samedi 19 mai 2018

Le rouge vif de la rhubarbe - Audur Ava Olafsdottir

En résumé.

C'est au coeur des paysages mystérieux de l'Islande que la jeune Agustina coule des jours heureux. Elle partage son temps entre méditation dans le champ de rhubarbe qui est à côté de chez elle, balade sur le sable noir de la plage et discussions prolongées avec la tendre Nina, sa mère de substitution puisque la vraie parcourt le monde depuis la naissance de sa fille, à la poursuite des oiseaux migrateurs. Agustina a un handicap, elle est née avec des jambes en coton mais cela ne l'empêche pas de partir en vadrouille dès que les conditions s'y prêtent. Cela ne l'empêchera pas non plus d'avoir pour projet la montée de cette montagne qu'elle admire depuis toujours, cachée derrière le rouge vif de la rhubarbe.

Mon avis.

Au tout départ, j'avais l'intention de lire Rosa Candida, le livre le plus connu de l'auteur et conseillé par une amie. Ne le trouvant pas à la bibliothèque, je me suis rabattue sur Le rouge vif de la rhubarbe dont le sentiment général, que je partage, est moins élogieux.

Si vous avez soif d'action, je peux d'ores-et-déjà vous conseiller de passer votre chemin ! Ce livre est plutôt à ranger du côté des lectures contemplatives où il ne se passe pas grand chose. Dans celui-ci, c'est Agustina qui porte à elle toute seule l'intrigue. On la suit dans différents moments de sa vie, tout en restant dans la période de l'adolescence. Ce sont des bouts de quotidien qui nous sont servis, sans véritable lien pour les rassembler, uniquement le fil rouge qu'est Agustina. Les chapitres sont très courts, on n'a pas le temps de plonger dans un nouveau souvenir qu'il faut déjà s'en aller pour en visiter un autre. Ainsi, on aperçoit beaucoup de choses par le judas de la porte mais on n'a pas le temps de rentrer dans la maison, de poser nos bagages et de prendre un thé avec les propriétaires.  Une fois la dernière page lue, je me suis demandée, comme beaucoup d'autres lecteurs, où voulait en venir l'auteur. J'ai eu l'impression d'avoir une enveloppe que j'ai tentée d'ouvrir mais dont le contenu est resté vide. Alors que je rédige cette chronique deux semaines après avoir terminé ma lecture, je me rends compte que j'ai oublié une bonne partie de l'histoire d'Agustina, incapable de me souvenir de ce qu'elle aime, de dresser son portrait ou de retracer son histoire.

Tout cela est bien dommage car l'auteur avait en main les clés du succès. Elle aurait pu davantage exploiter la mélancolie des paysages islandais que l'on côtoie rarement dans la littérature. On sent la complexité qui rôde, servie par ce contraste saisissant entre le rouge vif promis dans le titre et l'obscurité des paysages islandais mais on en reste là... Cette complexité aurait pu être présente dans le personnage Agustina dont elle aurait pu pousser l'analyse, forcé les traits, nous bousculant au passage mais je suis restée bien assise dans mon fauteuil. J'aurais notamment aimé en savoir davantage sur la relation qu'elle entretient avec cette mère absente, qui communique avec elle par lettres dans lesquelles elle clame le manque de sa fille, sans pour autant venir la voir. C'est d'ailleurs une bonne idée de la part de l'auteur que d'avoir glissé ses bouts d'intime dans le récit, cela rythme le tout et apporte une note fragile et sensible à l'ensemble de l'intrigue. Malheureusement, cela n'a pas suffi à me convaincre et à me faire aller au-delà de ma frustration : un livre qui aurait pu être tellement mieux si Audur Ava Olafsdottir avait pris le temps de poser ses valises, elle aussi, pour nous raconter la vie d'une adolescente aux jambes de coton sur une île où il n'est pas toujours facile de se construire.

Ce livre me pose un cas de conscience pour la notation. Si la lecture ne m'a pas marquée, j'ai néanmoins passé un agréable moment ces quelques soirs où je l'ai eue en mains. J'opte donc pour un trois fleurs mais je vous conseille ne pas vous arrêter si vous êtes en quête d'un roman inoubliable... 

D'un coup d'oeil, les plus, les moins.

+ L'atmosphère très particulière de l'Islande qui se dégage du roman.
+ Plein de bonnes idées (les échanges épistolaires à sens unique, le rêve d'Agustina, ...)

- ... mais qui restent inexploitées.
- On oublie très vite l'intrigue une fois le livre refermé.

Dernières infos.

Le rouge vif de la rhubarbe a été publié 2016 et compte 157 pages.

Ma note.

samedi 12 mai 2018

Les délices de Tokyo - Durian Sukegawa

En résumé.

Posté dans une échoppe en plein cœur de Tokyo, Sentarô vend des dorayakis, pâtisseries japonaises à base de pâte d'haricots rouges glissée entre deux pancakes. Le jeune homme n'est pas là par plaisir. Il vient à peine de sortir de prison et doit déjà éponger ses dettes. Ce manque de motivation se ressent dans ses pâtisseries et rares sont les clients à passer la porte de la boutique. Le voilà donc contraint de rechercher une aide en cuisine. Tokue, une vieille dame aux doigts déformés parvient à convaincre le patron de la prendre grâce à ses talents de pâtissière. Dans les jours qui suivent, les clients affluent, conquis par les saveurs proposées par la nouvelle recrue. Sentarô fait le service alors que Tokue reste en cuisine, cachant ses doigts qui pourraient faire fuir les gourmands. Mais des yeux experts ont tout de même remarqué l'anomalie et la vieille dame est contrainte de quitter le magasin. Sentarô, accablé par les événements tente, avec l'aide de Wakana, une de ses habituées, de se mettre sur la piste de leur collègue, cherchant à percer le mystère qui entoure la sage Tokue.

Mon avis.

J'ai bien l'impression que ce livre est à la mode en ce moment. Du moins, il l'a été il y a quelques mois. Ce sont les avis élogieux, la couverture aux couleurs printanières et l'envie de dépaysement qui m'ont poussée à emprunter ce livre à la bibliothèque. Je me félicite de cette décision car, comme beaucoup de lecteurs, je suis tombée sous le charme de cette histoire toute douce. 

Je dois même dire que c'est le meilleur roman japonais que j'aie lu jusqu'à présent (bon, en même temps, je n'en ai pas lu des masses). Ce roman est un petit bijou qui éveille tous nos sens. Il est à la fois gourmand, grâce à la confection des dorayaki, visuel de part sa couverture mais aussi de part les changements de saison qui rythment l'histoire et offrent des décors admirables et odorant avec ce cerisier planté juste devant l'entrée de la boutique. On se sent non seulement dépaysé, projeté dans une autre culture mais aussi impliqué de part nos cinq sens dans cette histoire. Le récit est plutôt lent, il ne se passe pas une foule de choses quand on y pense mais je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. J'ai même ressenti une forme d'impatience, ayant très envie de voir comment la relation entre Sentarô et Tokue allait évoluer.

Ce qui m'a également plu est la délicatesse de l'auteur. Il sème, au fil des pages, des petites parcelles du message qu'il souhaite faire passer à ses lecteurs. Je n'ai donc pas eu droit aux envolées lyriques, aux métaphores tirées par les cheveux et aux sous-entendus de sous-entendus que l'on retrouve parfois dans les romans japonais, ce qui fait que je ne les comprends jamais (encore une fois, je n'en ai pas lu des masses). Il utilise habilement les trois personnages représentant trois générations différentes pour parvenir à évoquer, de façon très pudique (n'oublions pas que nous sommes au Japon) la face un peu sombre du passé de ce pays. Tokue est l'élément central de l'histoire, c'est elle qui lui confère toute sa puissance. Tous trois sont des estropiés de la vie, tous trois traînent leurs jours passés comme des boulets qui les empêchent d'avancer mais Tokue est celle qui s'en sort le mieux, celle qui incarne la sagesse. Elle parvient à transmettre sa philosophie de vie grâce à la cuisine. C'est elle qui conseille à Sentarô d'écouter l'histoire que racontent les haricots rouges, il n'y a que comme ça que le pâte sera bonne. En fait, la pâte ne sera bonne que parce qu'on aura cru en eux, tout comme on peut croire en une personne. Cette confiance que l'on accorde dans le potentiel de l'autre va changer le regard qu'on porte sur lui. Cette leçon peut s'appliquer à n'importe lequel de nos protagonistes. Si le Japon avait eu un autre regard sur la maladie de Hansen - maladie dont a souffert Tokue - cette dernière aurait eu une vie radicalement différente. Si on avait cru dans les talents d'écrivain de Sentarô, il ne serait jamais allé en prison. Si la mère de Wakana croyait en sa fille, celle-ci ne se serait pas enfuit de chez elle. Ainsi, les trajectoires empruntées par les uns et les autres dépendent du regard que l'on porte sur eux. C'est un livre qui parle de la vie, celle de nos protagonistes mais aussi la générale, celle qui touche tout le monde, du destin et du chemin que chacun trace. C'est un livre qui est lui-même vivant, de part ce cerisier qui fleurit puis perd ses feuilles, de part le thème de l'alimentation qui est la toile de fond de l'intrigue et aussi parce que les personnages vivent, osent des choses, se plantent puis se relèvent.

Les beaux jours reviennent, c'est le bon moment pour ouvrir ce livre, que vous aimiez ou pas la culture nippone, que vous aimiez ou pas les haricots rouges, que vous aimiez ou pas les personnes âgées ! 

D'un coup d’œil, les plus, les moins. 

+ Un livre qui stimule tous nos sens !
+ Une ôde à la vie, de part les protagonistes, de part le message de l'auteur, de part toute cette nourriture qui nous met l'eau à la bouche.
+ Toute la tendresse et la douceur qui se dégagent de ces quelques pages.

- Le récit peut parfois être lent mais ça ne m'a pas vraiment dérangée.

Dernières infos.

Les délices de Tokyo a été publié en 2013 pour la version originale et compte 239 pages. Il a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 2016. Il m'a fait penser à un autre livre qui traite du même thème (la lèpre) : L'île des oubliés de Victoria Hislop. A bon entendeur....

Ma note.

vendredi 27 avril 2018

Le scaphandre et le papillon - Jean-Dominique Bauby

En résumé.

Jean-Dominique Bauby est un homme dynamique, directeur en chef pour le magasine Elle, marié, père de deux enfants lorsqu'il est frappé par un accident vasculaire qui le plonge dans le coma. A son réveil, seul son esprit et son œil gauche fonctionnent, le reste de son corps est entièrement paralysé, branché à de multiples appareils qui le maintiennent en vie. C'est ce que l'on appelle le locked-in-syndrome, ou syndrome d'enfermement. Le nom de cette maladie est éloquent, un scaphandre qui enserre l'esprit mais des pensées qui tourbillonnent à la vitesse d'un papillon prisonnier dans un bocal. Cet œil est son seul moyen de communiquer avec le monde. Par les battements de sa paupière, il répond oui, il répond non, il parvient à exprimer quelques mots puis quelques phrases pour ceux qui ont la patience de lui dicter l'alphabet jusqu'à ce qu'il cligne sur la bonne lettre. C'est par ce procédé qu'il rédige ce livre, quelques mois avant de s'éteindre.

Mon avis.

Voici un livre qui est resté un bon bout de temps dans ma Wish-List, jusqu'à ce que je mette la main dessus à la bibliothèque. J'aime vraiment lire des témoignages, surtout lorsqu'ils sont rares, comme celui-ci. Ils sont toujours porteurs d'enseignement et il est intéressant de pénétrer dans les pensées d'un autre pendant quelques pages. Cependant, l'autobiographie est un genre qui est toujours difficile à chroniquer car il est ardu d'évoquer le récit sans directement toucher à la vie de l'auteur.

Le Scaphandre et le Papillon est un livre très court, qui peut se lire en une ou deux heures. Cela s'explique par le travail fastidieux qu'a demandé son écriture et par voie de conséquence, la fatigue qui suivait la rédaction de chaque ligne. Les chapitres sont donc brefs et ne sont pas réellement en lien les uns avec les autres. Cela nous donne une impression de journal intime. L'auteur a dicté sa pensée comme elle lui venait, même s'il apprenait chaque mot, chaque phrase par cœur, en attendant l'arrivée de l'éditrice. Ainsi, on est tantôt immergé dans son quotidien de malade, bloqué dans son lit d'hôpital, tantôt renvoyé à sa vie d'avant, lorsqu'il était encore valide.

Malgré cette concision dans l'écriture, rien n'est laissé au hasard. Nombreux sont les thèmes abordés : l'amour, l'amitié, la relation à ses enfants lorsqu'on ne peut plus communiquer avec eux, l'intimité lorsqu'on ne peut plus manger ou faire ses besoins seul, etc. Autant de pistes de réflexion qui sont lancées au lecteur tout en simplicité, sans tomber dans le pathos larmoyant ni le voyeurisme. Le discours est puissant, on ne peut évidemment pas passer à côté de la question "et si ?", on ne peut pas ne pas se sentir chanceux d'avoir ses deux jambes et une langue qui fonctionne pour pouvoir conserver notre lien avec le monde, on ne peut qu'admirer ce désir de vivre, cette envie de continuer à rêver, imaginer et ressentir. Le titre très poétique témoigne d'ailleurs de cette vivacité d'esprit restée intacte.

La chronique est plutôt brève, pour une fois, mais l'essentiel est dit : un petit livre mais dont la longueur est déjà suffisante pour cerner toute l'énergie et le courage du Monsieur.

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ Un témoignage inédit.
+ Un récit puissant, émouvant mais qui ne cherche pas la pitié chez le lecteur.
+ La rigueur de l'écriture, quand on pense aux conditions dans lesquelles le livre a été rédigé.

Dernières infos.

Le Scaphandre et le papillon a été publié en 1997 et compte 138 pages. Une adaptation cinématographique a été réalisée en 2007. 

Ma note.

dimanche 22 avril 2018

L'Alchimiste - Paulo Coelho

En résumé.

Santiago est un jeune berger andalou, qui vit de grands espaces et d'eau fraîche, suivant au gré des saisons ses brebis qui sont sa seule compagnie. A plusieurs reprises, il fait un rêve étrange : il est attendu au pied des pyramides d'Egypte où il débusquera un trésor. Il fait part de cette intuition à une voyante puis au roi Salem, qui l'encouragent à tout quitter pour poursuivre cette quête. Ces personnages, mis sur sa route un peu par hasard ne sont que les tout premiers signes du destin que le jeune homme rencontre au cours de son voyage qui le conduira en Afrique, dans une oasis au cœur du désert jusqu'aux fameuses pyramides. Santiago, parce qu'il a suivi sa Légende personnelle, ce qui l'anime au plus profond de son âme, finira par rencontrer l'amour mais aussi l'Alchimiste qui va lui apprendre les rudiments d'une vie à l'écoute de son cœur.

Mon avis.

Je suis tombée sur ce livre un peu par hasard à la bibliothèque (serait-ce un signe ?). La quatrième de couverture ne me tentait pas vraiment, je n'étais pas d'humeur à lire de la philosophie déguisée. Et puis je me suis lancée car l'Alchimiste fait désormais partie des classiques, dont on croise très souvent la couverture sur le web ou dans les librairies. Je suis donc contente d'avoir fait cet effort de lecture - oui, on peut parler d'effort car Paulo Coelho n'a pas su me convaincre bien que le décor soit à couper le souffle.

Ce sont les premières impressions qu'il me reste après avoir refermé le livre : des couleurs chatoyantes de l'Espagne à l’Égypte, des scènes dorées, une sensation de chaleur qui caresse ma peau, un voyage sous les étoiles entre deux dunes au sable fin, une oasis luxuriante aux arbres regorgeant de fruits et aux toiles de tente immaculées, des pyramides qui me paraissent toucher la Lune... L'Alchimiste est une belle lecture, esthétique, dont les décors nous saisissent aisément, malgré le nombre de pages qui n'est pas bien élevé. Ici, ce n'est en aucun cas un frein à la profondeur de ce conte philosophique. On s'imagine facilement quitter le sol pour rejoindre le jeune homme, errant dans ces paysages en dehors du temps, dans ce voyage initiatique guidé par les principes de l'alchimie.

C'est là où les choses commencent à se gâter. L'Alchimiste est principalement connu pour son contenu philosophique et non pour les images mentales qu'il provoque chez le lecteur. Santiago est sur la voie de sa Légende Personnelle - expression dont Paulo Coelho est à l'origine. Ce terme désigne en fait le destin, le Rêve, ce qui anime chaque être humain, ce qui serait en quelque sorte notre but ultime. La majorité des hommes se détourne de leur Légende personnelle pour diverses raisons : l'appât du gain, l'amour mais essentiellement la cécité qui nous frappe quand il s'agit de se regarder soi. Nous serions incapables de repérer les signes déposés ça et là sur notre chemin de vie, ceux-ci ayant pour fonction de nous conduire vers l'accomplissement de notre destin. Quand bien même nous les verrions, nous serions indifférents et nous ne reconnaîtrions pas leur pouvoir libérateur. En gros, ce que cherche à nous dire Coelho, si j'ai bien compris l'essentiel, c'est qu'il faut être à l'écoute de son désir profond et être attentif aux signes qui nous conduisent vers son assouvissement. C'est joliment dit, mais il n'a pas révolutionné le schmilblick me direz-vous. Et vous auriez raison. Même si j'ai été embarqué par la personnalité de Santiago, je n'ai pas vraiment adhéré à toute la partie pseudo philosophique, ce qui est problématique vu qu'elle est le fil rouge de l'histoire. Je n'ai pas su voir les liens qui s'opèrent avec l'alchimie - domaine dans lequel je n'ai aucune connaissance il faut bien dire. La fin du livre, c'est-à-dire à partir de l'arrivée de l'Alchimiste m'a complètement perdue, lorsque notre héros commence à s'entretenir avec le Vent et le Soleil. A partir de là, j'ai commencé à lire le reste avec un demi-œil et c'est peut-être pour ça que je n'ai rien compris à la fin et surtout à l'épilogue qui doit être l'apothéose de tout l'argumentaire servi par Coelho. Pour en remettre une couche, je n'ai pas non plus été très sensible aux passages religieux, qui m'ont même dérangée. Ma lecture aurait été parfaite s'il n'y avait eu que Santiago, le dépaysement, sa rencontre avec sa bien-aimée qui est un passage agréable et les réflexions qu'il mène au fur et à mesure de son avancée dans le désert, situation qui pousse les Hommes dans leurs retranchements. Le reste ne m'a fait ni chaud ni froid et n'a, en aucun cas, fait bouger les lignes de ma vie spirituelle.

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ Les décors qui nous font voyager de l'Espagne jusqu'à l'Egypte.
+ Santiago me paraît être un personnage intéressant.

- L'aspect philosophique du livre : rien de transcendant et des termes opaques.
- Les nombreuses références religieuses. 
- Le dénouement est un peu tiré par les cheveux alors que les trois quarts du livres restent réalistes. 

Dernières infos.

L'Alchimiste a été publié en 1994 et compte 191 pages. Si vous souhaitez en savoir plus sur l'alchimie, je vous conseille cette émission de France Culture (clic dessus) qui m'a bien aidée à remettre de l'ordre dans tout ça.

Ma note.

vendredi 20 avril 2018

Tag - Les 50 livres qui...

Bonjour à tous !

Il y a quelques semaines, au cours d'une balade sur le blog d'Humblement Vôtre, je suis tombée sur un tout nouveau Tag créé par Lauriane, l'humble servitrice des lieux. Il m'a plu car il est très rapide à parcourir et en même temps il permet de se dévoiler un peu, au travers de cinquante de nos lectures. Je le reprends donc ici, cela fait un moment que je n'avais pas proposé d'exercice de ce genre, faute de temps ! 

P.S. L'illustration vient de Freepik

Bonne lecture !


Un livre que tu as adoré alors que tu n’y croyais pas.
Notre Dame de Paris - Victor HUGO

Un livre qui t'a beaucoup déçue alors que tu y croyais.
Kafka sur le rivage - Haruki MURAKAMI

Un livre que tu conseilles souvent.
Un empoisonnement universel : comment les produits chimiques ont envahi la planète - Fabrice NICOLINO

Un livre qui t’a collé des cernes le lendemain.
Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé - J.K ROWLING

Un livre que tu conseillerais à ton pire ennemi.
Le hussard sur le toit - Jean GIONO

Un livre dont tu ne comprends pas le succès.
Zazie dans le métro - Raymond QUENEAU

Un livre éprouvant mais qui en valait la peine.
La route sombre - Ma JIAN

Le livre qui n'est pas du tout ton genre mais que tu as apprécié.
Ecoute-mes lèvres - Jana NOVOTNY HUNTER

Un livre d'un auteur que tu adores mais que tu n'as pas aimé.
L'homme au complet marron - Agatha CHRISTIE

Un livre d'un auteur que tu n'apprécies pas mais que tu as aimé. 
Je passe mon tour.

Un livre que tu t'es forcée à finir.
La fabrique des jeunes gens tristes - Keith GESSEN

Un livre que tu as lu en sachant qu'il avait peu de chances de te plaire.
Ceci n'est pas qu'une comédie romantique - Julie GRÊDE

Un livre qui t’a fait pleurer.
Un jour - David NICHOLLS

Un livre qui a changé ta perception de la vie.
1984 - George ORWELL

Un livre dont le héros te ressemble beaucoup.
Thérèse Desqueyroux - François MAURIAC

Un livre dont le héros t’inspire.
Lettre d'une inconnue - Stefan ZWEIG

Un livre qui a marqué ton enfance.
Arc-en-ciel - Marcus PFISTER

Un livre qui a marqué ton adolescence.
Les chroniques de San Francisco - Armistead MAUPIN

Un livre que ton prof de français t’a fait découvrir.
Des souris et des hommes - John STEINBECK

Un livre que tu as honte de ne pas avoir lu.
Orgueil et Préjugés - Jane AUSTEN (mais ça va bientôt être réparé)

Un livre auquel tu vas donner une seconde chance
L'attrape-coeurs - J.D SALINGER

Un livre que tu n’as pas réussi à terminer.
Aucun pour le moment

Un livre dont l'adaptation cinéma est (presque) mieux.
Le magasin des suicides - Jean TEULE

Un livre qui compte beaucoup de relectures.
La mécanique du coeur - Mathias MALZIEU

Un livre que tu t'es promis de lire avant de mourir.
Les Rougon-Macquart - Emile ZOLA

Un livre que tu as lu d’une traite.
Le liseur du 6h27 - Jean-Paul DIDIERLAURENT

Un livre que tu as mis des mois à terminer.
L'usage du monde - Nicolas BOUVIER

Un livre qui tu rêverais de voir adapté en film.
La jeune fille à la perle - Tracy CHEVALIER (le terme "rêverais" est un peu fort. Disons plutôt "pourquoi pas" pour ce livre).

Un livre que tu rêverais de voir adapté en série.
La saga Harry Potter - J.K ROWLING

Un livre que tu as lu après avoir vu l’adaptation cinéma.
La délicatesse - David FOENKINOS

Un livre dont l’adaptation cinéma est une bouse infâme.
50 nuances de Grey - E.L JAMES

Un livre qui t’a fait voyager.
La fille de l'hiver - Eowyn IVEY

Un livre qui t’a collé des angoisses.
La lucidité - José SARAMAGO

Le livre que tu aurais aimé écrire.
Vers la sobriété heureuse - Pierre RABHI

Un livre qui a enrichi ta culture générale.
Anges et Démons - Dan BROWN

Un livre qui t’a retourné le cerveau.
Les trois premiers tomes de Millenium - Steig LARSSON

Un livre dont tu aurais aimé être le personnage principal.
La bibliothèque des cœurs cabossés - Katarina BIVALD (rien que pour être la propriétaire d'une bibliothèque)

Un livre au méchant le plus méchant.
L'adversaire - Emmanuel CARRERE

Un livre avec une magnifique histoire d’amour
Un jour -  David NICHOLLS

Un livre que tu aimerais redécouvrir pour la première fois.
Le cirque des rêves - Erin MORGENSTERN

Un livre que tu aimerais apprendre par cœur. 
La mécanique du coeur - Mathias MALZIEU (désolée, deuxième fois que je le cite mais je pourrais le mettre dans la plupart des catégories si je m'écoutais!)

Un livre que tu as sans doute lu trop tôt.
Bel Ami - Guy de MAUPASSANT


Un livre que tu as peur de lire.
Les misérables - Victor HUGO

Un livre qui dort depuis plus d’un siècle sur tes étagères.
La Chartreuse de Parme - STENDHAL

Un livre que tu as (un peu) honte d’avoir aimé.
Le diable s'habille en Prada - Lauren WEISBERGER

Un livre que tu as (un peu) honte de ne pas avoir aimé
La servante écarlate - Margaret ATWOOD

Un livre avec un incroyable twist final
Le crime de l'Orient-Express - Agatha CHRISTIE

Un livre que tu ne liras jamais
De l'esprit des lois - MONTESQUIEU (même s'il ne faut jamais dire jamais)

Un livre complètement addictif
La vérité sur l'affaire Harry Quebert - Joël DICKER

Un livre qui t'a mise mal à l'aise.
Mes chères études - Etudiante, 19 ans, job alimentaire : prostituée - Laura D.

samedi 14 avril 2018

L'éducation d'une fée - Didier Van Cauwelaert

En résumé.

En montant dans le bus Air France ce Vendredi matin, Nicolas ne savait pas que sa vie allait basculer. Ce jour-là, il ne tombe pas amoureux d'une personne mais de deux : Ingrid et le fils qu'elle élève seule, Raoul. C'est un couple heureux qui se forme, une famille joyeuse qui se bricole et un quotidien qui se savoure à trois, jusqu'au jour où Ingrid décide de mettre fin à ce trio du bonheur. Elle a peur que tout cela s'arrête, elle a peur de vieillir et de ne plus attirer le regard de l'homme qu'elle aime. Elle, l'ornithologue passionnée, a soif d'aventures à l'autre bout du monde, loin de cette routine qui s'installe et qui fait peur. Nicolas ne comprend pas, se retrouve seul avec ce fils qui n'est pas de lui et à qui il ment car il est toujours difficile d'annoncer ce genre de choses, surtout quand on ne les partage pas. Le petit garçon n'est pas idiot, il sait bien que les fées existent et qu'elles peuvent recoller les morceaux de sa famille cassée.

Mon avis.

Voici un livre qui me faisait de l’œil depuis un petit moment déjà. Quand je le glissai dans ma Wish-List, c'était parce que j'avais apprécié son titre que je trouvais (et trouve encore) très poétique. Après un ou deux ans de sommeil, je me suis enfin décidée à aller l'emprunter à la bibliothèque. Je ressors de cette lecture avec un avis plutôt mitigé, me retrouvant dans les chroniques moyennement enthousiastes qui ont été consacrées à ce livre. 

Disons que la lecture n'est pas désagréable. C'est le genre de bouquin qui se lit tout seul, dans un train, entourée de gamins qui braillent, ou le soir, au calme, sous la couette. Les personnages sont plutôt sympathiques. J'ai notamment bien aimé Nicolas, le gars un peu nounours, qui souhaite juste être tranquille avec sa petite famille et qui ne comprend pas pourquoi Ingrid vient troubler l'ordre établi. Il m'a fait de la peine et en même temps il a un côté très réaliste, très Monsieur Tout le Monde. Contrairement à ce qu'annonce la quatrième de couverture, j'ai trouvé que c'était lui le vrai héros de ce livre et non Raoul qui n'apparaît vraiment qu'en fin de livre, pour le dénouement. J'ai d'ailleurs trouvé que cette fin était un peu précipitée et tirée par les cheveux (c'est cette histoire de fée qui m'a perturbée). Celle qui incarne la fée aux yeux de Raoul est un personnage relativement intéressant, bien qu'elle porte à mon sens trop de choses sur son dos pour être réaliste. Toutefois, la relation qu'elle entretient avec Nicolas apporte un peu de suspense à l'histoire, au même titre que l'alternance des points de vue (entre Nicolas et elle) qui rythme le récit. 

Une histoire agréable sur l'instant mais dont l'effet ne dure pas dans le temps. J'écris cette chronique alors que j'ai refermé le livre depuis quelques jours déjà et il ne m'en reste presque rien. Pour tout vous dire, j'avais même oublié le prénom de Nicolas. Ma mémoire ne conserve que quelques petits passages, quelques scènes que j'ai aimé imaginer, mais rien de plus. Ce livre manque à mon avis de profondeur. Même si certaines émotions sont justes et mises au premier plan, il m'a manqué une analyse encore plus étoffée. L'idée générale, à savoir la fée, n'était pas mauvaise mais aurait pu être davantage exploitée ou différemment exploitée. De même, la multitude des sujets abordés est un peu maladroite : l'immigration, le divorce, la maladie et j'en passe des meilleures. Pourquoi ne pas se concentrer sur une seule chose et la développer correctement ? Le tout reste un peu bancal et ne laisse malheureusement pas de trace indélébile chez le lecteur.

Mon tout premier livre de cet auteur. Une sensation de ni-chaud ni froid qui va être vite effacée de mon disque dur interne... Mais expérience à renouveler, peut-être.

D'un coup d’œil, les plus, les moins. 

+ Une agréable histoire à lire, sans prise de tête et mignonnette.
+ La simplicité et le réalisme des personnages : cette histoire est vécue chaque jour par des milliers de familles.

- Manque de profondeur, ce qui fait qu'on oublie vite les personnages et l'histoire.
- Le dénouement un peu bancal et rapide alors qu'il est censé être au cœur du livre, selon la quatrième de couverture.

Dernières infos.

L'éducation d'une fée a été publié en 2000 et compte 249 pages. Didier Van Cauwelaert (à vos souhaits !) est un auteur prolixe. Il a, entre autres, publié On dirait nous, Jules et Un allé simple qui lui a valu le Prix Goncourt. 

Ma note.

jeudi 12 avril 2018

Throwback Thursday - Sous les étoiles

Bonjour à tous !

Le Throwback Thursday est un rendez-vous repris par Betty Rose Books sur son blog. Les consignes sont très simples: chaque Jeudi, nous devons proposer un livre en accord avec le thème que Betty Rose Books nous aura concocté. Le but est d'enrichir notre Wish List en découvrant le choix des autres Bloggeuses!

Je tiens à préciser que toutes les images liées au Throwback Thursday proviennent du blog de Betty Rose Books.
Cette semaine, le thème est Sous les étoiles.

Pour l'occasion, voici le livre que j'ai choisi :

L'alchimiste
Paulo Coelho

Par manque de temps, cela fait un mois que je n'ai pas pu participer au Throwback Thursday. Je suis donc ravie de vous retrouver aujourd'hui et pour l'occasion, je vous amène sous les étoiles avec ce livre qui me paraît être adapté au thème, autant pour son histoire que pour sa couverture (les couvertures des nouvelles éditions montrent un paysage nocturne avec des étoiles). J'ai refermé l'Alchimiste, qui fait désormais partie des classiques, il y a quelques jours, après une lecture très rapide et malheureusement, je ne rejoins pas les milliers de lecteurs qui ont été emportés par la philosophie de Paulo Coelho. 

En résumé : Santiago est un jeune berger andalou, qui vit au gré des saisons, uniquement accompagné de ses brebis. A plusieurs reprises, il fait un rêve étrange : un trésor l'attend au pied des pyramides d'Egypte. Il en fait part à deux personnages mis sur son chemin : une voyante et le roi Salem qui lui conseillent de tout quitter et de se mettre en route. Le voilà donc parti en quête de son destin, de sa Légende Personnelle selon les mots de l'auteur. Arrivé dans le désert, aux portes des pyramides, il fait la connaissance de l'Alchimiste, personnage charismatique qui va lui apprendre à vivre avec son cœur, en restant à l'écoute des signes qui jalonnent sa route vers l'accomplissement de sa Légende Personnelle. 

Mon avis : J'ai pu lire des avis très divergents sur ce livre. Soit on aime, soit on n'aime pas. Pour moi, c'est un peu plus compliqué que ça. D'un côté, j'ai vraiment apprécié l'esthétique de l'histoire. Je trouve les décors très beaux, ou du moins mes représentations mentales des mots posés par l'auteur me plaisent. Je me suis imaginée cheminer aux côtés de ce jeune homme à la fois très simple et très éveillé. D'un autre côté, je n'ai pas vraiment adhéré à la philosophie que l'auteur propose, que j'ai trouvée simpliste et peu claire, ou alors je n'ai pas su lire entre les lignes. Le livre fut donc agréable sur le moment mais je n'en retire rien pour l'avenir...