samedi 23 janvier 2021

Americanah - Chimamanda Ngozie Adichie

En résumé.

Ça y est, après des années passées sur le sol américain, Ifemelu décide de rentrer au pays, à Lagos, cette ville du Nigéria qui l'a vue grandir. Alors qu'elle rentre dans un salon de coiffure africain pour se faire faire des tresses, les souvenirs la submergent, à quelques heures du départ. D'abord, son enfance, toujours tournée vers le futur et le projet de partir un jour, immigrer dans le monde anglo-saxon pour ses études. L'adolescence, la vie étudiante au Nigéria et la rencontre avec Obinze, l'amour de sa vie. Puis la cassure, le départ pour rejoindre les Etats-Unis. La pauvreté, le système D, la dépression et les jours meilleurs, les études à Philadelphie, les amours qui se succèdent, loin du cœur d'Obinze resté au pays. Ifemelu, bien que femme accomplie et engagée avec la tenue de son blog sur les Africains immigrés aux Etats-Unis, décide de tout quitter, peut-être qu'une nouvelle vie l'attend à Lagos, peut-être auprès d'Obinze bien que le jeune homme soit devenue époux et père.

Mon avis.

Americanah aura été mon premier roman de l'année 2021. Un livre que j'ai longtemps croisé un peu partout, sur les étals des librairies, dans les mains de voyageurs dans le train pour finalement l'emprunter dans ma médiathèque. Un roman que j'étais pressée de découvrir, d'une part parce que son auteur est nigériane, ce qui me change de mes habitudes, d'autre part parce que j'étais curieuse de me faire mon propre avis, suite à son succès. Finalement, un bilan en demi-teinte.

Je vais commencer par le négatif, pour finir par le positif. Americanah est un pavé, un gros pavé. Plus de 500 pages pour la version grand format, écrites en tout petit. Et ce qui sûr, c'est qu'on les sent bien passer ces 500 pages. J'ai vraiment été freinée dans ma lecture par la longueur de certains passages. L'auteur ne laisse rien au hasard, elle détaille tout, et s'étend sur la vie de chaque personnage qu'a croisé Ifemelu dans sa vie. C'est à double tranchant. D'un côté, c'est très riche, d'au autre côté, certaines anecdotes ou personnages n'apportent pas grand chose au récit et finissent par l'alourdir. J'aurais aimé que l'ensemble soit un peu plus concis. Bien des fois, j'ai eu cette impression désagréable de ne pas avancer dans ma lecture et de n'en voir jamais la fin.

Du côté du positif, je dirais que malgré ces longueurs, l'ensemble reste tout de même dynamique. Chimamanda Ngozie ADICHIE a incontestablement des choses à dire, sur ses personnages, sur la vie au Nigéria, sur la vie aux Etats-Unis vue par une Nigériane, sur le racisme, sur l'immigration. Ce roman n'est pas juste un roman, il a aussi un côté essai sociologique. La galerie de personnages est assez impressionnante, d'Ifemelu à ses parents, de ses petits-amis américains à Obinze, de Tante Uju à Dike, son cousin. Chaque personnage amène une dimension supplémentaire à la vaste fresque dressée par l'auteur, que ce soit du côté nigérian ou du côté américain. Ainsi, les chapitres ne sont jamais vides, ils dépeignent toujours à la fois le caractère d'un personnage mais ont aussi l'objectif de présenter une analyse de la société nigériane ou américaine. Il y a aussi la question de l'identité et de comment elle peut se transformer en fonction de notre environnement. On voit tous les personnages évoluer, en particulier Obinze et Ifemelu, avec cette peur qui ne les quitte pas, celle d'avoir changé justement et de s'être tellement adapté à un milieu qu'il ne pourront plus s'adapter à l'autre milieu, celui qui les a pourtant façonnés. Enfin, nous suivons l'histoire d'amour d'Ifemelu et d'Obinze. C'est très certainement ce que j'ai le plus apprécié dans ce roman. J'ai particulièrement aimé le personnage d'Obinze, bien plus qu'Ifemelu d'ailleurs. Et je dois dire que je n'ai pas pu me déscotcher de la fin du livre, tournant les pages avec avidité, pour connaître l'issue finale de leur relation. Je qualifierais celle-ci de très sensible, avec un petit côté magique, deux âmes qui se sont trouvées et c'est beau à lire.

En somme, bien que déçue par des passages trop longs et des anecdotes trop ennuyantes, j'ai été séduite par certains personnages, en particulier Obinze, et par la relation qui le lie à Ifemelu. J'ai d'ailleurs été plus conquise par le côté humain et le développement des personnages que par le côté analyse sociologique. C'est un récit sérieux et ambitieux. A vous de voir si vous êtes prêts à passer du temps sur cette lecture, à son image, il demande temps et concentration.
Dernières infos.

Americanah a été publié en 2015 pour la version française et compte 528 pages.

Ma note.
Challenges.

* Défi lecture 2021 : Consigne 74 - Un livre d'un auteur du Commonwealth - 1/100
* En 2021... Je voyage : Nigéria (+ 20 points)

dimanche 17 janvier 2021

Journal d'un vampire en pyjama - Mathias Malzieu

En résumé.

Fin 2013, Mathias MALZIEU, chanteur au sein du groupe Dionysos et écrivain de talent, apprend qu'il est atteint d'une maladie auto-immune, l'aplasie médullaire. Une maladie qui résulte d'un dysfonctionnement de la moelle osseuse et qui entraîne des hémorragies importantes ainsi qu'une augmentation du risque infectieux dans la mesure où le corps ne dispose plus de défenses efficaces pour se protéger des attaques extérieures. Ce danger permanent arrive au moment où l'artiste est au sommet de sa carrière, prêt à entamer la promotion de son film La mécanique du cœur auquel il tient beaucoup. Bien qu'épuisé et à bout de souffle, il refuse dans un premier temps de se laisser abattre par cette maladie. Mais la situation s'aggrave, les séjours à l'hôpital se multiplient, certains en chambre stérile, les besoins en transfusion sont permanents et le traitement mis en place est un échec, une greffe de moelle osseuse doit donc avoir lieu. Avec cet écrit, Mathias MALZIEU fait part au lecteur de tout son parcours, de la découverte de la maladie à la guérison, mais rend aussi hommage aux personnes qui l'ont accompagné tout au long de cette épreuve.

Mon avis.

Ce livre fut ma dernière lecture de l'année 2020. C'est plutôt ironique de finir sur le thème de la maladie après une année à l'actualité sanitaire très chargée. Je me réservais cette lecture pour mes vacances, ayant envie d'avoir tout le temps de savourer la prose de Mathias MALZIEU, artiste de génie à mes yeux, peut-être mon auteur préféré, tant j'admire son imagination et sa plume, toujours aussi poétique et audacieuse. Malgré le thème général du livre peu réjouissant, ce livre ne fait pas exception, il nous amène encore une fois sur le terrain de la poésie avec beaucoup de malice et d'humilité.

Les livres de Mathias MALZIEU sont toujours plutôt courts, un peu frustrant je l'avoue, mais toujours puissants. Celui-ci ne déroge pas à la règle tant il nous fait vivre de multiples émotions. Des moments émouvants quand l'artiste découvre sa maladie mais aussi tout au long de la lutte avec son propre corps, l'imaginer diminué, seul dans une chambre stérile avec la peur au ventre, assister aux hommages rendus aux soignants qui ont tout fait pour lui redonner le sourire. Des moments de peur lorsqu'il évoque l'aggravation de la maladie, la recherche d'un donneur compatible pour une greffe de moelle osseuse. Et puis la joie de lire sa poésie, de le voir se remettre petit à petit, de prendre son skate et de faire le tour de l'Islande avec. Bien que l'émotion soit présente et que le thème ne soit pas des plus joyeux, ce livre n'est en aucun cas larmoyant. L'objectif n'est clairement pas de faire pleurer dans les chaumières, plutôt relater les mois d'un combat particulier et écrire pour survivre. C'est sa créativité et son imagination inépuisable qui semble avoir eu raison de sa maladie. Tourner en dérision le jargon médical, inventer le personnage de Dame Oclès pour signifier l'imminence de la mort et se réfugier dans un univers onirique, créer des histoires et des personnages farfelus, c'était sa force. 

C'est un livre tout en modestie, on a l'impression d'avoir affaire à l'homme plutôt qu'à l'artiste. Il nous laisse entrer dans son intimité, son appartenant à son image, poétique et enfantin, sa relation avec Rosy et son image physique qui se dégrade au fur et à mesure que la maladie s'empare de lui. Il évoque aussi tous les personnages qu'il a pu créer et les histoires qu'il a pu inventer. L'ironie de son personnage phare Jack dans La mécanique du cœur, jeune homme ayant lui-même subi une greffe du cœur, une horloge remplaçant son véritable organe. En lisant son livre, je me suis rendue compte du poids du destin qui est particulièrement présent chez lui, comme si une partie de ce qu'il avait entrepris jusque là semait des indices qui le mènerait vers cette maladie rare. Ce récit se situe à la croisée des genres littéraires, les éléments autobiographiques en constituent bien sûr l'ossature mais Mathias MALZIEU vient agrémenter l'ensemble de touches de fiction, comme si l'on avait affaire à un personnage sorti de nulle part, ce vampire en pyjama qui s'amuserait à aspirer le sang de ses congénères depuis sa chambre stérile.

Vous pouvez ouvrir ce livre sans crainte, agréable moment de lecture garanti. N'ayez pas peur du thème de la maladie, certes peu enthousiasment en ce moment, le talent de l'auteur est tel qu'il saura vite vous détourner d'une possible morosité.
Dernières infos.

Journal d'un vampire en pyjama a été publié en 2017 et compte 251 pages (sans compter la partie "Carnet de bord" sur son voyage en Islande en skateboard). 

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 75 - Lire le livre d'un auteur avec lequel on aimerait bien flirter - 51/100

mercredi 13 janvier 2021

Défi lecture 2021

Bonjour à tous !


Il y a trois ans, je participais au Défi Lecture et atteignais le petit score de 41 livres/80. J'ai réitéré l'expérience en 2020 et j'ai pu attendre les 52 consignes validées sur 100, très certainement aidée par les mois de confinement. Un peu frustrée par mon score, je me lance de nouveau dans ce challenge, avec l'espoir évident de faire mieux ! C'est toujours Les lectures du Chatpitre qui propose ce challenge sur Livraddict, mais il faut savoir qu'il est d'abord organisé sur Facebook. L'objectif est simple :  répondre à 100 consignes au fur et à mesure de nos lectures. Seuls les romans comptent et un livre ne valide qu'une consigne. Le défi se déroule entre le 1er Janvier 2021 et le 31 Décembre 2021. Voici les différents paliers à franchir :

10 --> Poisson volant téméraire 
20 --> Fée aventurière 
30 --> Elfe tenace
40 --> Oiseau de feu timide
50 --> Pégase insatiable 
60 --> Dragon vengeur
70 --> Sombral mystérieux
80 --> Hippogriffe entreprenant
90 --> Oiseau-tonnerre audacieux
100 --> Ikran infatigable

Pour finir voici les différentes consignes !

1/100

1. Un livre dont le titre contient un palindrome.
2. Une lecture commune.
3. Un livre SFFF.
4. Un livre dont le titre contient un caractère spécial (#, @, (), []).
5. Un livre d'un auteur de l'ex URSS (hors Russie).
6. Lire une intégrale.
7. Un livre féministe écrit par un homme.
8. Un livre contenant entre 180 et 210 pages.
9. Un livre dont le titre évoque une saga familiale.
10. Un roman gothique.
11. Un livre LGBTQIA*
12. Un livre dans lequel le nom d'un journal réel est cité dans le texte.
13. Un livre se déroulant dans les années 1920.
14. Une pièce de théâtre.
15. Un livre numérique ou audio.
16. Un roman contenant une recette de cuisine.
17. Un livre dont le nom et le prénom de l'auteur contient le même nombre de lettres.
18. Un livre qui a un titre et un sous-titre.
19. Un livre dont l'histoire se déroule dans l'espace ou sur une autre planète.
20. Joker.
21. Un livre faisant référence à un jeu de cartes.
22. Coup de cœur du staff.
23. Un livre provenant d'une maison d'édition du pays dans lequel on vit.
24. Un livre de la PAL des administrateurs.
25. Un livre dont le titre mentionne un des 7 pêchés capitaux.
26. Un livre dont le titre contient un nombre premier.
27. Lire un livre dont l'auteur a le même prénom qu'une administratrice.
28. Lire la suite d'un livre qui a été intégré au Défi lecture 2021.
29. Lire un "classique" de la littérature française.
30. Un livre dont l'auteur a un père/une mère lui/elle même auteur.
31. Un livre contenant le mot "bibliothèque" (en dehors du titre).
32. Un livre qui se déroule ou fait mention de la Guerre de Sécession.
33. Un livre écrit par un homme à lire durant le mois de la fête des pères.
34. Un livre avec un jeu de mots dans le titre.
35. Un livre dont le titre évoque l'enfer, le diable, le mal, Satan.
36. Un livre contenant un nombre de chapitres inférieur à votre âge.
37. Un livre qui n'a pas de résumé en 4ème de couverture.
38. Un livre d'une série qui comporte plus de 6 tomes.
39. Un livre d'un auteur publié dans la collection "La Pléiade".
40. Un livre dont le titre contient une grossièreté ou insulte.
41. Un livre dont la couverture représente un animal qui n'est pas un animal de compagnie.
42. Un livre dont la couverture comprend un personnage qui n'a pas les pieds sur terre.
43. Un livre dont la couverture représente un paysage sans humain.
44. Un livre dont la couverture comprend un jeu ou un jouet.
45. Un livre dont la couverture montre un personnage assis.
46. Un livre dont un des personnages est artiste.
47. Un livre dont un personnage principal/important a peur ou est phobique.
48. Un livre dont le personnage principal est adolescent.
49. Un livre dont le personnage principal est un hors-la-loi.
50. Un livre dans lequel figure une scène dans le monde judiciaire.
51. Un livre comportant une scène où un personnage raconte un rêve ou un cauchemar.
52. Un livre comprenant une scène d'anniversaire.
53. Un livre dont le titre comporte 5 mots.
54. Un livre dont le titre comprend les mots "bonheur" ou "liberté".
55. Un livre dont le titre contient une expression grammaticale de localisation.
56. Un livre contenant un élément en lien avec le tatouage.
57. Une oeuvre (roman ou pièce de théâtre) contenant une mise en abyme.
58. Un livre se déroulant en Afrique.
59. Un livre avec un virus/une épidémie/un confinement.
60. Un livre dont le thème est une quête.
61. Un livre avec un pronom relatif dans le titre.
62. Un livre avec un personnage avec lequel on aimerait bien flirter.
63. Un livre qui a remporté un prix décerné majoritairement par des lecteurs.
64. Un livre dont le titre contient le nom d'une forme géométrique.
65. Un livre d'un auteur de l'Antiquité.
66. Un livre avec un personnage roux.
67. Un livre d'une autrice blonde.
68. Un livre avec un jour de la semaine dans le titre.
69. Un livre contenant un épilogue.
70. Un livre dont la couverture comporte beaucoup de rouge.
71. Un livre d'un auteur qui écrit à la fois des livres pour adultes et des livres pour la jeunesse.
72. Un livre avec le mot "nuit" dans le texte.
73. Un livre avec un cadran sur la couverture.
74. Un livre d'un auteur du Commonwealth > chronique
75. Un livre dont un personnage porte un pronom végétal.
76. Un livre dont vous avez honte.
77. Un livre qui s'inspire d'un autre livre, réécriture/réinterprétation/remake.
78. Un livre dont le titre un nom ou un adjectif de nationalité.
79. Un livre avec un personnage en lien avec la lecture ou l'écriture.
80. Un livre qui contient une lettre (hors correspondance ou roman épistolaire).
81. Un des livres lus par Rory Gilmore (Gilmore Girls).
82. Un livre d'un auteur qui né durant le même mois que vous.
83. Former le mot "lecture" avec les lettres du titre du livre.
84. Un livre dont le titre est sans les lettres "a", "u" ou "i".
85. Un livre dont la couverture est avec des plantes ou des arbres (pas de fleurs).
86. Un livre dans lequel une marque est citée.
87. Un livre dont les personnages principaux sont voisins.
88. Un livre mentionnant le "36, quai des Orfèvres".
89. Un livre dont le titre n'a qu'une seule lettre.
90. Un livre qui mentionne un personnage politique.
91. Lire le dernier livre ayant rejoint votre PAL au 31/12/2020.
92. Un roman d'espionnage ou un livre qui parle d'espionnage ou d'espions.
93. Un livre d'un auteur ayant écrit moins de cinq livres.
94. Un livre dont le titre contient un moment de la journée (matin, matinée, aube, après-midi, soir, crépuscule, nuit...).
95. Un livre dont un personnage est enseignant.
96. Un livre montrant un meurtre original/diabolique/sophistiqué.
97. Un livre en lien avec la Préhistoire.
98. Un livre dont le titre contient un prénom.
99. Un livre dans lequel on a appris un mot.une expression que l'on ne connaissait pas.
100. Un livre avec un héros rebelle.

samedi 2 janvier 2021

Chanson douce - Leïla Slimani

En résumé. 
 
Myriam ne supporte plus de s'occuper de ces deux enfants qu'elle a mis au monde. Le linge, les papouilles, les traces de compotes et de purée à la carotte, les cris, les caprices, les couches, elle a envie de tout arrêter, les petites bouilles de Mila et Adam ne lui suffisent plus pour dépasser les désagréments de la maternité. Elle rêve de reprendre sa carrière d'avocate, de briller en société, de fouler le pavé perchée sur ses talons aiguilles, de rire au côté de son mari musicien, une coupe de champagne à la main. La décision a été dure à prendre mais le couple finit par se mettre d'accord pour embaucher une nounou. Face aux femmes sans papier qui se succèdent dans l'appartement parisien pour tenter leur chance, Louise, femme mûre, toute en finesse et en élégance retient leur attention avec ses manières de bourgeoise ratée. Un choix qu'ils ne regretteront pas. Cette femme à tout faire, aussi douce avec les enfants que douée en cuisine s’immisce progressivement dans la vie du couple, leur devient indispensable, nourrit leurs ambitions en même temps qu'elle nourrit les siennes. Des projections sur la vie de l'autre qui finissent par un drame, la mort des deux enfants.
 
Mon avis.
 
Impossible de passer à côté de ce roman dont on a entendu beaucoup parler puisqu'il a permis à son auteur, Leïla SLIMANI, de remporter le prix Goncourt en 2016. J'ai mis du temps à me le procurer, mais j'ai finalement cédé lors d'un passage chez un bouquiniste, poussée par une fièvre acheteuse post premier confinement, en prévision du second. Je ne regrette pas mon achat, de seconde main qui plus est, mais qui restera longtemps sur les étagères de ma bibliothèque tant je suis sûre de le relire plusieurs fois.

Un roman d'une taille tout à fait raisonnable dont les premières pages ne peuvent que saisir le lecteur. "Le bébé est mort", et l'autre va succomber. Autant dire que je ne m'attendais pas à un départ aussi cruel, il aura le mérite de faire planer sur le reste du roman une ambiance pesante, malsaine, d'agonie. Les chapitres, courts, se succèdent, présentant tour à tour les protagonistes de cette histoire abracadabrantesque, Myriam et Paul, un couple de parents pétri d'une ambition tuée dans l’œuf par la naissance de leurs deux angelots, Adam et Mila, les futures victimes qui ne demandaient pourtant que l'affection des ces adultes mal dans leur peau, et celle sur qui tout repose, Louise, une femme aussi douée que déséquilibrée, dont la vie n'aura laissé que des cicatrices qui ne pouvaient la mener qu'au meurtre. Afin de s'immerger le plus possible dans cette atmosphère nauséabonde, je pense qu'il est nécessaire de lire ce roman d'une traite. Contrainte par ma vie quotidienne qui me mène bien trop souvent et bien trop longtemps dans les transports en commun, je pense que j'aurais davantage apprécié ma lecture si elle n'avait pas été aussi interrompue par les annonces de la SNCF, les écouteurs des voyageurs et les arrêts de bus. Quoiqu'il en soit, j'ai complètement été transportée par l'écriture de Leïla SLIMANI et son analyse chirurgicale de ses personnages.

Tout repose là-dessus, les personnages et leurs vices, leurs névroses mal soignées. Les faits décrits sont finalement banals, des jeux d'enfants, des rires après des imitations de cris d'Indiens, des bains, des couchers de soleil sur des îles grecques, une vie de famille. Toutefois, l'auteur nous amène sur d'autres terrains, explore les acteurs de cette vie banale. Le flou qui entoure le personnage de Louise est saisissant, il entretient une forme de suspense qui monte crescendo au fil des pages alors qu'on connaît déjà l'issue. On a envie de comprendre pourquoi et comment tout bascule, la personnalité malade de cette femme nous est progressivement expliquée au fur et à mesure de témoignages sordides. J'ai été subjuguée par le talent de Leïla SLIMANI, cette capacité à écrire si simplement et à décrire des faits de l'ordinaire tout en donnant à l'ensemble une tournure si malsaine. J'ai pu lire à droite à gauche que ce roman serait aussi une histoire de lutte des classes, avec d'un côté un couple bourgeois et d'un autre côté une veuve criblée de dettes et exploitée. Pour être tout à fait honnête, je ne suis pas allée aussi loin dans mon interprétation, j'ai plutôt pris l'histoire au première degré. Je trouve d'ailleurs que cette analyse sociétale n'est pas flagrante, on est plus sur une narration très distancée, une observation sans jugement ni parti pris.

Je vous encourage à ne pas passer à côté de ce livre et à la mettre vite à l'agenda de vos prochaines lectures ! Un style d'écriture incroyablement simple et fluide mais dont le fond est puissant, saisissant par son côté sordide et malsain. On est loin des romans élitistes et trop compliqués pour n'être compris que par une poignée de lecteurs. Un Prix Goncourt mérité et restant accessible pour tous.
Dernières infos.
 
Chanson douce a été publié en 2016 et compte 245 pages. Il a obtenu le Prix Goncourt la même année. Lucie BORTELEAU a porté le livre à l'écran en 2019, mettant en scène Karine VIARD, Leïla BEKHTI et Antoine REINARTZ.

Ma note.
Challenges.
 
Défi lecture 2020 : Consigne 94 - Livre ayant reçu un prix prestigieux (Pulitzer/Goncourt/Nobel) - 49/100

dimanche 27 décembre 2020

Wonder - R.J Palacio

En résumé.
 
August Pullman, Auggie pour les intimes, est un jeune garçon né avec une malformation faciale. Malgré les multiples interventions chirurgicales, il continue à effrayer les inconnus. Afin de le protéger du regard des autres, il a suivi depuis son enfance un enseignement à domicile. Le temps a passé et maintenant qu'il est un peu plus sûr de lui, ses parents ont décidé de l'inscrire au collège. Auggie est donc prêt pour le grand saut, à la fois terrorisé et impatient de voir ce que donne une véritable école. Les débuts ne vont pas être évidents, ni pour lui ni pour son entourage proche. Il va devoir se frayer un chemin dans une classe peuplé d'adolescents à la citrique facile et se trouver des alliés va s'avérer compliqué dans ce contexte hostile. Une acceptation de soi et des autres qui va être longue et laborieuse, mais incroyablement riche une fois qu'August aura franchi de douloureux obstacles.

Mon avis. 

Un livre qui était dans ma bibliothèque depuis un moment déjà, reçu lors d'un swap "Livres et thés". Véritable best seller, ce roman jeunesse m'avait fait envie à l'époque, la question du handicap, de l'acceptation de soi et du regard des autres alors qu'on est en pleine adolescence et en pleine construction de soi m'avait attirée. Malheureusement, je n'ai pas été autant séduite que de nombreux lecteurs, trop déçue par l'aspect jeunesse du roman et le côté très américain de l'histoire, avec sortie des mouchoirs dès la troisième page.

Sur le plan de la forme, près de 500 pages qui se lisent extrêmement vite. Des chapitres très courts, format idéal pour des lectures en transport en commun, où l'on peut s'arrêter quand on le désire. Les narrateurs tournent, chacun faisant part à la première personne de leurs propres ressentis quant à la personne d'Auggie et à son arrivée au collège. Ce procédé est intéressant car il permet de donner du réalisme à l'histoire, de faire croire au lectorat que cette histoire n'est pas que de la fiction et qu'elle peut toucher de véritables adolescents. D'autre part, cela permet aussi de montrer qu'une même situation (l'arrivée d'un enfant handicapé dans la famille, l'entrée au collège, etc) peut être appréhendée différemment, selon les points du vue. Même si la façon de raconter change selon les personnages qui prennent la plume, je n'ai, de façon générale, pas du tout été séduite par le style d'écriture. En fait, je crois que c'est le style "roman jeunesse" qui ne me convient plus. Je suis souvent déçue par la pauvreté du lexique et des tournures de phrases. Peut-être que j'aurais été plus emballée il y a quelques années...

Même déception sur le plan du fond. Certes, l'histoire d'Auggie est attendrissante puisqu'il s'agit d'un jeune homme défiguré qui se voit rappeler tous les jours à quel point son visage repousse les autres et à quel point l'apparence peut être importante. Toutefois, j'ai trouvé que la façon de mettre en scène son histoire est trop américaine, des grands sentiments à profusion, l'infamie la plus totale pour finir par le bonheur le plus total, tout a un côté si prévisible. Je me suis ennuyée durant cette lecture, je n'ai pas été transportée ni par les personnages, ni par l'histoire, ni par sa morale qui tombe sous le sens. Je trouve que l'on tombe trop facilement dans la bienpensance et que ce livre manque de nuances et d'analyse. C'est dommage car le thème initial de la différence et du handicap visible est toujours intéressant et nécessaire à traiter. Toutefois, c'est aussi un thème un peu casse-gueule tant on peut basculer dans un côté manichéen et bienpensant. C'est le cas pour moi ici, je sais que mon avis détone par rapport à la majorité des autres lecteurs qui ont beaucoup apprécié ce livre et je peux comprendre pourquoi, surtout durant cette dernière décennie où les valeurs de solidarité, tolérance et acceptation de la différence portées par le livre ne sont pas vraiment d'actualité dans la société.
 
Un roman jeunesse qui manque selon moi d'approfondissement et de nuances, car ce genre de parcours de vie n'est jamais ni blanc ni noir. Le sentiment d'être vraiment passée à côté. Si cela ne tenait qu'à moi, je vous dirai de vous diriger vers d'autres lectures si jamais ce thème vous intéresse. Toutefois, il a vraiment connu un succès retentissant, alors je vous encourage à vous faire votre propre avis, ce serait dommage de passer à côté d'un coup de cœur...
Dernières infos.

Wonder a été publié en 2013 pour la version française et compte 495 pages. Il a été adapté au cinéma en 2017 par Stephen CHBOSKY avec Julia ROBERTS dans le rôle d'Auggie.

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 57 - Livre ayant pour thème la différence et/ou le handicap - 48/100

Challenge des 100 romans en 2021

 Bonjour à tous !

Je participe pour une troisième année à ce Challenge des 100 romans en 2021 organisé par Kyradieuse (son blog ici) sur Livraddict.

Le but est extrêmement simple: lire 100 romans en un an, du 1er Janvier 2021 au 31 Décembre 2021.

Je termine cette année 2020 avec 52 lectures à mon actif, soit une lecture de plus qu'en 2017, dernière année où j'avais participé au challenge. J'espère évidemment faire mieux en 2021, même si cela risque d'être compliqué...

Vous trouverez mon avancée sur cette page.

1/100

1. Americanah - Chimamanda Ngozi ADICHIE

Challenge - En 2021, je voyage...

Bonjour à tous !
 

En cette période où les voyages sont rendus compliqués du fait des conditions sanitaires, je me lance dans ce nouveau challenge dont l'objectif principal est de lire des auteurs d'ailleurs et ainsi de voyager par la lecture, pas dangereux et tout aussi plaisant ! Je compte sur lui pour m'aider aussi à sortir de ma zone de confort et découvrir de nouveaux horizons littéraires.

Ce challenge est organisée par A la page de Suzie  (son blog ici) sur Livraddict.

Voici la liste des pays mis à l'honneur cette année. Ceux-ci rapportent des points bonus mais il faut savoir que chaque autre lecture compte, selon un barème dégressif.
 
20 points

Janvier : Suède.
 
1. Nigeria : Americanah - Chimamanda Ngozi ADICHIE - + 20 points
 
Février : Ghana.
 
 
Mars : France.
 
 
Avril : Canada.
 
 
Mai : Afrique du Sud.
 
 
Juin : Espagne.
 
 
Juillet : Etats-Unis.
 
 
Août : Italie.
 
 
Septembre : Chine.
 
 
Octobre : Angleterre.
 
 
Novembre : Finlande.

Décembre : Russie.