samedi 23 mai 2020

Les aventures de Tom Sawyer - Mark Twain

En résumé.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Tom Sawyer aura profité de sa jeunesse ! Jeune garçon intrépide et aussi malin qu'un singe lorsqu'il s'agit de faire des bêtises, Tom habite sur les rives du Mississipi, dans la ville imaginaire de Saint-Petesburg, dans l'Etat du Missouri, dans la partie sud des Etats-Unis (je ne peux pas être plus précise). Nous sommes dans les années 1830/1840, pas de console, pas de téléphone, pas de télévision, faut bien s'occuper avec ce qu'on a. Et croyez moi, Tom ne manque pas d'imagination pour mettre en rogne sa tante Polly ou encore pour faire l'école buissonière. Tom et ses amis, Joe Harper et le vagabond Huckleberry Finn, vont tour à tour se lancer dans plusieurs aventures, ils se feront pirates, explorateurs, brigands et j'en passe et des meilleures. Jusqu'au jour où la rigolade va tourner au vinaigre, lorsque les jeunes garçons seront témoins d'un meurtre. Comme si cela ne suffisait pas, l'assassin sème derrière lui un trésor. L'aventure ultime pour nos bandits en herbe !

Mon avis.

"Tom Sawyer, c'est l'Amérique, le symbole de la liberté !" Ca y est, vous aussi, vous avez la musique en tête ? Je suis désolée, vous allez me maudire... De Tom Sawyer, je ne connaissais que cette chanson entêtante, et quelques épisodes de dessin animé regardés dans ma tendre jeunesse. Il était donc temps que je me plonge dans ce classique de la littérature américaine afin d'en apprendre davantage sur ce héros célébrissime, dont les aventures sont largement inspirées des propres aventures de Mark TWAIN, lorsqu'il n'était encore qu'un tout jeune enfant.

Si ce roman est souvent classé dans le rayon jeunesse, il s'adresse aux petits et grands, sans grande distinction, chacun venant y piocher ce qu'il souhaite. Le style d'écriture est tout fait accessible, du moins dans cette édition proposée par Folio, le texte peut se lire à voix haute, sur le ton de l'aventure et du suspense pour captiver les plus petits, comme à voix basse, au calme, pour laisser voyager les plus grands. Le rêve et l'innocence sont les premiers adjectifs qui me viennent en tête pour qualifier ce récit. Tom nous rappelle ces possibilités infinies que seule l'enfance nous offre, la possibilité de porter un chapeau et de se croire pirate, d'échanger une noix comme s'il s'agissait d'un louis d'or ou encore d'offrir un anneau de fer à son amoureuse pour être lié à elle jusqu'à la fin de ses jours. Si l'on ne s'ennuit pas, c'est parce que Tom ne tient pas en place et vit une multitude d'événements en peu de temps. Il y a bien sûr les pitreries habituelles et quotidiennes, mais il y a aussi cet amour pour la jeune Becky qui connaît des hauts et des bas, et plus grave cette histoire de meurtre, un vrai, pas de ceux qu'on invente pour se faire peur le soir - meurtre qui donnera ensuite lieu à une véritable chasse au trésor. Tom est donc sur les tous feux, comment voulez-vous qu'il trouve encore le temps d'aller à l'école ?

Même si j'ai apprécié ma lecture dans l'ensemble, précisément parce que j'ai eu l'impression de voyager dans un autre univers, un autre temps et d'autres espaces, j'ai quand même le sentiment d'être resté sur ma faim. Je ne sais pas trop expliqué pourquoi, peut-être parce que ça va trop vite, que les aventures se déroulent devant nos yeux sans que l'on puisse véritablement s'attarder sur les personnages et sur cette époque d'avant la guerre de Sécession. Je crois que je m'attendais à une critique de la société de l'époque plus marquée. Certes, Tom Sawyer incarne des valeurs de liberté, de rebellion, notamment contre la foi et Mark TWAIN se sert de lui pour tourner en dérision certaines superstitions qui étaient très répendues jadis mais l'analyse n'est pas évidente à mener. Je m'attendais donc à trouver dans cette lecture un récit d'aventures mais aussi un récit aux conotations politiques. Si j'ai eu le premier, je n'ai pas eu le deuxième. Je comptais également sur le carnet de lecture qui accompagne Les aventures de Tom Sawyer dans cette édition mais lui aussi m'a un peu déçu, je l'ai trouvé trop court et pas assez analytique, j'aurais aimé qu'il m'en apprenne davantage sur les lieux et l'époque d'écriture de ce livre. 

Un goût d'inachevé perdure depuis que j'ai refermé ce livre, le sentiment d'être passé à côté de ce classique. Certes embarquée par les péripéties du jeune Tom, encore qu'elles sont expédiées assez rapidement, j'ai l'impression d'être restée en surface des choses, et de m'être trop peu attachée à l'univers pour qu'il perdure dans ma mémoire. Je vous conseille cette lecture si vous avez soif d'aventures, en ces temps où il est recommandé de rester chez soi, et si vous souhaitez vous remémorer vos propres exploits de l'enfance.
Dernières infos.

Les aventures de Tom Sawyer ont été publiées en 1876 et compte 352 pages. De multiples adaptations ont été réalisées, au cinéma, à la télévision, en BD.... La plus connue reste très certainement celle des japonais qui en ont fait un dessin animé de 49 épisodes dans les années 1980. A savoir que Marks TWAIN est également l'auteur des Aventures de Huckleberry Finn, qui s'attardent donc cette fois-ci sur l'ami de Tom.

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 56 - Livre dont l'action se déroule au XIXème siècle  - 18/100

samedi 16 mai 2020

La commanderie - Alain Ade

En résumé.

1360. Thomas CORTEMAIN n'est encore qu'un enfant, fils de paysan dans la région de Cahors, lorsqu'il croise pour la première fois Constance, la fille du seigneur, et en tombe fou amoureux. Quelques jours après cette rencontre fortuite, la famille de Thomas est tuée et leur village brûlé. Le jeune garçon, désormais livré à lui-même, erre pendant plusieurs années, ne fréquentant pas toujours les bonnes personnes, jusqu'à se faire engager une quinzaine d'années plus tard en tant que capitaine des gardes par la commanderie d'Assier, sorte de place forte gérée par l'Ordre des Hospitaliers et proposant essentiellement du repos et des soins aux nombreux pèlerins. Alors que Thomas y mène une existence heureuse, faite de ripailles et de débauche, son destin va rapidement basculer à l'arrivée d'Hugues d'Avènes, grand ponte de l'Ordre des Hospitaliers, venu poser ses valises à la commanderie pour se lancer à la recherche du Trésor des Templiers, le fameux, objet de toutes les convoitises. De fil en aiguille, Thomas va se retrouver mêlé à cette recherche, qui ne sera pas sans danger, et surtout qui pèsera pour l'éternité sur sa relation avec la belle Constance DE MONTET.

Mon avis.

Une lecture pour le moins inatendue, livre offert à mon amoureux pour Noël, écrit par Alain ADE qui est également l'auteur de la série Le village français, principalement connue pour avoir été adaptée et diffusée sur France Télévisions. Je lis rarement des romans historiques, non pas que ça ne m'intéresse pas, mais surtout parce que je suis une bille en histoire et donc me perds souvent dans les personnages et les intrigues. Je fais donc une exception avec La commanderie, chaudement recommandé par l'amoureux en question et je dois un peu l'avouer, attirée comme beaucoup, par ce sujet un peu gossip du Moyen-Âge, le trésor des Templiers.

La légende des Templiers a déjà fait couler beaucoup d'encre et je crois que l'ambition de ce livre n'est pas d'apporter une nouvelle pierre à l'édifice. Bien que le mystère qui entoure le trésor des Templiers soit le fil conducteur de l'intrigue, j'ai trouvé que la résolution de l'énigme est finalement minoritaire face au décor qui se déploie sous nos mirettes. J'ai eu davantage l'impression de lire une tranche de l'Histoire et surtout d'assister au quotidien d'une commanderie, véritable scène de théâtre pour ces acteurs incontournables du Moyen-Âge que sont les hommes d'Eglise, les seigneurs et leurs princesses, les manants, les tenancières de bordel et les paysans travaillant dans les champs. Tous s'y croisent, nouent des pactes en dépit du respect des conventions et des rangs sociaux, se séduisent, s'entretuent, se trahissent et se rabibauchent. Ainsi, l'intrigue autour de la recherche du trésor des Templiers n'est finalement que le support qui permet à ces personnages d'être et d'agir, et qui permet au lecteur d'être le témoin d'une parcelle de la vie au Moyen-Âge. D'ailleurs, la recherche en elle-même du trésor n'est pas beaucoup exploitée et les énigmes qui jallonent la course au trésor sont résolues sans grande difficulté. Le suspense ne tient pas à ces étapes intermédiaires, mais plutôt à une résolution de l'énigme finale, qui nous tient forcément en haleine, de même que le dénouement de toutes les petites intrigues secondaires qui se sont nouées au fil du récit.

Pas besoin d'être un cador en Histoire pour comprendre l'intrigue. Les explications de mon amoureux ferru d'histoire m'ont été d'une grande aide au tout début pour comprendre le contexte historique mais je pense que l'on peut s'en sortir sans avoir ces informations et uniquement en se basant sur celles qui sont données par l'auteur au fil de la narration de l'histoire. Il s'agit d'un récit très romancé, et donc accessible au plus grand nombre. J'ai beaucoup aimé les personnages dont les traits sont approfondis. J'ai juste été un peu déçue par les personnalités des deux protagonistes, Thomas CORTEMAIN et Constance DE MONTET qui sont assez caricaturaux, le méchant qui devient gentil, la belle sans aucun défaut... J'ai préféré les personnages secondaires que j'ai trouvés plus authentiques et intéressants, comme le mèdecin SABET ou Aygline, une des servantes de la commanderie ou encore Barbe, la soeur de lait de Constance. Ces personnages m'ont vraiment transportée dans cette ambiance particulière du Moyen-Âge, j'ai aimé ce voyage dans le temps, même si je sais que la véracité historique doit être encore plus crue que ce qui est raconté. Je me suis attachée à leur quotidien, si rudimentaire mais dont la force tient à cette foi inébranlable et à cette volonté d'accomplir de grandes choses. Je me suis également sentie happée par le dénouement, la révélation du trésor bien sûr, mais aussi sur le destin de ces personnages qui me sont devenus familiers au cours du récit. Je pense qu'il est toujours difficile de donner une fin à ce genre d'intrigue, avec le risque de déplaire aux lecteurs. Pour ma part, je suis plutôt satisfaite du dénouement, même si j'aurais aimé qu'il soit autre. Mon conjoint a été plus déçu. Chacun se fera son propre avis...

Un livre peu connu mais que je vous conseille toutefois, autant pour les amateurs d'histoire que pour ceux qui n'y connaissent pas grand chose, comme moi. L'intrigue est suffisamment romancée pour que chacun y trouve son compte et soit transporté à la lecture de cet épisode éngimatique de notre Histoire de France.
Dernières infos.

La commanderie a été publié en 2010 et compte 381 pages. Une série télévisée, adaptée de ce livre d'Alain ADE, a été diffusée sur France 3 la même année (8 épisodes d'une cinquantaine de minutes). Si vous souhaitez en savoir plus sur la légende des Templiers, Secrets d'Histoire, l'émission de Stéphane BERN lui consacre un épisode : où est caché le trésor des templiers ?

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 55 - Livre dont l'action se déroule au Moyen-Âge - 17/100

dimanche 10 mai 2020

Mrs Dalloway - Virginia Woolf

En résumé.

Un jour de la vie d'une femme, voilà ce qui est raconté dans cet écrit de Virginia WOOLF. Pas n'importe quelle femme, Mrs DALLOWAY, femme anglaise, habitante de Londres, dans l'après Première Guerre Mondiale. Un jour de Juin 1923. Mrs DALLOWAY est en pleine préparation d'une réception qu'elle donne dans la soirée à laquelle est conviée toute la haute société. Cette réception est l'occasion de penser, au présent et au passé, aux gens dont elle a croisé la route. Comme une coïncidence, ce jour de Juin 1923 signe aussi le retour de Peter WALSH, l'ancien amant de Mrs DALLOWAY. Parti aux Indes, il rejoint Londres, emportant dans ses valises ses tourments et questions existentielles. S'il y en a un qui est également empêtré dans ses questions existentielles, c'est bien Septimus WARREN SMITH, lui aussi habitant Londres, ayant pris part à la guerre qui vient de s'achever, revenu vivant mais mort dans ses pensées. Des personnages qui offrent aux lecteurs leurs réflexions, leurs tourments et leur passé pendant quelques pages.

Mon avis.

Vous le savez peut-être, je suis une conditionnelle des livres édités par les Editions Tibert. Celles-ci proposent des textes de la littérature classique illustrés par des artistes de génie. Des couvertures chatoyantes et poétiques, une mise en page des plus élégantes et un grain de papier très agréable au toucher, voilà la promesse qui est faite au lecteur, et dans mon cas, ça marche. C'est donc tout naturellement que j'ai craqué pour cette version illustrée de Mrs DALLOWAY. Les illustrations proposées par Nathalie NOVI m'ont été d'une grande aide dans cette lecture qui m'a paru longue et fastidieuse.

La couverture des Editions Tibert résume à elle seule le contenu du récit : Mrs DALLOWAY dans ses pensées. Ici, pas d'intrigue, pas vraiment d'action, encore moins de rebondissements, rien que l'accès aux réflexions des divers personnages. Ainsi, le lecteur voyage d'âme en âme, parfois grâce à une pensée commune, ou un objet ou lieu commun. Pas de chapitre pour apporter un peu de rythme à ces confessions qui peuvent paraître interminables, un récit livré en bloc, qui alterne entre passé et présent sans marquer de ruptures, qui navigue entre plusieurs esprits et plusieurs lieux sans aucune ruptures là non plus. Je me suis vraiment sentie déroutée au cours des premières pages, ayant peur de ne pas comprendre l'intrigue et de passer à côté de cette oeuvre qui est pourtant très célèbre. J'ai également ressenti l'ennui. L'envie d'en découdre le plus vite possible pour passer à une autre lecture plus enjouée m'a encouragée à faire défiler les mots sous mes yeux à toute vitesse, ce qui n'est pas une bonne chose puisque c'est un texte qui ne se lit pas d'une traite mais qui se savoure, qui demande réflexion et méditation autour de ce qu'incarnent les personnages.

Finalement, je pense avoir compris le fil de l'histoire, mais demeure en moi l'impression d'être complètement passée à côté de cette oeuvre de la littérature anglaise. Alors je me raccroche désespérément aux deux trois petites choses que j'ai appréciées durant ma lecture. En premier lieu, la beauté du cadre, très floral, dans les illustrations de Nathalie NOVI mais aussi dans le récit de Mrs DALLOWAY. Les fleurs, la nature sont partout et servent de fil conducteur lorsqu'on saute de personnage en personnage. Ensuite, j'ai accroché à certains personnages, comme celui de Septimus WARREN SMITH, dont la profondeur d'âme contraste avec la superficialité apparente de Mrs DALLOWAY. Quand l'un tente de trouver un sens à sa vie, surtout après avoir enduré les horreurs de la guerre, l'autre ne pense qu'aux mondanités et à sa place au sein de la bourgeoisie anglaise. Ces personnages en disent long sur ce qu'est là société de l'après guerre : d'un côté, la joie qui inonde les rues de Londres et nourrit les soirées où il est obligatoire de s'amuser et d'un autre côté, la reconstruction difficile de ceux qui ont été sur le front et qui reviennent tellement bouleversés qu'ils ne trouvent plus leur place dans la société. Même si je n'ai pas su tous les comprendre car je manque de connaissances sur l'après-guerre et sur le style de Virginia WOOLF, je pense que ce livre est plein d'enseignements pour qui sait les décoder.

Je pense qu'entre ce livre et moi, ce fut un rendez-vous manqué. Pas le bon timing, pas le bon état d'esprit, ça arrive, dans toute vie de lecteur. Je ne regrette pas complètement toutes ces soirées à essayer de comprendre la plume de Virginia WOOLF, je sais désormais qui sont ces personnages qui peuplent les pensées de Clarissa DALLOWAY. A tous les amateurs de littérature classique anglaise, foncez ! Aux autres, réfléchissez-y à deux fois avant de foncer !
Dernières infos.

Mrs DALLOWAY a été publié en 1925 pour la version originale et compte 250 pages. Une adaptation au cinéma par Marleen GORRIS a été proposée en 1997. Si, comme moi, vous vous sentez un peu perdu lors de votre lecture, je vous conseille cette émission de France Culture, qui m'a apporté quelques éclairages bienvenus.

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 8 - Livre dont le titre contient un titre social - 16/100
* Les 100 livres à lire au moins une fois : 15/100

dimanche 26 avril 2020

La libraire de la place aux herbes - Eric De Kermel

En résumé.

Mère de deux grands enfants et mariée à un homme aimant, Nathalie, professeur de lettres pendant plusieurs années en région parisienne, décide de tout plaquer pour changer de vie. Suite à sa décision, la petite famille pose ses valises à Uzès, charmante petite ville du Gard. Nathalie y reprend une librairie sur la Place aux Herbes, place pittoresque aux arcades chargées d'histoire et qui invite à la flanerie. L'ouverture de la librairie est un succès, les lecteurs s'y succèdent et Nathalie devient au fur et à mesure des rencontres bien plus qu'une professionnelle du livre. Grâce à ses conseils lecture avisés, elle va peu à peu cotoyer l'intimité de ses clients et oser les guider sur le chemin du bonheur. Ce sont les destins de ces personnes qui ont changé sa vie qu'elle raconte dans ces quelques pages.

Mon avis.

Ce livre me faisait de l'oeil depuis quelques temps. Une couverture printanière et colorée, une histoire qui m'avait l'air de tenir la route, j'avais glissé ce livre dans ma liste des "Pourquoi pas ?". Le hasard est venu précipiter les choses puisque je reçus ce livre des mains de ma tante, contre une invitation à savourer un bon pot-au-feu. Déjà, le partage était présent avant-même la lecture du livre. Reçu en Novembre, je me gardais pourtant cette lecture toute fraîche pour l'arrivée des beaux jours.

D'emblée, je peux dire que cette lecture m'a laissé une impression mitigée. Du très bon et du très mauvais se côtoient durant ces quelques pages. Je vais essayer de commencer par le très bon. Déjà, le roman a quelque chose de très réaliste. On y côtoie des personnages simples et authentiques, à commencer par Nathalie, dont on pourrait croire qu'elle existe vraiment et qu'elle rédige vraiment une autobiographie. Le style d'écriture, la simplicité des événements narrés et le réalisme du contexte (petite ville du Sud de la France) nous amène à penser que l'on partage réellement le quotidien de cette libraire de la Place aux Herbes, même si l'on est vite rattrapé par le côté trop bienveillant pour être vrai dans un deuxième temps (j'y reviendrai plus tard). J'ai également apprécié la place et le rôle qui sont donnés à l'objet livre : celui-ci est errigé comme vecteur de bien-être, objet qui invite au voyage, au développement de soi, mais aussi révélateur d'une personnalité. En tant que passionné par la lecture et les livres, on ne peut qu'aller dans le sens de cette proposition et je dirais même que cela fait du bien de voir que le lecteur peut être considéré comme quelqu'un d'ouvert aux rencontres, au partage, et qu'il n'est pas seulement cette personne cérébrale, introvertie et solitaire qui est souvent le cliché du "petit rat de bibliothèque". Enfin, ce que j'ai le plus aimé est les conseils de lecture que distillent Nathalie au fil de ses rencontres. Ceux-ci sont récapitulés en fin de livre, ce qui est pratique si l'on veut essayer d'en lire quelques uns. Ces conseils de lecture s'orientent souvent vers des auteurs classiques mais il semblerait qu'il y ait d'autres pépites, méconnues, mais que je serais curieuse de découvrir à l'occasion. 

A présent, passons aux déceptions. Si je reste toujours un peu frileuse avec les livres qui s'orientent vers la catégorie "développement personnel", c'est que je trouve qu'il y a souvent trop de clichés à mon goût, du genre "il faut savourer l'instant présent", "il faut vivre ses rêves", "le partage et l'ouverture à l'autre sont la clé du bonheur". Je ne dis pas que ces conseils ne sont pas à suivre mais ils nient à mon avis tout une partie d'une réalité qui nous dépasse et si c'était si facile, nous le ferions déjà tous ! Je les trouve donc toujours un peu niais, et ce livre ne déroge pas à la règle. Si l'ambiance générale nous projette dans un monde réel, les rencontres avec les différents clients, qui constituent la majeure partie du livre puisque chaque chapitre est dédié à une rencontre, ont quelque chose d'irréel. La posture de Nathalie, en tant que sage, est elle-même irréelle et cela devient agaçant au fil des pages. On peine à croire que les problèmes avancés par ces gens peuvent être si vite résolus, juste avec l'aide de la libraire. D'autre part, les conseils qu'elle donne sont pour moi trop niais, bien pensants et dégoulinant de guimauve enrobée de caramel aux éclats de sucre. C'est dommage car ce côté prend trop d'importance au fil des pages et il vient finalement gâcher une idée qui aurait pu être bonne si elle en était restée au stade de rencontres et de partages d'expériences et lectures. Les personnages que la libraire rencontre ne m'ont pas vraiment marquée. J'en ai déjà oublié la plupart.

Je ne vais pas m'étendre davantage, vous l'aurez compris, une lecture en demie-teinte pour moi. Le réel intérêt de ce livre réside dans la découverte de nouveaux titres à placer dans sa Pile à Lire et dans l'hommage qui est rendu à l'objet livre.
Denières infos.

La libraire de la place aux herbes a été publié en 2017 et compte 278 pages.

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 42 - Livre dont le titre contient un nom de métier (libraire)

samedi 18 avril 2020

Mémé - Philippe Torreton

En résumé.

Au travers de ses souvenirs de jeune enfant et de grand adulte, Philippe TORRETON nous embarque dans un petit coin de Normandie à la rencontre de sa Mémé. Femme qui a connu la guerre, le divorce, le bonheur d'avoir des enfants et des petits-enfants, les fins de mois difficiles, les mains sales après avoir gratté la terre pour quelques navets, l'usine, la bricole et le mobilier en Formica. Femme de peu, à la vie anonyme, comme la plupart de nos Mémés, ayant habité la même Terre que nous mais ayant connu un autre monde. Femme ordinaire mais emblème de toutes nos Mémés.

Mon avis.

Je reçus ce livre des mains de mon amoureux il y a déjà quelques années. Bien plus que le thème, j'avais été alors attirée par les illustrations de Giovanna GIULIANO qui font vivre, avec beaucoup de grâce et de douceur, le texte de Philipe TORRETON dans cette version illustrée proposée par les éditions J'ai lu. Malgré tout l'attrait pour ce livre, il m'a fallu beaucoup de temps pour le sortir de ma Pile à Lire, attendant le bon moment et surtout le printemps pour faire honneur à cette couverture aux couleurs des fleurs nouvelles.

De Philipe TORRETON, je dois avouer que je ne connaissais pas grand chose, en dehors des grands poncifs, un homme médiatisé, compagnon pendant quelques années de Claire CHAZAL et comédien de la Comédie Française. Au vue de sa carrière bien remplie, il me reste encore beaucoup de choses à découvrir de lui. Cela dit, après la lecture de Mémé, je peux affirmer que je connais déjà trois choses supplémentaires à son sujet : il est normand, nous avons les mêmes grands-mères et il est un écrivain doué. Dans ce court récit, les souvenirs sont jetés pêle-mêle, sans suivre de fil conducteur autre que le déroulement d'une pensée tellement accaparée par l'émotion qu'elle ne peut plus suivre un raisonnement organisé. Les souvenirs font appel à tous les sens : l'odeur des pommes qui macèrent pour devenir cidre, le goût des plats traditionnels de Mémé, sa peau douce contre la joue, tous ses mots que l'on n'entend pas et le réconfort qu'on ressent quand on la voit. L'auteur décrit avec beaucoup de douceur et de respect l'univers de cette femme qui a courbé le dos toute sa vie sans rien demander. Les mots s'alignent, délicats et emplis de poésie, pour un dernier hommage à cette femme qui a eu un si grand rôle dans la vie de son petit fils.

L'émotion ressentie pendant ces quelques pages vient de la délicatesse des mots et tournures de phrases employées, mais aussi de ce qu'ils racontent. Mémé est mes grands-mères. Même si nous habitons toutes les trois à l'opposé de la Normandie, c'est le même genre de souvenirs qui nous habitent, des souvenirs universels qui font vibrer notre âme d'enfant et de petite-fille ou de petit-fils. Tout au long de ma lecture, j'ai eu la sensation de revivre ces passages, éclairs, ou traînant en longueur lors des repas de famille, chez mes mémés à moi, qui elles aussi ont courbé l'échine pour gagner trois fois rien, qui elles aussi ne disaient rien, trop occupées à respecter cette pudeur des anciens, qui elles aussi s'accomodaient des restes et des mêmes objets, jusqu'à la déformation de la cuillère à soupe trentenaire.Toutes ses façons de vivre, à l'opposé de ce que nous vivons actuellement, le consumérisme, le narcissisme, le besoin de faire savoir au monde entier que l'on existe, quitte à se rendre ridicule et à gaspiller les dernières ressources que nous offre généreusement notre nature. C'est aussi un point abordé par l'auteur et que je partage avec lui, cette humilité et modestie de nos mémés, trop discrètes pour faire savoir au monde qu'elles avaient raison sur toute la ligne.

Amoureux de votre mémé ou nostalgique d'une époque révolue, je vous conseille cette parenthèse de douceur. Elle ne vous prendra que quelques heures mais vous fera remonter le temps sans quitter le canapé ou le siège du métro, petite pause dans un quotidien où l'on perd l'essentiel.
Dernières infos.

Mémé a été publié en 2017 et compte 168 pages.

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 84 - Livre qui contient une citation (p.102 : Citation extraite du Bateau ivre de RAIMBAUD).

samedi 11 avril 2020

Les assassins - R.J. Ellory

En résumé.

1984. Alors que John Costello et sa petite-amie entament une histoire pleine de promesses du haut de leurs 16 ans, leur avenir est fauché en plein vol. Par un après-midi à l'atmosphère oppressante, dans la parc qui les a vus grandir, ils sont tous les deux attaqués par un serial killer qui se fait passer pour le Marteau de Dieu. La jeune fille meurt sur le coup. John Costello, gravement blessé, parvient toutefois à se remettre des coups qu'il a reçus. Néanmoins, sa santé mentale est entamée et sa vie ne sera plus la même à partir de ce jour fatal.

2006. New York. Ray Irving, inspecteur de police bougon et esseulé, est appelé pour enquêter sur plusieurs assassinats aux motivations mystérieuses. Victimes au passé irréprochable, mode opératoire différent pour chacun des meurtres et aucune trace suspecte sur les scènes de crime... Irving est vite dépassé par la situation et rattrapé par un journaliste du City Herald, journal de la ville, qui en sait déjà plus que lui. Cet homme, c'est John Costello, véritable mémoire vivante de l'histoire des serial killer. Il voit en ces assassinats l'oeuvre d'un seul homme, qui réédite d'anciens assassinats, à la date précise où ceux-ci ont été commis au cours des dernières décennies. Un duo inattendu est lancé sur la piste de l'homme qui fera trembler New-York pendant quelques mois.

Mon avis.

Après avoir terminé les Mémoires d'une jeune fille rangée de Simone DE BEAUVOIR, j'avais envie d'une lecture qui pepse, qui me tiendrait en haleine et que je dévorerais au soleil, ou en soirée, confortablement installée sous la lumière chaude de ma lampe de chevet. Je me suis instinctivement tournée vers un Dan BROWN, valeur sûre, et puis j'avais envie de me plonger dans un autre univers et de découvrir un nouvel auteur. Rien ne correspondait à mes envies capricieuses, ni dans ma Pile à Lire, ni dans ma Whish-List. Alors j'ai arpenté mes blogs chouchous pour enfin trouver LE livre qui me ferait passer des nuits blanches. Cette inspiration, je l'ai trouvée chez le fabuleux blog de Jostein, qui regorge de conseils lecture aux petits oignons. Quelques recherches supplémentaires, beaucoup d'avis positifs sur les livres de R.J ELLORY, emballé c'est pesé, Les assassins était sur ma Kindle.

Je ne suis pas une experte en thrillers, car j'en lis très peu, froussarde que je suis. Mon avis ne sera donc pas des plus affutés puisque je manque de références auxquelles comparer cette lecture. Néanmoins, je peux affirmer que je suis satisfaite de ce livre qui a entièrement comblé mes attentes. Malgré les 568 pages, je n'ai pas vu le temps passer et je me suis très vite prise au jeu. Seul le début, très sombre, où l'assassinat de la petite-amie de John Costello est décrit avec beaucoup de détails qui nouent l'estomac m'a un peu perturbée. J'avais peur que la suite serait aussi crue, avec un enchaînement d'assassinats tous plus violents les uns que les autres. Bien sûr, la suite est aussi violente mais tout n'est pas macabre, l'auteur a su injecter une dose d'humain qui adoucit l'ensemble et qui permet au lecteur de ne pas rester uniquement dans du thriller sanglant, notamment grâce à la compension que l'on ressent pour les personnages. Même si je sais qu'il a pu décevoir plusieurs lecteurs, le dénouement fut pour ma part une réussite, à tel point que j'avais l'impression que la scène finale se déroulait devant mes yeux, que je ressentais les émotions des personnages et mon coeur n'en pouvait plus, lui non plus, à l'approche de cette fin tant attendue.

Je trouve que le titre anglais convient mieux que le titre français, The Anniversary Man, puisqu'il résume à lui seul le coeur de l'intrigue. Cette enquête qui prend aux tripes l'inspecteur Irving, et par ricochet, qui nous prend aux tripes. L'enquête piétine, quelques petits rebondissemente émaillent le récit pour ne pas ennuyer le lecteur et le suspense est ménagé jusqu'au terme du livre. Au-delà du côté "page turner" inhérent à tout bon pollar qui se respecte, j'ai aimé les personnages qui permettent à ce récit de vivre et qui lui donnent une dimension très réaliste. Le personnage de l'inspecteur Irving est particulièrement attachant. Sa vie d'homme célibataire et casanier, aigri par un travail qui ne fait que ressortir le côté sombre de l'âme humaine, est véritablement secoué par l'entrée dans sa vie de John Costello, aussi seul que lui, mais dont la lucidité sur ce qui l'est est partciculièrement émouvante. Les deux vies entrent en résonance et on voit poindre, de façon très subtile, lors de quelques phrases jetées ça et là, une relation d'une infinie beauté, bien que toujours rendue précaire par cette question lancinante : et si Costello était l'homme recherché ? Est également abordée la question de la résilience de ces hommes et femmes qui ont eu affaire à des attaques de tueurs en série. Comment fait-on pour vivre avec ça, alors que le commun des mortels finit par oublier, avec le temps, ces assassinats et le nom des victimes. Et puis qui sont ces gens, dont le dessin est de tuer sans relâche ? Qu'éprouvent-ils ? Beaucoup d'autres écrits et professionnels de la psychiatrie ont déjà tenté de répondre à ces questions et ce livre n'a pas la prétention d'apporter une nouvelle pierre à l'édifice mais j'ai quand même trouvé intéressant que cet angle de vue soit proposé au cours de la lecture. Cela donne un petit côté documentaire à ce thriller aux multiples facettes. Dans la continuité, une autre question est soulevée, celle du marché noir qui se développe autour des actes des tueurs en série. Ces personnes qui collectionnent des photos des scènes de crime, des objets ayant appartenus aux tueurs en série et qui les revendent. C'est quelque chose que je ne connaissais pas, naïve que je suis, et qui m'a heurtée, le sordide n'a donc pas de limite... Il est également à noter que tous les assasssinats décrits dans ce livre, ceux qui appartiennent au passé du moins, ont véritablement eu lieu, ça fait froid dans le dos.

Je conseille cette lecture aux amateurs de sensations fortes, qui n'ont pas peur de quelques épisodes sanglants et qui ont envie d'un livre immersif et qui se lit vite. Grâce à plusieurs éléments, qui agrémentent et enrichissent l'histoire principale, cette lecture est autre chose qu'un thriller, c'est aussi une histoire d'êtres qui cherchent, se trouvent et se séparent, c'est aussi un documentaire sur l'univers troublant des tueurs en série.
Dernières infos.

Les Assassins a été publié en 2015 pour la version française (et 2009 pour la version originale) et compte 568 pages.

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 34 - Livre dans lequel apparaît votre mois de naissance ("Janvier", p. 283).

dimanche 5 avril 2020

Mémoires d'une jeune fille rangée - Simone de Beauvoir

En résumé.

Simone DE BEAUVOIR, célèbre écrivain et philosophe, principalement connue pour son ouvrage "Le deuxième sexe" et pour avoir fait avancer la cause des femmes, revient dans ce livre sur son enfance, son adolescence et l'entrée dans sa vie de jeune femme. Née dans une famille bourgeoise, d'une mère très pieuse et un peu pincée, et d'un père plutôt fantasque et passionné de théâtre, Simonde DE BEAUVOIR s'est peu à peu construite, tantôt en accord avec les idéaux de ses parents, tantôt en opposition. Ce sont véritablement les livres qui l'aident à avancer et c'est auprès d'eux qu'elle trouve des réponses aux innombrables questions qu'elle se pose. Ils jouent aussi le rôle de l'ami qui console lorsque la jeune Simone sera prise dans des tourments sentimentaux inextricables. De ses premières années à son obtention de l'agrégation de philosophie - année au cours de laquelle elle rencontre Jean-Paul SARTRE - nous découvrons, dans ces quelques pages, les éléments fondateurs de la pensée de cette grande intellectuelle française.

Mon avis.

De Simone DE BEAUVOIR, je ne connaissais pas grand chose à vrai dire. L'auteur du "Deuxième Sexe", oui, la compagne de Jean-Paul SARTRE, oui aussi, mais ça s'arrêtait là. C'est mon amoureux qui a d'abord lu ce bout d'autobiographie puis il me l'a conseillé, car certains passages lui faisaient penser à moi. C'est donc avec empressement et curiosité que je me plongeai dans cet écrit, à la recherche de réponses que je me suis moi-même posée il y a quelques années.

Difficile de donner un avis critique sur les écrits d'un intellectuel aussi charismatique et reconnu que Simone DE BEAUVOIR. Alors je vais juste livrer ici mon impression de lectrice, en toute humilité et sans prétention aucune. La première impression qui me vient est celle d'une lecture longue et laborieuse. Les premières pages, où elle raconte essentiellement son enfance m'ont vite lassée, je peinais à m'identifier à elle, petite fille née dans une famille bourgeoise et à l'éducation marquée par la religion chrétienne. Je ne maîtrisais quasiment aucune référence historique qui borde son récit, et donc je me suis trouvée bien en peine d'imaginer une ambiance à ses souvenirs. Cette impression de longueur s'est poursuivie tout au long de ma lecture, mais elle s'est un peu apaisée, avec l'évolution de Simone vers des raisonnements plus adultes et les nouvelles rencontres qu'elle fait au fil des années. Autant j'ai trouvé la narration de son amitité avec Zaza intéressante, autout la narration de sa pseudo-histoire d'amour avec son cousin Jacques m'a vraiment ennuyée et m'a paru interminable. Ce sentiment d'interminable est, je crois, renforcé par le fait que tout est rédigé d'un bloc. Le récit est seulement scindé en quatre parties qui correspondent peu ou prou aux ruptures qui viennent poser les jalons de l'évoluation de sa pensée. A l'intérieur de ces parties, au nombre de pages conséquent, aucun chapitre, seules quelques coupures imposées par les paragraphes. Là où les chapitres contribuent habituellement au rythme dans une histoire, ici la pensée se déploie de façon illimitée, selon le propre rythme de son auteur et le lecteur peut parfois s'y noyer.

La deuxième impression qui me vient est plus positive. J'ai vraiment apprécié certains passages, certaines réflexions dans lesquelles j'ai pu un peu m'identifier. Il va de soi que je n'ai pas l'intelligence de Simone DE BEAUVOIR mais là où nous nous rejoignons, c'est sur le côté humain, nous sommes toutes les deux des femmes. J'ai apprécié ces passages où elle raconte le bonheur que lui procurent les livres et surtout l'aide qu'ils lui apportent lorsqu'elle traverse des passages délicats. Même si je ne connais pas la moitié des références littéraires qu'elle donne (ou du moins, que de nom), j'ai aimé son rapport intime à ces histoires qui l'aident à se positionner dans la vie. J'ai aussi aimé la narration de ses épisodes dépressifs comme euphoriques car peu de gens connaissent ces montagnes russes désagréables, qui plongent l'être qui en est la victime tantôt dans le déssaroi le plus complet, tantôt dans la joie la plus intense. J'ai aussi aimé la personne qu'est Simone DE BEAUVOIR. J'ai aimé le fait qu'elle ne soit pas, durant ces premières années en tout cas (après je ne sais pas), uniquement tournée sur sa carrière professionnelle et sa réussite. Elle reste encore très influencée par les relations qu'elle noue, notamment avec ses amis, et ce sont celles-là qui la font souffrir ou qui sont au coeur de son épanouissement, plus que la réussite à je ne sais quel examen élitiste. 

La dernière impression qui me vient est la satisfaction. La satisfaction d'avoir rencontré cette femme dont je connais désormais un peu plus que les grands poncifs qui nous sont servis habituellement. Je ne suis pas sûre de me plonger dans l'immédiat dans un autre de ses livres, qui sont quand même des gros morceaux, mais d'ici quelques années, et si cela correspond à mon humeur, pourquoi pas.

Une lecture aux premières notes de longueur et d'ennui mais qui prend de la saveur et du caractère au fur et à mesure de la dégustation. Je vous conseille ce livre si vous avez envie d'en savoir plus sur cette femme que l'on ne présente plus. Préparez vous tout de même à une lecture laborieuse, ce n'est pas le genre de lecture divertisante que l'on lit au bord de la plage !
Dernières infos.

Mémoires d'une jeune fille rangée a été publié en 1958 et compte 473 pages.

Ma note.
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Défi lecture 2020 : Consigne 30 - Livre écrit par une femme (à lire durant le mois de Mars).
* Les 100 livres à lire au moins une fois (14/100)