dimanche 27 septembre 2020

Défi lecture 2020

Bonjour à tous !

Il y a trois ans, je participais au Défi Lecture et atteignais le petit score de 41 livres/80. Trois ans ont passé sans que je n'ai le temps de retenter ma chance, jusqu'à cette année 2020. Depuis, nous sommes passés à 100 livres ! Espérons que mon score s'améliore. C'est toujours Les lectures du Chatpitre qui propose ce challenge sur Livraddict, mais il faut savoir qu'il est d'abord organisé sur Facebook. L'objectif est simple :  répondre à 100 consignes au fur et à mesure de nos lectures. Seuls les romans comptent et un livre ne valide qu'une consigne. Le défi se déroule entre le 1er Janvier 2020 et le 31 Décembre 2020. Voici les différents paliers à franchir :

10 --> Pêcheur du Dimanche 
20 --> Marin-pêcheur expérimenté 
30 --> Guetteur des eaux tumultueuses 
40 --> Plongeur aventurier 
50 --> Sirène audacieuse 
60 --> Sous-marinier océanique 
70 --> Dragon des mers du Nord 
80 --> Selkies vangeresse
90 --> Scaphandrier des hautes mers
100 --> Kraken du fond de la PAL

J'espère au moins atteindre le stade de la sirène audacieuse, mais rien n'est moins sûr...

Pour finir voici les différentes consignes !

36/100

1.    Un livre qui entre dans 3 catégories des années précédentes.
2.    Livre dont le titre ne comporte aucun mot.
3.    Livre ayant au minimum 1000 pages.
4.    Livre ayant une référence à un musée (réel ou fictif) > chronique
5.    Livre qui a été censuré.
6.    Livre dont le personnage joue à un jeu vidéo.
7.    Livre que vous n'avez pas acheté > chronique
8.    Livre dont le titre contient un titre social. > chronique
9.    Livre dont le titre contient l'un des points cardinaux.
10.     Livre dont la couverture ne contient aucune couleur (noir, blanc, gris ou sépia). > chronique
11.     Un livre mentionnant un film réel > chronique
12.     Lire un auteur scandinave > chronique
13.     Livre où il y a plusieurs narrateurs > chronique
14.     Livre dans lequel il y a un mariage > chronique
15.     Livre contenant quelques illustrations > chronique
16.     Livre ayant été publié à titre posthume.
17.     Livre dont le titre contient un animal qui n'existe pas ou un personnage de conte de fée.
18.     Livre dont le titre contient une conjonction de coordination.
19.     Livre dont le titre contient le nom d'un objet de la maison > chronique
20.     Livre dont la couverture comporte des ailes > chronique.
21.     Livre dans lequel le personnage principal a un changement de vie > chronique
22.     Livre d'un auteur québécois.
23.     Livre de votre PAL/liste d'envies ayant la plus belle couverture.
24.     Lire un Western ou ayant pour thème les amérindiens.
25.     Livre dont le titre contient une négation.
26.     Livre dont le titre contient l'un des éléments du tableau périodique des éléments.
27.     Lire un recueil de poésie.
28.     Livre dont la couverture contient un signe religieux.
29.     Livre dont la couverture représente un paysage urbain.
30.     Livre écrit par une femme (à lire durant le mois de Mars) > chronique
31.     Livre d'un auteur coréen.
32.     Livre dont le titre contient plus de 8 mots > chronique
33.     Lire un roman historique.
34.     Livre dans lequel apparaît votre mois de naissance > chronique
35.     Livre dans lequel il y a une trahison.
36.     Livre parlant d'une catastrophe naturelle.
37.
     Joker.
38.     Coup de cœur.
39.     Lire un livre graphique.
40.     Livre dont le titre comporte un mot étranger > chronique
41.     Livre dans lequel on retrouve le mot "vide".
42.     Livre dont le titre contient un nom de métier > chronique
43.     Lire un livre qui contient un lien avec les arts picturaux.
44.     Livre dont le titre comporte un nom de végétal > chronique
45.    
Livre dont le titre comporte le nom d'un type d'habitation > chronique
46.    
Livre dont le titre comporte le nom d'une couleur > chronique
47.    
Livre dont le titre comporte un verbe à l'infinitif > chronique
48.    
Livre dont le titre comporte une unité de mesure.

49.     Livre dont la couverture contient une arme > chronique
50.     Livre dont la couverture contient un instrument de musique.
51.     Livre qui a été adapté au cinéma ou à la télévision.
52.     Lire un livre dans lequel il est mentionné une chanson réelle > chronique
53.     Livre ayant pour thème le sport.
54.     Lire un livre ayant pour thème l'esclavage.
55.     Livre dont l'action se déroule au Moyen-Âge > chronique
56.    
Livre dont l'action se déroule au XIXème siècle > chronique
57.     Un livre ayant pour thème la différence et/ou le handicap.
58.     Livre dont la couverture contient un objet avec lequel on peut écrire.
59.     Lire une biographie ou une autobiographie > chronique.
60.     Livre dans lequel on apprend quelque chose.
61.     Livre dont l'auteur a moins de trente ans.
62.     Lire le dernier livre d'un auteur.
63.     Livre dont le nom de l'auteur comporte des initiales.
64.     Livre dans lequel l'un des personnages ou l'auteur a le même prénom que vous.
65.     Lire le livre d'un auteur inconnu pour vous.
66.     Livre de l'un de ces auteurs : BALZAC, MORRISON, PAGNOL, DURAS, SAGAN et AYME > chronique.
67.     Livre dont le héros a une addiction.
68.     Livre dont le héros a 12 ans ou moins > chronique
69.     Livre dont le héros n'est pas humain.
70.     Livre avec un héros récurrent.
71.     Livre dont le héros est un agriculteur ou se déroulant dans le milieu rural.
72.     Livre dont les héros sont frères et/ou sœurs.
73.     Livre dont le personnage principal est médecin ou psychologue.
74.     Livre que vous avez lu hors de chez vous ou dans  un lieu insolite.
75.     Lire le livre d'un auteur avec lequel on aimerait bien flirter.
76.     Livre tiré d'une histoire vraie ou basée sur des faits réels > chronique
77.     Livre d'un auteur du pourtour méditerranéen (hors France).
78.     Lire une dystopie.
79.     Livre dont le titre contient le nom d'une gourmandise.
80.     Livre dont le résumé de la quatrième de couverture contient le nom d'une ville > chronique

81.     Livre qui évoque le milieu ouvrier.
82.     Livre que vous avez dû lire pendant vos études > chronique
83.     Le plus gros livre de votre PAL (nombre de pages). 
84.     Livre qui contient une citation > chronique
85.     Livre qui fait partie d'une saga > chronique
86.     Livre dont l'un des personnages a des problèmes de mémoire.
87.     Livre dont l'un des personnages est détective alors que ce n'est pas son métier > chronique
88.     Livre dont une scène se déroule à l'hôtel. 
90.     Livre ayant pour thème les relations mère/fille, mère/fils > chronique
91.     Lire un livre sans histoire d'amour.
92.     Livre avec une femme sur la couverture.

93.     Lire un huit clos.
94.     Livre ayant reçu un prix prestigieux (Goncourt, Pullitzer, Nobel).
95.     Lire un nature-writing.
96.     Lire le plus vieux livre de votre PAL ou liste d'envies.
97.     Lire un livre publié durant la décennie de votre naissance > chronique
98.     Livre qui vous a déçu.
99.     Lire l'un des 100 livres qu'il faut avoir lu dans sa vie.
100.   Lire dont le titre contient le mot "livre". 

samedi 12 septembre 2020

Le blé en herbe - Colette

En résumé.

Les Audebert et les Ferret, deux familles parisiennes plutôt bourgeoises semble t-il, ont l'habitude de passer leurs vacances ensemble, sur la côte bretonne. Leurs enfants respectifs, Philippe et Vinca, ont donc grandi ensemble, et ont développé, au fil des étés, une relation amicale profonde, quasi filiale. Âgés de 15 et 16 ans, ils entrent désormais dans l'adolescence et leur relation prend une tournure nouvelle. Chatouillés par leurs émois, ils se promettent qu'ils ne se sépareront plus jamais et même qu'ils se marieront. Un grain de sable vient toutefois contrarier leurs projets. Philippe fait la connaissance de Camille Dalleray, une jeune femme également en vacances sur la côte. Les deux gens se tournent autour, jusqu'à ce que Philippe succombe complètement face à la sensualité de cette dame en blanc. Vinca, ayant tout deviné des tourments de son fidèle ami, est gagnée par la jalousie. La relation Phil-Vinca est alors à considérer d'un nouvel œil, entachée par des problèmes qui appartiennent désormais à la vie d'adulte et non plus à l'enfance insouciante.

Mon avis.

J'ai lu pour la première fois ce très court roman à l'âge de Phil et Vinca, lors de mon année de Première. Je me souviens que mes copines et moi n'avions pas du tout apprécié cet écrit de Colette, et même les explications exaltées de notre professeur de Français ne réussirent pas à nous faire changer d'avis. Ce livre est resté sur les étagères de ma bibliothèque pendant toutes ces années, et j'ai décidé de l'en sortir sur un coup de tête, avec la curieuse envie de voir ce que j'en penserais, 11 ou 12 après.

Quand je suis en vacances, j'aime commencer ma journée avec un bon petit-déjeuner, savouré en compagnie d'une bonne lecture. C'est en général ce qui m'encourage à aller me coucher le soir, me dire que cet instant délicieux m'attend juste après ma nuit de sommeil. Ce rituel a été contrarié ces derniers jours par cette relecture laborieuse du Blé en herbe. Plutôt que de m'accompagner dans mon réveil, ce roman m’assommait et m'encourageait plutôt à aller me recoucher. Pas de doute, 11 ou 12 ans après, cette histoire de Phil et Vinca ne me convainc toujours pas. Même si j'ai fourni de réels efforts pour me concentrer sur le texte, savourer la beauté de la plume de Colette et m'imaginer ces paysages bretons éclairés d'une lumière estivale, j'avais l'impression de lire "à vide", c'est-à-dire d'entamer une phrase, d'en lire les quatre ou cinq premiers mots puis de partir dans mes pensées jusqu'à la fin du paragraphe, et là de me dire qu'il me fallait recommencer puisque je n'avais rien retenu de ce que je venais de lire. Et ça, à chaque page, ce qui est très lassant au bout du compte. Je ne sais comment me l'expliquer mais je me suis profondément ennuyée durant cette lecture. L'attachement aux personnages n'a malheureusement pas rattrapé le coup puisque je ne me suis pas vraiment projeté dans leurs émois d'adolescent, ayant passé l'âge peut-être. Toujours est-il que j'ai eu le sentiment de passer les phrases, tourner les pages sans en retirer grand chose, malgré le style travaillé de l'auteur qui s'attache à décrire au plus près le sentiment amoureux au travers de ses deux personnages.

Car tout n'est évidemment pas à jeter dans ce roman. D'ailleurs, rien n'est à jeter, c'est juste qu'il n'est pas à mon goût mais je suis sûre qu'il plaira à d'autres lecteurs qui seront séduits par la plume de Colette - une plume emplie de poésie et de grâce, métaphorique, qui laisse entrevoir les faits et gestes audacieux de Phil et Vinca au travers d'évocations édulcorées et imagées. Si le contenu du Blé en herbe ne fait plus débat aujourd'hui, tant ce sujet a été exploré par mille et un bouquins, films, BD et ne fait plus partie des débats de société, il a pu choquer à l'époque, justement à cause de cette écriture métaphorique qui parle en fait de l'initiation sexuelle de deux adolescents, bien qu'abordée avec beaucoup de pudeur. Un autre atout de ce livre est la réflexion autour du passage de l'adolescence à l'âge adulte, la perte d'innocence, l'envie de rapprochements physiques tout en gardant des moments de solitude et d'introspection pour justement analyser ces changements. Ces questionnements sont d'autant plus travaillés dans le livre qu'ils touchent deux êtres qui ont grandi ensemble, qui jouaient ensemble, se chamaillaient, se consolaient, se confiaient. Comment regarder cet attachement filial avec des yeux nouveaux, alors que l'envie d'un rapprochement physique semble s'imposer aux deux protagonistes ? Enfin, Le blé en herbe est un roman très visuel, des adjectifs de couleurs enrichissent souvent les descriptions : les yeux bleus de Vinca, les tenues blanches de Camille Dalleray... On parvient sans trop de difficulté à se projeter dans ces paysages bretons, chargés de nos outils pour partir à la pêche, les pieds dans l'eau fraîche et le dos installé contre des rochers inconfortables pour une pause bien méritée. C'est un livre qu'il faut lire en été, sans aucun doute, pour faire directement l'expérience de toutes les scènes propres à cette saison qui sont rapportées.

Un roman qui ne m'a pas convaincue et qui m'a profondément ennuyée, par deux fois. Néanmoins, je lui reconnais bien des qualités, dont le style travaillé de Colette. L'avantage est qu'il est assez court, vous pouvez donc vous faire votre propre avis en le lisant, la souffrance ne durera pas trop longtemps si jamais votre avis concorde avec le mien.
Dernières infos.

Le blé en herbe a été publié en 1923 et compte 96 pages. Il a été porté à l'écran en 1954 par Claude AUTANT-LARA.

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 82 - Livre que vous avez dû lire pendant vos études - 34/100

dimanche 6 septembre 2020

J'ai dû rêver trop fort - Michel Bussi

En résumé.

Nathalie, Nathy pour les intimes, 53 ans, hôtesse de l'air, mère de deux grandes filles et grand-mère de deux jumeaux intrépides, mariée à Olivier, son homme de bois et vivant dans une charmante maison-cabane en banlieue parisienne. A priori, une existence banale et joyeuse, faite de grandes réussites et petits chagrins. C'était sans compter le passé, le passé qui fait son grand retour et la tourmente, celui dont on cherche à se débarasser, que l'on enfouit sous des tonnes d'artifices, celui qui fait mal et qui fait voler en éclats une vie bien rodée. Il aura suffit d'une succession de coïncidences troublantes, des destinations qui s'enchaînent dans un ordre déjà vu, des bribes de chanson fredonnées par des inconnus, une pierre de temps qui apparaît et disparaît, pour plonger Nathalie 20 ans plus tôt, en 1999, date à laquelle elle a rencontré cet amour fusionnel mais dont elle a perdu la trace, pour ne faire souffrir personne. Pendant vingt ans, elle a fermé les yeux, s'est accrochée à l'amour qu'elle porte à ses filles et son mari, un amour sage et prévenant, celui d'une mère prête à tout pour rendre heureux ses proches. Pourtant, elle n'a jamais cessé de penser à son amant, rencontré à la fois trop tôt et trop tard, aimé d'un amour de femme, puissant et dévastateur. L'heure du bilan est arrivé, imposé par un autre qu'elle, un inconnu qui s'amuse à tirer les ficelles, en coulisses, de cette machinerie infernale.

Mon avis.

Tout comme la lecture d'un Victoria HISLOP, la lecture d'un Michel BUSSI est désormais un incontournable de l'été. Après Un avion sans elle, Le temps est assassin et On la trouvait plutôt jolie, j'ai choisi pour cet été l'une de ses dernières parutions, J'ai dû rêver trop fort, un livre parfait pour l'été, qui nous fait voyager aux quatre coins de la planète sans perdre le moindre centime ni prendre le moindre risque, du suspense, de l'amour, un moment de lecture agréable, sans toutefois casser des briques. Je vous explique.

Je ne peux pas dire que ce livre n'a pas rempli sa mission : je voulais être dépaysée, je voulais du suspense sans pour autant me prendre la tête, et surtout je voulais que les pages s'enchaînent sans faire le moindre effort, sans me dire "Mon dieu que c'est long !" Tout ça, Michel BUSSI me l'a apporté sur un plateau ! Le cadre de l'intrigue est plutôt plaisant puisqu'on voyage au frais de la princesse, passant de Montréal à San Diego puis de Barcelone à Jakarta. Grâce aux descriptions des lieux par Nathalie, on n'a pas de mal à s'y croire, à se figurer une ambiance et cela nous projette dans cette course effrénée, à ses côtés. Quant à son histoire, elle est plutôt bien construite et rythmée entre les alternances passé/présent qui contribuent au fil du récit à casser le suspense de certaines scènes pour mieux y revenir par la suite et donc à maintenir le lecteur en haleine. Dès les premières pages, on ne peut s'empêcher de nous demander ce que signifient toutes ces coïncidences et surtout d'où elles viennent, quelle est la personne derrière tout ça et pourquoi. Ces questions nous amènent à tirer des conclusions hâtives, à partir sur de multiples pistes, à découvrir petit à petit de nouveaux indices qui finissent toujours par nous induire en erreur. J'ai trouvé que le dénouement était plutôt réussi dans le sens où je ne m'y attendais pas, mais tout comme l'ensemble du livre, il aurait mérité d'être un peu plus travaillé pour ne pas paraître aussi grossier.

Durant toute ma lecture, je n'ai pas pu me départir de cette impression que Michel BUSSI a écrit cette histoire à la hâte, alignant tous les ingrédients pour une recette à succès : de l'amour, quelques scènes osées, des personnages assez banals mais qui ont ce petit truc en plus et du suspense pour maintenir le lecteur éveillé. Cette histoire fabriquée de bric et de broc, cochant les cases d'un formulaire pré-établi manque, pour moi, de profondeur. J'ai le sentiment d'avoir effleuré plein de choses, me balladant de personnage en personnage, de rebondissement en rebondissement, sans pour autant trouver de point d'ancrage. Je ne me suis malheureusement attachée à aucun des personnages, que j'ai trouvés surfaits, les ayant déjà croisés dans d'autres romans du même type, certains de leurs agissements étant même un peu niais et grotesques. Quelques passages tirent un peu en longueur, avec une tendance de Nathalie à radoter sur ses regrets, ses doutes et ses craintes, sans que cela n'apporte pas grand chose à l'ensemble. L'impression là encore qu'il fallait noircir les pages... Ainsi, une impression générale de superficiel, avec même l'idée au tiers du livre que je ne pourrais pas le terminer. Heureusement, j'étais au creux de la vague, les rebondissement ultérieurs m'ont encouragée à poursuivre ma lecture.

Une lecture mitigée en somme, parfaite si l'on souhaite se plonger dans une histoire à suspense sans toutefois se prendre la tête pour retenir mille et un personnages, mais le genre d'histoire qui va, s'imprègne le temps de la lecture, puis s'en va une fois le livre refermé.
Dernières infos.

J'ai dû rêver trop fort a été publié en 2019 et compte 541 pages.

Ma note.
Challenges.

100 livres à lire en 2020 : 33/100
Défi lecture 2020 : Consigne 47 - Livre dont le titre comporte un verbe à l'infinitif - 33/100

samedi 22 août 2020

Une dernière danse - Victoria Hislop

En résumé.

Jeune londonienne passionnée par la danse, Sonia se rend avec son amie à Grenade afin de perfectionner leurs techniques de salsa, mais aussi de se familiariser avec l'un des emblèmes de l'Espagne, le flamenco. La jeune femme prend rapidement ses aises dans cette ville chaleureuse et énigmatique. Lors d'une promenade dans les ruelles de Grenade, elle s'arrête dans un café, El Barril et fait connaissance avec le patron, Miguel, qui lui laisse entrevoir le passé trouble de la ville, ravagée quelques années plus tôt par l'armée de Franco. Si Sonia souhaite en savoir davantage, elle est contrainte de rentrer chez elle. Là, elle retrouve un mari froid et distant, ayant progressivement plongé dans l'alcool alors que son cœur ne pense plus qu'à Grenade. Une visite chez son père est déterminante puisqu'elle retrouve des photos de sa mère en danseuse et apprend que cette dernière, aujourd'hui décédée, avait des liens avec Grenade. Cet ensemble de coïncidences conduisent la jeune femme à effectuer un second séjour là-bas, bien décidée à écouter le vieux Miguel lui narrer l'histoire de la famille qui a tenu ce café pendant de longues années, la famille Ramiréz. Cette plongée dans le passé, assombri par les années de guerre civile sera un choc pour Sonia et marquera un tournant décisif dans sa vie.

Mon avis.

C'est désormais un incontournable de l'été, la lecture d'un Victoria HISLOP. Après L'île des oubliés qui nous amène sur l'île de Spinalonga au large de la Crète, puis Le fil des souvenirs qui nous plonge dans le passé de Thessalonique, Une dernière danse change de destination et nous fait voyager jusqu'en Espagne, à Grenade plus précisément mais d'autres villes sont également évoquées au fil du récit. En ces temps où les voyages sont peu recommandés, ce livre offre au lecteur un dépaysement bienvenu, tant dans l'espace que dans le temps.

Au niveau de la forme, ce livre n'est pas bien différent des autres. C'est une spécialité de l'auteur, débuter le récit par la présentation de personnages actuels, qui en sont souvent à un tournant de leur vie (un mariage, un divorce, une naissance) et qui ont besoin de se référer aux origines pour pouvoir à leur tour tracer leur voie. Cette quête des origines est ensuite l'occasion d'évoquer le passé d'une ville, d'une île la plupart du temps situés sur le pourtour méditerranéen. Ici, j'ai trouvé cet aller-retour entre présent et passé un peu maladroit, voire caricatural. Si le personnage de Sonia est vraiment développé pendant les cent premières pages, on finit par ne plus la côtoyer et ce n'est que dans les toutes dernières pages qu'on la retrouve pour d'ultimes révélations. C'est un personnage qui n'apporte finalement pas grand chose à l'ensemble et qui plombe même l'histoire puisqu'il paraît artificiel et caricatural, en décalage avec l'authenticité de la famille Ramiréz. Le dénouement paraît aussi un peu tiré par les cheveux et vient gâcher les trois quarts du livre qui sont pour leur part émouvants et qui auraient été suffisants pour satisfaire le lecteur. C'est un livre dense, qui traîne en longueur, ce qui n'est pas forcément négatif dans la mesure où on prend le temps de découvrir les personnages et de s'imprégner de leurs âmes et de leurs vécus.

Si la présence de Sonia m'est apparue un peu bancale, j'ai été complètement séduite par la partie plus historique de l'intrigue, qui occupe une large part du récit. Le style d'écriture de Victoria HISLOP est tout en simplicité et permet d'aborder des faits historiques dramatiques avec beaucoup d'humanité tant les personnages qu'elle développe sont fidèles à une certaine réalité et incarnent d'autres anonymes qui ont vraiment existé. Ainsi, j'en ai appris beaucoup sur la venue au pouvoir de Franco et surtout, sur la guerre civile espagnole sans avoir l'impression de faire un quelconque effort pour m'y intéresser. Point de dates, de noms de personnes que l'on ne retiendra pas, juste la narration de la petite histoire pour évoquer, en fond, la grande Histoire. Moi qui ne connaissais pas grand chose à cette guerre, je suis ravie d'en savoir désormais un peu plus et cela m'a même donné envie de m'y intéresser davantage. Je me suis sentie complétement immergée dans les lieux décrits, comme si je montais dans une machine à remonter le temps à chaque fois que j'ouvrais le livre. J'ai également beaucoup apprécié le fait que la famille Ramiréz soit si authentique : elle aussi a eu son lot de malheurs et en cela, elle est représentative de milliers de familles espagnoles qui n'avaient rien demandé et qui se sont retrouvés endeuillées de façon totalement injuste. Souvent, dans ce type de roman, les morts pleuvent autour des protagonistes mais ceux-ci finissent toujours par bien s'en sortir et ne sont finalement que peu touchés par les atrocités de la guerre. Ici, il n'en est rien, au contraire, la famille Ramiréz a été très touchée et cela rend hommage à une certaine vérité historique.

En conclusion, je n'ai pas été convaincue par tous les choix narratifs de l'auteur mais dans l'ensemble, j'ai beaucoup apprécié ma lecture d'Une dernière danse. Cela confirme ce que je disais plus haut, les Victoria HISLOP sont une valeur sûre pour qui souhaite voyager sans quitter le transat !
 Dernières infos.

Une dernière danse a été publié en 2008 pour la version originale et compte 453 pages. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur la guerre civile espagnole, je vous conseille cette vidéo de Nota Bene qui nous donne un bon aperçu de la situation sans être assommante. Voici un autre lien vers une vidéo un peu plus concise et ici sur l'histoire du flamenco.

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 7 - Livre que vous n'avez pas acheté - 31/100 (je l'ai emprunté à la médiathèque)

samedi 8 août 2020

Beignets de tomates vertes - Fannie Flagg

En résumé.

Evelyn Couch traverse une crise existentielle. A l'approche des cinquante ans, elle dresse le bilan de sa vie, de sa relation platonique avec son mari et noie ses regrets dans des sucreries qui entretiennent un embonpoint qu'elle n'assume plus. Les visites dominicales à la belle-mère, placée à la maison de retraite de Rose Terrace ne font qu'aggraver les choses puisqu'elles ne cessent de rappeler à Evelyn ce qui l'angoisse le plus : vieillir. S'echappant régulièrement de la chambre de la vieille dame pour dévorer ses sucreries dans le hall commun, elle fait la rencontre de Mrs Threadgoode, une dame de 86 ans, très bavarde sur le quotidien de la maison de retraite, mais aussi sur son passé. L'évocation de ses souvenirs de vie à Whistle Stop, petit village reculé d'Alabama, entre les années 30 et 70, permettent progressivement à Evelyn de s'évader de ses préoccupations et de se réconcilier avec son passé pour aller de l'avant.

Mon avis. 

Déçue il y a quelques années par ma lecture de Miss Alabama et ses petits secrets, je ne pensais pas un jour retenter l'expérience Fannie FLAGG. J'ai finalement revu ma copie lorsque j'ai appris qu'un film, Beignets de tomates vertes, existait et souhaitant le visionner, je préférais lire le roman au préalable. Ce fut une bonne surprise, à tel point que j'ai eu l'impression que ce n'était pas la même personne qui avait rédigé les deux romans.

L'entrée dans le roman est un peu déroutante puisqu'on suit réellement deux histoires : d'une part celle d'Evelyn Couch et Mrs Threadgoode, en 1986 ; d'autre part celle de la famille Threadgoode et plus globalement du village de Whistle Stop entre les années 30 et 70. Afin de rendre cela possible, les chapitres sont écrits selon trois points de vue : celui de Mrs Threadgood qui raconte, sous forme de monologue le plus souvent, ses souvenirs à Evelyn, celui de Dot Weems, habitante de Whistle Stop qui rédigeait à cette époque-là une gazette reprenant les actualités du village et enfin, celui du narrateur externe. Si on a du mal à s'y retrouver au début, les choses finissent par s'agencer plutôt bien et c'est finalement une richesse que d'avoir ces trois points de vue. Le narrateur externe complète les souvenirs de Mrs Threadgoode qui restent, bien évidemment, subjectifs et qui manquent parfois d'information. De même, la page de la gazette nous plonge encore plus dans le passé et renforce l'authenticité des événements narrés. Si je me suis faite à ces changements de point de vue au fil des chapitres, en m'aidant des dates mentionnées par l'auteur, j'ai eu plus de difficultés à me repérer dans les personnages. Ils sont vraiment nombreux, entre la famille Threadgoode qui compte neuf enfants si mes souvenirs sont bons, le personnel qui travaille au sein du café ouvert par une des filles de la famille, Idgie Threadgoode, puis leurs enfants, les gens de passage, le shérif du village, etc. Face à ce flot d'informations, je me suis surtout focalisée sur les histoires des personnages qui m'intéressaient le plus, à savoir Idgie et Ruth, sa compagne, Frank Bennett, Railroad Bill et Evelyn Couch.

Les destins de tous ces personnages finissent par se croiser et par se retrouver, pour former cette ambiance si particulière de ce petit village de l'Alabama à une époque marquée par les chamboulements sociaux. Si l'on a vraiment affaire à un roman retraçant la destinée de ses personnages, on sent, en toile de fond, le contexte qui oriente ces mêmes destinées. D'abord, la crise de 1929 qui accroît la pauvreté et qui voit le nombre de vagabonds augmenter, tous venant trouver refuge au café tenu par Idgie et Ruth qui n'hésitent pas à offrir le couvert et un peu de travail aux plus démunis. Ensuite, la question raciale avec la menace du Ku Klux Klan, et l'expulsion des personnes noires, qui trouvent également auprès de la famille Threadgoode une protection sans faille. Enfin, il y a la désertion progressive de ces territoires, nés des chemins de fers, ayant connu l'apogée et puis qui déclinent lorsque les réseaux ferroviaires ferment et lorsque les grandes villes, comme Birmingham pour l'Alabama, se déploient de plus en plus et attirent une population auparavant rurale. Malgré ces sujets assez durs, le roman donne une impression de douceur, comme si Whistle Stop était une sorte de bulle, une parenthèse dans un contexte marqué par la violence et la pauvreté, ses membres incarnant une humanité sincère et authentique, face à un mouvement souhaitant justement diviser les hommes et aller vers plus d'invidualisme. Seul regret, j'aurais aimé que la question de l'homosexualité, simplement évoquée au travers des personnages d'Idgie et Ruth, soit davantage traitée, on devine, notamment chez Ruth, le poids des conventions sociales mais c'est dommage de ne pas avoir plus approfondi le sujet. J'ai apprécié de croiser la route de ce roman sans prétention, qui offre au lecteur une immersion dans une partie de l'histoire américaine au travers de personnages travaillés, aux personnalités fortes et engagées. Si certains passages peuvent sembler rébarbatifs, d'autres nous tiennent en haleine, et l'auteur aboutit ainsi à une forme d'équilibre qui, je pense, peut plaire au plus grand nombre.

En conclusion, un roman agréable, qui peut peut-être dérouter sur sa forme dans un premier temps mais dont le fond est travaillé et qui offre un aperçu de la vie dans un coin reculé de l'Alabama à une époque particulière de l'histoire des Etats-Unis. Je vous le conseille, vous ne perdrez pas votre temps !
Dernières infos.

Beignets de tomates vertes a été publié en 1987 et compte 466 pages. Il a été adapté au cinéma en 1991 par Jon AVNET.

Ma note.
Challenges.
Défi lecture 2020 : Consigne 44 - Livre dont le titre comporte le nom d'un végétal - 29/100