samedi 15 juillet 2017

Le revenu de base, une idée qui pourrait changer nos vies - Olivier Le Naire et Clémentine Lebon

En résumé.

Le Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB) définit ainsi le revenu de base: "un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d'autres revenus, distribué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle de ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement". En d'autres termes, la possibilité pour chacun d'obtenir un revenu mensuel, de la naissance à la mort, qui serait le même pour tous et ne se baserait donc pas sur condition de ressources. Le revenu de base ou le revenu universel, les appellations sont nombreuses, est au cœur de l'actualité. Pourtant, cette idée n'est pas nouvelle, elle fait même débat depuis des siècles. Les défenseurs sont aussi nombreux que les détracteurs, les avantages aussi nombreux que les peurs et les craintes. Les deux auteurs proposent donc de revenir en profondeur sur ce projet de société et d'en analyser tous les pans. S'attardant à la fois sur les pour, à la fois sur les contre, leur regard se veut neutre afin d'informer le plus objectivement possible le citoyen.

Mon avis.

Cela fait déjà un moment que je m'intéresse au revenu de base. Il a été mis à l'agenda (quoique insuffisamment) avec la campagne présidentielle mais ce n'est pas un sujet neuf. Nombre d'associations/de mouvements s'y intéressent depuis un bon bout de temps. Enfin, on ose penser que cette idée qui paraît dans un premier temps utopique pourrait nous sortir de l'impasse économique dans laquelle on se trouve. Non seulement, les inégalités ne cessent de se creuser - c'est d'ailleurs parce que j'avais envie de découvrir des moyens de lutter contre ça que j'en suis arrivée à me renseigner sur le revenu de base - mais la raréfaction du travail est en marche. Le revenu de base fait aussi parti d'un mouvement plus global de changement de la société dans lequel le travail n'est plus au centre de nos modes de vie. L'idée serait d'avoir un pécule mensuel qui nous permettrait de choisir et d'être enfin libres (pour moi, la vraie liberté se situe dans notre rapport au travail). Il permettrait aussi de se concentrer sur l'essentiel et d'essayer de sortir de nos modes de consommation à outrance. Voilà pour les arguments en faveur d'un revenu de base. Les détracteurs s'interrogent sur son financement et sur l'encouragement à l'oisiveté. Dans tous les cas, il faut savoir que le revenu de base peut tout aussi bien servir les intérêts des libéraux que les intérêts des alter-mondialistes. Tout dépend comment on le conçoit et surtout dans quel but.

J'ai été un peu longue mais il me paraît essentiel d'en avoir quelques notions avant de se précipiter sur le livre que je vous présente aujourd'hui. Même si j'avais déjà débroussaillé le sujet, je n'avais jamais lu de livre reprenant le débat. J'ai donc apprécié ma lecture car j'en ai appris encore plus et surtout j'ai apprécié le ton des auteurs qui est neutre et qui laisse la place aux arguments des sceptiques. J'estime que pour se faire un avis sur un sujet, il faut d'abord en connaître les tenants et les aboutissants. Les auteurs reviennent de façon claire et intelligible sur l'histoire du revenu de base et ses différentes définitions, notre conception du travail, comment on pourrait le financer, les expériences des pays qui ont tenté de le mettre en place. Chaque argument est détaillé et argumenté. A la fin du livre, on retrouve toute une bibliographie fournie sur le sujet (qui renvoie aux notes tout au long du livre). Si on souhaite creuser le sujet, il n'y a plus qu'à...

Si le thème vous intéresse, je ne peux que vous conseiller la lecture de cet ouvrage qui est une très bonne entrée en matière pour se renseigner sur les différentes pistes de ce projet de société alternatif. Il se lit très rapidement en raison du nombre de pages peu élevé, l'écriture est simple et concise. Impossible de n'y rien comprendre!

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ Le ton objectif qui permet au lecteur de se faire son propre avis.
+ L'écriture simple et accessible.
+ Les nombreuses références qui nous donnent la possibilité d'approfondir.

- Je n'en trouve pas. C'est un essai dont le but est d'informer. Difficile donc de juger quelque chose de neutre.

Dernières infos.

Ce livre a été publié en tout début de cette année 2017 et compte 156 pages.
Si vous avez envie d'en savoir plus ou si vous commencez tout juste à vous intéresser au sujet, voici quelques liens qui pourraient vous aider à y voir plus clair:
* Site du Mouvement Français pour un Revenu de Base (vous y trouverez tout un tas d'informations!)
* La page des Colibris dédiée au revenu de base avec un ensemble de vidéos qui présente les notions basiques.
* Une vidéo très courte de Dessine moi l'éco.
* Une autre petite vidéo de Décod'Actu.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges: 
Défi lecture 2017 - Consigne 32: un livre publié cette année. (22/80)

dimanche 9 juillet 2017

L'humanité disparaîtra, bon débarras! - Yves Paccalet

En résumé.

Yves Paccalet est philosophe de formation et passionné de nature. Il participe à partir des années 70 aux expéditions du Commandant Cousteau. Ce sont très certainement ces expériences qui vont lui donner le goût des grands espaces et l'inspiration pour les nombreux ouvrages qu'il va publier, tous des odes à la vie et à notre rapport à la nature. Il a rédigé de nombreux articles sur les mêmes thèmes pour la presse et a participé à plusieurs émissions télévisées. Il est aussi connu pour son engagement politique et écologique (il a fait partie pendant quelques années d'Europe Ecologie Les Verts). Ces quelques lignes me semblaient nécessaires pour replacer dans son contexte l'écriture de ce pamphlet dans lequel il exprime tout son désarroi quant à l'impact de l'Homme sur son environnement et son avenir. Il énumère les possibles causes de la disparition de l'espèce humaine, employant un ton franc et pessimiste. Alors que tout au long de sa carrière, il a toujours tenté de faire preuve d'optimisme, il a décidé dans ces quelques pages de ne plus l'être et de dire la vérité, afin de réveiller les consciences.

Mon avis.

Pour la petite anecdote, mon amoureux a décidé de m'offrir ce livre pour me remonter le moral, alors que je traversais une période un peu chahutée. Avec un chapitre s'intitulant "Treize bonnes raisons de mourir", je ne suis pas sûre que c'était le meilleur des antidotes (le chocolat aurait été plus approprié). J'ai tout de même apprécié ma lecture (et le geste de mon amoureux). Ce livre est assez connu, très certainement le plus connu des œuvres de l'auteur. J'ai pu lire des avis mitigés, les avis négatifs portant sur les reproches qu'il fait à l'humanité qui n'obéirait qu'à ses bas instincts. Même si je comprends que certains aient pu être choqués, je reste tout de même sur une impression positive suite à ma lecture.

Vous l'avez peut-être compris, la protection de l'environnement est pour moi une cause primordiale et incontournable, à la fois pour notre présent mais aussi pour l'avenir de l'humanité. J'ai donc été sensible au discours d'Yves Paccalet qui en connaît un rayon sur l'état de notre biodiversité sur ces dernières années. Même si le ton est dur et l'humour noir, j'ai aimé la franchise de l'auteur. Parfois je me suis sentie un peu gênée mais de façon générale, il prêche la convaincue que je suis. Il faut agir mais agir vite et surtout prendre conscience de l'ampleur des dégâts. Entre autres, les principaux enjeux portent sur la surpopulation, le réchauffement climatique, la déformation des paysages (à force de bétonner et détourner des cours d'eau), la possession de l'arme nucléaire, la pénurie des denrées et les migrations climatiques qui apporteraient des guerres pour l'accès au vital. Autant de faits qui font peur, surtout qu'ils peuvent se cumuler.

Le livre est concis et c'est d'ailleurs ce qui fait la force du message. En peu de pages, l'auteur nous sert (à raison) un discours alarmiste et étayé par des faits provenant d'études scientifiques si peu portées à l'agenda. La pensée est accessible afin que le message le soit aussi. On ne peut rester insensible au constat qui est dressé. Comme toujours, il s'agit ensuite de savoir quoi faire. J'ai conscience que les arguments des écologistes (les vrais) sont parfois moralisateurs et peu audibles, faisant porter la culpabilité sur des gens qui n'ont rien demandé. On peut aussi se sentir démunis face aux changements colossaux qui sont en train de se produire, surtout lorsque les plus grands de ce monde semblent inactifs. Néanmoins, je pense qu'il faut rester informés, comme en lisant ce genre d'essai par exemple, qui, certes, n'est pas des plus réjouissants, mais qui forge notre conscience de citoyen. Il faut aussi, par petites touches et probablement à la marge, essayer de changer nos habitudes de vie et d'analyser nos modes de consommation.

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ La force de la pensée de l'auteur qui se veut franche et concise.
+ Les propos sont documentés et argumentés.
+ La plupart des sujets décisifs est abordée.

- Certains propos vont peut-être parfois un peu trop loin et m'ont gênée.

Dernières infos.

Ce livre a été publié en 2006 (mais il est incroyablement d'actualité!) et compte 191 pages. Voici le lien vers le blog d'Yves Paccalet.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges: 
Défi lecture 2017 - Consigne 53: un livre dont le titre est une phrase. (21/80)
ABC 2017 - Lettre P (12/26)

jeudi 6 juillet 2017

Throwback Thursday - Wild Life

Bonjour à tous !

Le Throwback Thursday est un rendez-vous repris par Betty Rose Books sur son blog. Les consignes sont très simples: chaque Jeudi, nous devons proposer un livre en accord avec le thème que Betty Rose Books nous aura concocté. Le but est d'enrichir notre Wish List en découvrant le choix des autres Bloggeuses!

Je tiens à préciser que toutes les images liées au Throwback Thursday proviennent du blog de Betty Rose Books.
Cette semaine, le thème est Summer Party.

Pour l'occasion, voici le livre que j'ai choisi:

Le vieux qui lisait des romans d'amour
Luis Sepulveda
Il y a quelques semaines, j'ai terminé la lecture de ce petit classique très intéressant, bien que trop court, et je me suis dit qu'il ferait très bien l'affaire pour le thème de la semaine. D'ailleurs, la couverture en est une illustration parfaite. 

En résumé: Antonio José Bolivar habite une petite île d'Amérique Latine exploitée par les colons pour ses réserves d'or et autres matières dites précieuses parce que très demandées pour satisfaire les désirs de consommation de la minorité. Lorsqu'un des colons est assassiné, les Indiens vivant reclus sur l'île sont immédiatement accusés. Seul le vieux, Antonio José Bolivar, qui aime les romans d'amour et qui connaît bien les habitants, la faune et la flore de l'île reconnaît dans la blessure la griffure d'un félin. Une lutte s'engage alors entre les hommes et les animaux.

Mon avis: Voici un roman très puissant sur les idées qu'il véhicule, à savoir la dénonciation du pillage de ces endroits d'Amazonie qui vient déranger tout un écosystème pour satisfaire l'ego de quelques hommes sur Terre, la menace qu'ils représentent pour les animaux peu habitués à cotoyer ce genre d'énergumènes qui veulent leur peau. L'auteur aborde aussi les rapports entre colons et Indiens, traités avec mépris (c'est le moins qu'on puisse dire) et accusés d'être responsable de toutes les injustices. L'écriture est limpide et on voit directement où veut en venir l'auteur. Il ne reste plus qu'à méditer sur le sujet et se dire que ce genre de situation est toujours d'actualité...

samedi 1 juillet 2017

Quarante tentatives pour trouver l'homme de sa vie - Rachel Corenblit


En résumé.

Lucie est une trentenaire, institutrice et célibataire, séparée de son ex-conjoint depuis trois ans. La solitude lui pèse grandement. Alors, sans relâche, elle recherche son âme sœur, elle pense la reconnaître partout: parmi le personnel masculin de son école, dans des speed-dating, chez des amis, dans le parc et même devant l'Amour est dans le pré. Quarante chapitres, autant de tentatives pour trouver l'homme de sa vie...

Mon avis.

Je suis tombée sur ce livre un peu par hasard à la bibliothèque. J'ai été attirée par le titre, la couverture et le résumé au dos du livre qui m'ont donné l'impression d'un livre assez frais, drôle, bref parfait pour les beaux jours qui arrivent! Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un roman d'amour. J'avais donc hâte de voir comment le thème allait être traité.

Finalement, cette lecture n'a pas vraiment été conforme a mes attentes. Pour autant, je l'ai apprécié. Le thème est abordé avec cynisme et se rapproche de la réalité. Malheureusement pour Lucie, ce livre ne parle pas d'amour mais plutôt de non-amour. Elle a beau chercher, elle ne trouve pas, elle vit seule, se couche seule et le coup de foudre comme le vendent les sites de rencontre ne vient pas. Ce n'est pas faute d'y croire et de s'imaginer qu'il viendra à elle comme dans les contes de fées. Vous voyez, le tableau est plutôt sombre et il va le rester. Alors que j'avais envie d'une histoire qui se finisse bien, j'ai vraiment apprécié qu'elle se finisse mal. Enfin, on décrit les espoirs déçus de combien de femmes (et d'hommes). Quand on cherche, qu'on s'imagine qu'IL peut être partout et qu'on est peut-être en train de passer à côté de quelque chose, tous ces moments à se dire "et si...". Pour combien de personnes est-ce difficile de trouver chaussure à son pied (clin d’œil à la couverture) alors que cela semble si facile pour les autres ? Il ne suffit pas de rencontrer des hommes/femmes pour en tomber amoureux et Lucie le sait bien. A l'heure où le monde entier est hyperconnecté, il est paradoxalement très difficile de trouver son âme sœur, voilà aussi ce dont témoigne ce livre.

Le rythme est enlevé, les chapitres sont courts et les pages vite tournées. Je l'ai un peu regretté car j'aurais aimé m'attacher davantage à notre jeune célibataire. Les différentes tentatives sont décrites et on s'imagine bien toute la souffrance qu'elle doit ressentir mais son personnage n'est pas assez fouillé. J'aurais aimé que ses sentiments soient approfondis et que l'histoire soit un peu plus humaine. On assiste froidement aux scènes, le tout forme une accumulation de tentatives comme si les chapitres n'étaient que les photographies de ces instants. Et finalement l'ensemble manque de liant, d'un fil rouge. Je pense que c'est la raison pour laquelle j'ai oublié pas mal de choses depuis que j'ai refermé le livre, je n'ai pas été marquée émotionnellement et d'ici quelques mois, j'e n'aurai plus aucun souvenir.

Lorsque vous croiserez ce livre, ne vous attendez pas à la lecture feel-good mais que cela ne vous fasse pas fuir! La réflexion générale est intéressante.

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ Le thème général.
+ Le réalisme de l'intrigue.

- La rapidité de lecture, l'intrigue aurait mérité un peu plus de profondeur.
- Du coup, cela nous conduit à oublier très vite cette histoire qui ne nous laisse déjà pas un souvenir impérissable.

Dernières infos.

Ce livre a été publié en 2015 et compte 208 pages.

Ma note.
Challenges.

Cette lecture me permet d'avancer dans ces challenges: 
Défi lecture 2017 - Consigne 25: un livre emprunté à la bibliothèque ou à un proche. (20/80)