bons souvenirs du film mettant en scène Hilary Swank - une comédie romantique qui remplit tous les critères : des larmes, des rires, du glamour et bien sûr de la tendresse, beaucoup de tendresse. Malheureusement, le livre n'est pas à la hauteur du film et il est assez différent en de nombreux points. J'aurais aimé faire l'inverse : découvrir le livre avant le film, mais fallait-il encore savoir qu'un livre existait...

Le thème central du livre est original et nous offre dès les premières pages du suspense : que peuvent bien contenir ces dix lettres ? Et est-ce qu'elles vont aider Holly à se remettre du départ de son mari ? C'est une façon d'aborder le deuil qui est intéressante et qui résonne en nous, comment réagirions-nous à la place de Holly ? On s'identifie très vite à elle et aux réactions qu'elle peut avoir, c'est un personnage qui nous procure immédiatement de la sympathie. Ce que j'ai bien aimé est que le chemin n'est pas tout tracé, c'est-à-dire que même au bout de quatre cent pages et un an plus tard, le bien-être n'est pas là. Malgré tout l'amour qui lui est apporté, elle ne parvient pas à aller mieux. En cela, le livre est très réaliste et pose de vrais questions sur le deuil, notamment ce que ressent la personne lorsqu'elle voit les gens de son entourage avoir des projets, avancer dans la vie, comment elle réagit face aux paroles bien-pensantes de l'entourage du style "la vie continue", quels mots employer pour décrire son malheur alors que les autres ne comprennent pas. Ces nombreux passages me font dire que ce livre n'appartient pas à la catégorie "feel-good book" ou "chick-lit" car ni le développement ni l'issue ne sont vraiment joyeux, même si certains épisodes peuvent nous faire sourire et on reste, dans le fond, dans une histoire d'amour.

Étant donné que ce livre n'appartient pas à ses catégories, j'aurais bien aimé qu'il soit encore plus fouillé et écrit avec plus de profondeur. Certains personnages, certaines situations sonnent creux. Même le personnage de Holly, s'il est attachant et émouvant, verse un peu dans la caricature : c'est une jeune fille qui a tout pour elle, une famille et des amis formidables, elle trouve du travail en un claquement de doigt, etc. La plume de l'auteur n'est malheureusement pas à la hauteur du thème qui aurait mérité encore plus de finesse et de subtilité dans l'écriture. Les moments où le chagrin de Holly est abordé sont redondants, ils reviennent comme une sorte de litanie insupportable et nous paraissent très longs. Je trouve que par rapport au film, le livre perd une certaine beauté et une certaine magie. Certaines scènes sont complètement omises dans le film et on comprend pourquoi. Il est donc arrivé au cours de ma lecture que je m'ennuie, trouvant quelques scènes inintéressantes ou quelques dialogues absolument insipides. Heureusement que l'ouverture du courrier en chaque début de mois donne un peu de rythme à l'intrigue. 

Pour conclure, je dirais que c'est une lecture en demie-teinte. Si le thème de l'histoire est intéressant et offre des pistes de réflexion, il aurait mérité un peu plus de rigueur, avec des personnages et des scènes plus travaillés. Néanmoins, je vous le conseille pour vos lectures estivales, aucune prise de tête garantie !

D'un coup d’œil, les plus, les moins. 

+ Thème original qui nous questionne sur le deuil.
+ Le rythme et le suspense apportés par les lettres écrites par Gerry.

- Des personnages et des scènes qui auraient mérité davantage de travail pour éviter de tomber dans la caricature ou la niaiserie. 
- Quelques redondances et longueurs.

 Dernières infos.

P.S : I love you a été publié en 2004 et compte 415 pages. Il a fait l'objet d'une adaptation au cinéma en 2007. 

Ma note.