dimanche 15 septembre 2019

On la trouvait plutôt jolie - Michel Bussi

En résumé.

Originaire du Mali, mère célibataire de trois enfants, Bamby (21 ans), Alpha (17 ans) et Tidiane (10 ans), Leyli MAAL est femme de ménage dans un Hôtel Ibis de Port-de-Bouc, près de Marseille. Leyli MAAL est une battante, pour elle, pour ses enfants, pour ses parents, elle à qui la vie n'a pas fait de cadeaux, elle qui cache un si grand secret qu'elle ne livre qu'aux plus proches de son entourage. Alors qu'elle se démène dans son quotidien, à sauver les apparences pour mieux protéger son jardin secret, on apprend qu'un crime est commis dans une chambre d'hôtel du Red Corner Hôtel. Un employé de Vogelzug, association qui vient en aide aux migrants est en effet retrouvé mort après que l'assassin ait prélevé sur lui une importante quantité de sang. Petar VELIKA, policier et son subalterne Julo FLORES sont immédiatement dépêchés sur l'affaire. Ce n'est que le début d'une longue enquête, ponctuée par d'autres meurtres similaires commis aux quatre coins du globe. Une longue enquête qui va aussi resserrer les liens autour de ces divers personnages, jusqu'à la découverte du secret de Leyli MAAL.

Mon avis.

Après avoir lu du même auteur Le temps est assassin au cours de l'été 2017, Un avion sans elle l'été dernier, j'ai enchaîné cet été avec On la trouvait plutôt jolie, titre (peut-être même histoire) inspiré par le titre de Pierre PERRET, Lily. Ce livre fut une jolie trouvaille car il provient d'une boîte à livres où je l'ai trouvé intact, comme s'il venait d'être acheté ! Moi qui comptais bien faire une pause avec mes lectures estivales, quasiment toutes orientées vers le continent africain et l'immigration, je fus un peu frustrée quand j'ai découvert qu'il s'agissait dans ce livre aussi d'Afrique puisque la famille MAAL est originaire du Mali et d'immigration. Il y a des thèmes comme ça qui vous poursuivent pendant une certaine pèriode...

Dès les premières pages, je me suis laissée happer par l'histoire de Leyli MAAL. Il faut dire que l'auteur n'attend pas 15 chapitres pour installer du suspense. Non, celui-ci est présent dès le départ avec cette histoire de crime dans une chambre d'hôtel. Les personnages sont ainsi vite introduits, et le lecteur peut commencer à suspecter les uns, les autres. Aussi, le fameux secret de Leyli est amené sur la table très rapidement, et inévitablement, il suscite notre curiosité. Pour mieux entretenir ce suspense et le laisser traîner, le récit de l'enquête est entrecoupé de passages dédiés au passé de cette femme fascinée par les chouettes (d'où la couverture) mais aussi de quelques épisodes consacrés au fantasque directeur de l'hôtel dans lequel travaille Leyli. Je me suis attachée aux personnages, en particulier j'ai éprouvé beaucoup de peine pour la protagoniste qui a eu une vie extrêmement violente, peut-être la porte-parole de centaines de migrants dont le passé doit être à peu prés équivalent au sien. J'ai également bien aimé le directeur de l'Ibis qui devient peu à peu son confident, ses parents qui sont remplis de tendresse et le petit dernier, Tidiane, tout innocent et pourtant enjeu de vengeance, le flic Julio FLORES, un peu innocent et qui a l'air tout miel mais dont l'humanité et la perspicacité ne font pas débat. En revanche, j'ai moins été séduite par le personnage de Bamby, pas en raison des actes dont elle est responsable mais plutôt par ce qu'elle renvoie.

Le scenario est bien mené jusqu'à moitié livre, puis je trouve que le soufflet retombe. Déjà, l'histoire se répète un peu, on s'enlise dans des faits qui ont déjà été mis en avant, exploités et expliqués à plusieurs reprises. J'ai été, comme plusieurs lecteurs (à ce que j'ai pu voir en farfouillant rapidement la toile), frustrée et déçue par le dénouement. Déjà, l'assassin est tout trouvé dés le départ et le twist final (car il y en a bien un) est vite évacué. Du moins, c'est l'impression que j'en ai eu. Ainsi je me suis dit "tout ça pour ça", l'histoire aurait certainement pu être rabottée à 400 pages et ç'aurait été tout aussi bien. De même, j'ai l'impression d'être passée à côté de la problématique des migrants posé par le livre. Je pense que le problème ne vient pas du livre en lui-même mais de ma lecture qui a été en pointillés vers la fin par manque de temps, ou d'énergie après des journées de boulot fatiguantes. Peut-être donc que je n'ai pas bien suivi le déroulement de l'affaire mais je n'ai pas bien compris toutes les malversations de Vogelzug vis-à-vis des migrants. Un sentiment d'inachevé donc, qui me fait dire que la question des migrants, bien qu'elle occupe une place importante dans le récit, n'en est pourtant pas l'épicentre. J'ai davantage placé au coeur de ma lecture l'histoire autour de Leyli MAAL. J'ai fait de la lecture de On la trouvait plutôt jolie une lecture avant tout fictionnelle et non politique. 

Ce compte-rendu touche à sa fin. Bien que déçue par deux trois petites choses, je vous conseille quand même ce livre car il a le mérite de proposer une histoire intéressante, à suspense dès le départ et c'est le genre de lecture toujours agréable lorsqu'on a besoin de se vider la tête et de se laisser entraîner dans un récit entêtant.
Dernières infos.

On la trouvait plutôt jolie a été publié en 2017 et compte 537 pages pour la version poche. Un petit lien vers la chanson de Pierre PERRET : https://www.youtube.com/watch?v=urVfi9Yswaw

Ma note.

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