samedi 10 mars 2018

Un goût de cannelle et d'espoir - Sarah McCoy

En résumé.

Nous voici en Allemagne en 1944. La Seconde Guerre Mondiale est sur le point de s'achever mais les protagonistes de notre histoire ne le savent pas encore, alors il faut montrer patte blanche. Elsie, une jeune fille de 16 ans travaille aux côtés de ses parents dans la boulangerie familiale, alors que sa sœur les a quittés pour le Lebensborn (sorte de pouponnière nazie qui héberge les bébés aryens, destinés à un grand avenir au sein du Reich de par leurs caractéristiques physiques mais aussi leur ascendance). Un soir, alors qu'Elsie est invitée par son prétendant au bal de Noël du parti nazi, elle échappe de peu à un viol. Elle est sauvée de justesse par un enfant juif. Celui-ci, sans toit et destiné à partir pour les camps lui demande de l'héberger. Osera-t-elle prendre ce risque ?
Soixante ans plus tard, aux Etats-Unis, Elsie est patronne de sa propre boulangerie spécialisée dans les pâtisseries allemandes. Elle croise la route de Reba, journaliste pour la presse locale, venue l'interroger sur les préparatifs de Noël en Allemagne.

Mon avis.

J'ai souvent croisé ce livre sur la blogosphère, la plupart du temps accompagné d'éloges. Il n'y a qu'à voir la note que lui ont décernée 228 lecteurs sur Livraddict : 16.7 ! De façon générale, je ne raffole pas des livres historiques mais j'étais tout de même curieuse de découvrir celui-ci. Alors quand une amie a proposé de me le prêter, je n'ai pas pu refuser. Je suis ressortie de cette lecture avec un avis mitigé. Je suis contente de l'avoir lu et j'ai passé un agréable moment, sans pour autant être transcendé par ce que j'avais sous les yeux. Ici, je vous parle des points faibles du livre mais gardez à l'esprit qu'il a quand même un petit côté feel-good qui donne du baume au cœur.

La première impression que j'ai eue en tournant la dernière page est celle d'une lecture laborieuse. Trois semaines pour achever près de 500 pages ! Certes, avec la reprise de mes études, je n'ai plus beaucoup de temps pour lire mais tout de même, j'ai eu le sentiment d'une histoire interminable et longue à se mettre en place. Le livre alterne entre les chapitres consacrés à l'histoire d'Elsie pendant la Seconde Guerre Mondiale et ceux consacrés à Reba (et indirectement Elsie) dans les années 2000. Le procédé n'a rien d'original, souvent employé pour ce type de projet. Parfois c'est pertinent, parfois ça l'est moins, comme ici. Il n'y a pas véritablement de lien entre les deux histoires. Certes, on retrouve le personnage d'Elsie mais elle n'entretient que des liens superficiels avec Reba, contrairement à ce que laisse supposer l'auteur. Il n'y a pas vraiment d'échanges entre elles, on ne voit pas à quel moment les confidences prennent place et influencent Reba (qui dira à la fin du livre qu'Elsie occupe une place primordiale dans sa vie). Ainsi, il y a comme un décalage entre ce que le lecteur ressent et ce qu'il est censé ressentir. Par ailleurs, je n'ai pas vraiment compris l'intérêt de l'histoire de Reba, personnage niais et pas très intéressant qui n'apporte pas de plus-value à l'intrigue globale. Il pourrait y avoir des points communs entre les deux femmes (leur doutes quant à leur vie sentimentale, des dilemmes auxquels elles doivent faire face) mais ils sont maladroits et peu évidents. 

En fait, le problème majeur de ce livre est la multiplicité des sujets traités. L'auteur a voulu se lancer sur plusieurs pistes de narration sans en approfondir aucune. Pour vous donner une idée, sont abordés la question du Lebensborn, la protection d'un enfant juif lorsqu'on est allemand et que l'on adhère au projet du Reich, la question de la place de la femme dans ce type de régime (viol, mariage arrangé, avortement), la culpabilité qu'un soldat ressent lorsqu'il tue un de ses congénères, la difficulté d'être policier aux frontières et de briser les espoirs des migrants mexicains, le fait d'être végétarien, l'alcoolisme et la dépression d'un père et il me semble que j'en oublie. Toutes ces thèmes sont intéressants mais ils ne peuvent pas être traités de façon superficielle et au détour de quelques lignes. J'aurais donc aimé que l'histoire d'Elsie étant jeune - la partie la plus pertinente - fasse l'objet de plus de profondeur et de réalisme, de rigueur historique, sans tomber dans le versant larmoyant. L'auteur aurait, par exemple, pu davantage développer la cachette de Tobias qui est présentée par la quatrième de couverture comme étant le fait majeur du livre alors qu'il n'occupe qu'une place restreinte dans celui-ci.

Que ce compte-rendu ne vous détourne pas de cette lecture ! L'histoire reste en elle-même agréable, même si certains aspects auraient pu être élagués alors que d'autres auraient pu être approfondis.

D'un coup d’œil, les plus, les moins.

+ L'ensemble des chapitres concernant Elsie qui reste un personnage auquel on s'attache.
+ L'aspect sensoriel : on s'imagine facilement dans la boulangerie familiale, immergée dans les odeurs gourmandes, admirant les petits pains savoureux et entendant la clochette retentir à chaque fois qu'un client passe la porte.
+ Un petit côté feel-good qui fait que la lecture reste agréable.

- Trop long.
- L'histoire de Reba est superflue et n'apporte rien à l'histoire.
- Le manque de profondeur de certains passages.

Dernières infos.

Un goût de cannelle et d'espoir a été publié en 2013 pour la version française et compte 491 pages.

Ma note.

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