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lundi 2 août 2021

Le symbole perdu - Dan Brown

En résumé.

Le professeur de symbologie Robert Langdon est convoqué de toute urgence au Capitole pour y donner un discours sur les symboles de ce monument phare de la capitale des États-Unis, Washington. Le commanditaire n'est autre que Peter Solomon, ami de longue date de Robert, franc-maçon de haut-grade et à la tête d'une fortune qui l'a rendu célèbre. Robert atterrit en pleine nuit à Washington, ses feuilles de note tenant par miracle dans ses mains tremblantes d'émotion à l'idée de s'exprimer devant un parterre d'hommes riches et puissants. Seulement, lorsqu'il pénètre dans la Rotonde, aucun de ces hommes n'est présent, pas même son ami Peter. Non, seule une macabre mise en scène l'attend, une main gît en plein milieu de cette salle mythique du Capitole, un doigt pointé vers une peinture qui couvre le plafond. Le professeur, terrorisé par cette découverte sordide, ne tarde pas à reconnaître la bague qui orne un des doigts de la main, une bague à l'effigie des francs-maçons, une bague qui appartient à Peter Solomon... Le tout accompagné d'un message mystérieux. Il n'y a plus de doute, son compagnon de longue date est en danger. Une enquête qui mènera Robert Langdon et ses acolytes, ou ses détracteurs, aux quatre coins de cette ville pétrie de symboles, Washington.
 
Mon avis.

Le mois de Juillet étant placé sous le signe des Etats-Unis (challenge En 2021, je voyage.), j'ai eu envie de me plonger dans un nouveau Dan BROWN, après avoir lu quelques années plus tôt Anges & démons, et Da Vinci Code. Si ce troisième tome mettant en scène le désormais célèbre Robert Langdon tient ses promesses en termes de suspense et de rebondissements, il n'en demeure pas moins que sa structure suit trait pour trait celle des précédents tomes, donnant l'impression au lecteur que Dan BROWN peine à se renouveler.

On veut du thriller, on a du thriller, sans aucun doute. Méchant à la carrure imposante, check. Mises en scènes macabres, check. Meurtres originaux et pervers, check. Suspense, check. Course-poursuites, check. Mais cela ne fait pas tout, malheureusement. J'ai eu cette fâcheuse impression de relire mot pour mot Da Vinci Code. Seuls les lieux et la société secrète mise en avant changent. Sinon, c'est exactement la même structure : un Robert Langdon pris au piège mais dont les connaissances et l'esprit logique viendront à bout des plus grands secrets que le monde ait connus, il se fera aider par une femme incroyablement séduisante et intelligente, ici la sœur de Peter (dans Da Vinci Code, c'était la nièce de Jacques Saunière), un méchant au physique rebutant et effrayant, et bien sûr des sociétés secrètes, des énigmes dans tous les sens, des symboles, des messages cryptés, et des secrets en veux-tu en voilà. En dehors de ces répétitions qui finissent par nous lasser, on ne peut pas non plus compter sur un style d'écriture particulièrement travaillé. Le contenu est lui-même répétitif, Dan BROWN multiplie les questions, toujours les mêmes, sans vraiment nous apporter de réponses. On voit qu'il brode, brode pour nous maintenir en haleine mais ces paragraphes inutiles finissent plutôt par nous ennuyer. L'histoire aurait tout aussi pu être bouclée avec deux cent pages de moins, ce qui lui aurait peut-être permis de gagner en densité. On est face à un produit très codifié, largement marketing, comme si en littérature aussi, il suffisait de répéter les mêmes règles pour arriver au même succès.

Pour ce qui est du contenu, pas de miracle là non plus, on est toujours sur la même recette, les sociétés secrètes, ici la Franc-Maçonnerie, et le rapport entre croyances et science, avec ici la noétique mise en avant par Katherine Solomon. Pour ceux qui, comme moi, ne connaissent rien à ces thèmes, on finit toujours pas glaner quelques connaissances nouvelles par ci, par là, mais cette fois-ci, je n'ai pas vraiment su déceler l'objectif de l'auteur. Les explications sur les Mystères Anciens et sur ces secrets que Malak'h (le méchant) veut absolument percer m'ont laissée perplexe. Je ne suis pas sûre d'avoir tout bien compris car les envolées lyriques sont nombreuses, peu sensible aussi au pouvoir du sacré et au poids des anciennes générations qui auraient trouvé la clé pour permettre à l'homme de s'élever vers un niveau supérieur. Si ce thème n'a pas trouvé en moi un écho retentissant, j'ai davantage apprécié le jeu de piste qui nous conduit dans plusieurs coins de Washington. Ayant eu la chance d'y aller il y a quelques années, j'ai pu me remémorer quelques lieux marquants comme le Capitole ou le Washington Monument. C'est également intéressant de connaître quelques secrets qui entourent la construction de ces célèbres monuments, même s'il ne faut pas oublier que Le symbole perdu est avant tout une œuvre de fiction. Enfin, le dénouement est lui aussi un peu décevant. Contrairement à d'autres lecteurs, je ne l'ai pas vu venir mais j'ai trouvé que la toute fin était quand même tirée par les cheveux, avec un Peter Solomon privé d'une main et à bout de forces mais qui parvient quand même à guider Robert Langdon dans de nouveaux lieux, tout en lui expliquant les ultimes secrets. Mouais bof niveau cohérence du récit.

Voilà un thriller à la sauce américaine qui nous occupe pendant quelques jours mais qui contient plusieurs faiblesses, à commencer par la plus flagrante, celle d'être un bis repetita des deux premiers romans de Dan BROWN. Sa plume ne parvient pas à rattraper le tout, trop de lourdeurs, de relances tapageuses et de répétitions. Heureusement que le fond rattrape un peu la forme, même si bien des thèmes restent difficiles d'accès à des non initiés.  Si vous déjà lu du Dan BROWN, attendez-vous à être un peu déçu. En revanche, s'il s'agit de votre premier roman de cet auteur, peut-être serez-vous agréablement surpris par le suspense et par la documentation de l'auteur. Pour ma part, j'ai quand même la curiosité de me plonger dans les deux derniers tomes (à ce jour) de la "saga" Langdon, en espérant retrouver la bonne surprise que j'avais eue lors de ma lecture d'Anges & Démons.
Dernières infos.

Le symbole perdu a été publié en 2009 et compte 725 pages (format poche).

Ma note.
Challenges.

* Défi lecture 2021 : Consigne 56 - Un livre contenant un lien avec le tatouage : Malak'h (le méchant) est tatoué des pieds à la tête et l'ultime tatouage qu'il souhaite faire au sommet de son crâne est au cœur du récit - 29/100
En 2021... Je voyage : États-Unis (+ 15 points)

dimanche 20 juin 2021

Au service secret de Marie-Antoinette - Frédéric Lenormand

TOME 1 : L'enquête Du Barry

En résumé : Par une nuit de Décembre 1770, la comtesse Du Barry, favorite de Louis XV, frétille à l'idée de recevoir sa nouvelle parure, ornée d'or et de diamants. Un moment d'inattention, quelques instants de confusion et les bijoux disparaissent. Faute de mettre la main sur les bandits, Versailles décide d'étouffer le crime et de licencier une bonne partie du personnel mis au service de la cour. C'est ainsi que le vol des bijoux de la comtesse Du Barry reste sans solution pendant quatre ans. En 1774, Louis XV n'est plus au pouvoir. C'est désormais le couple Louis XVI-Marie-Antoinette qui tient les rênes du domaine de Versailles. Marie-Antoinette, jeune reine dynamique et fantasque s'entoure des meilleurs coiffeurs et modistes de la capitale. C'est ainsi que les deux grands talents Léonard, coiffeur volage, et Rose Bertin, couturière perfectionniste, sont introduits auprès de la souveraine. Plus qu'un coup de ciseau et des fanfreluches bien arrangées, leur nouvelle cliente leur confie une mission de taille : retrouver les bijoux de la comtesse Du Barry disparus quatre ans plus tôt. Voilà le début d'une extravagante enquête aux quatre coins de Paris marquée par les disputes et les coups de génie de ce tandem très mal assorti.

Mon avis : Voici le premier tome d'une série prometteuse, offert par mon amoureux l'année dernière et que je me réservais pour une pause entre deux lectures plus compliquées. On retrouve les codes de l'enquête policière à la M.C BEATON, très à la mode en ce moment : une jolie couverture, des personnages principaux attachants, et une enquête qui traîne un peu longueur, jamais très aboutie malheureusement. C'est bien là la faiblesse de ce livre. Le volet policier manque d'être approfondi, tout est une peu tiré par les cheveux, les liaisons entre les différents rebondissements sont parfois absentes et il m'a été difficile de comprendre tous les tenants et aboutissants de cette affaire rocambolesque, d'autant plus que les suspects sont très nombreux. Heureusement que tous les à-côtés compensent ces fragilités narratives. J'ai beaucoup aimé les personnages de Rose et de Léonard qui donnent tout le sel à l'intrigue, certains passages sont empreints d'humour. J'aurais quand même aimé qu'ils soient un peu plus détaillés, qu'on en apprenne davantage sur leur passé et leur présent, qu'on aille au-delà du rôle qu'ils jouent dans l'enquête. Le personnage de Marie-Antoinette, pourtant clairement mis en avant sur la couverture, n'est pas très présent dans l'intrigue. En revanche, j'ai beaucoup apprécié le côté historique de l'histoire, m'imaginer les recoins de Paris à cette époque, surtout qu'il n'est pas que question de bourgeoisie. Le récit est truffé d'anecdotes historiques, ce qui est très plaisant quand on est profane dans ce domaine-là. Lorsque j'ai refermé le livre, j'ai ressenti une certaine frustration, l'impression d'avoir bien aimé, sans pour autant aller au cœur des choses. Je ne sais pas à qui m'en prendre : à moi et mes lectures très fragmentées par les transports en commun ou à l'auteur qui reste superficiel et qui rate certaines enchaînements. J'essaierai donc de le relire, quand j'aurai un peu plus de temps devant moi, et j'espère que le second tome que je vais me procurer très bientôt sera un peu meilleur. Affaire à suivre...

Ma note : 3/5.

Challenges : 

* Défi lecture 2021 : Consigne 75 - Un livre dont un personnage porte un prénom végétal (Rose Bertin) - 23/100

TOME 2 : Pas de répit pour la reine

En résumé : Le peuple a faim ! La politique économique de Louis XVI et de ses ministres prend un tournant libéral. Le prix des céréales flambe et par conséquent le pain, aliment de base des familles de l'époque, devient inaccessible. Alors que des émeutes éclatent un peu partout dans le royaume, le très immature Louis XVI semble s'en moquer. Il va donc encore falloir compter sur le reine Marie-Antoinette pour résoudre les problèmes de ses sujets. L'argent, le nerf de la guerre. Mettre la main sur un trésor pour payer du pain aux paysans, en voilà une solution. Encore faut-il le trouver, ce trésor. Les événements s'agencent plutôt bien puisque Léonard, coiffeur officiel de la reine, et Rose, célèbre modiste, gagnent à une loterie une statuette faite d'or, et qui ferait partie, selon les rumeurs, d'un plus grand trésor incas. Dès qu'elle l'apprend, la reine missionne son duo d'espions pour s'emparer du butin. Petit détail qui a son importance, le trésor serait maudit, tout ceux qui l'ont approché de prés ou de loin tombent comme des mouches. Il va falloir faire vite pour ne pas être le prochain...

Mon avis : Frustrée par ma lecture du premier tome, j'avais hâte de découvrir la suite des aventures de Marie-Antoinette, dont j'ai lu qu'elle était meilleure. Eh bien, ce fut encore une déception. Même si le doute est permis (j'ai une nouvelle fois lu ce tome dans les transports, en pleine rentrée et avec mille choses en tête), je commence à me demander si le problème ne vient pas de l'auteur. J'ai malheureusement retrouvé les travers du premier tome. Frédéric LENORMAND se lance sur plein de pistes différentes, au risque de perdre ses lecteurs. Il y a ce que l'on a nommé "la guerre des farines", l'histoire de ce fameux trésor inca et des colons qui ont posé le premier pas en Amérique Latine, les amourettes contrariées de Rose, la formation en médecine de Léonard, les velléités de Marie-Antoinette d'outrepasser certaines règles édictées par le roi, et les difficultés de Louis XVI et ses ministres à réformer le pays. A cela s'ajoute un parallèle entre les émeutes qui éclatèrent lors de cette "guerre des farines" et l'actuel mouvement des gilets jaunes qui avait cours lors de la publication du tome. Même si tous ces thèmes finissent par se recouper, aucun n'est véritablement abouti. Je me suis sentie perdue, à plusieurs reprises entre les personnages et les liens qui se tissent entre eux, avec l'impression de toujours sauter du coq-à-l'âne sans avoir d'élément de transition à disposition. Néanmoins, la série conserve ses atouts qui étaient déjà présents dans le premier tome, un duo d'enquêteurs plaisant à suivre, la présence d'anecdotes historiques et quelques touches d'humour. Le personnage de Marie-Antoinette est ici davantage développé que dans le premier tome, ce qui est un bon point. En conclusion, encore une lecture mitigée, je doute que les choses s'améliorent dans le troisième tome, mais sait-on jamais, je tenterai quand même ma chance.

Ma note : 3/5.

Challenges : 

* Défi lecture 2021 : Consigne 21 - Un livre faisant référence à un jeu de cartes : le jeu du pharaon est cité dans le texte - 36/100

dimanche 4 avril 2021

Les larmes noires sur la terre - Sandrine Collette

En résumé.

Il aura fallu un enchaînement de tristes hasards pour précipiter Moe dans le désespoir le plus profond. La rencontre avec cet homme qui l'encourage à quitter son île, Tahiti, pour échouer en banlieue parisienne. La violence et les reproches, les petits boulots éreintants qui ne lui permettent même pas d'être autonome financièrement, une nuit d'infidélité au cours de laquelle son enfant sera conçu. Puis la fuite du domicile, pour échapper à la violence, quelques jours passés chez cette femme qui la rejette à son tour. Tout ça pour échouer dans cette ville misérable, La Casse, un amoncellement de voitures pourries devenues maisons pour ceux qui n'ont plus un sous, ceux qui sont seuls, ceux pour qui le mot "avenir" ne fait plus parti de leur langage. Des véhicules-taudis à perte de vue, la drogue, la prostitution, le travail aux champs payé quelques centimes. C'est dans cet environnement que Moe élèvera son enfant, bien trop triste pour lâcher quelques larmes. Heureusement, quelques rayons de soleil, les yeux de ses voisines, Marie-Thé, Poule, Jaja, Ada la vieille et Nini-peau-de-chien. Des femmes aussi désœuvrées que Moe mais dont l'humanité est toujours intacte. Ensemble, elles font la promesse de se serrer les coudes, pour le meilleur et pour le pire.

Mon avis.

Un livre que j'ai découvert en parcourant la bibliothèque d'une amie aux goûts très sûrs. Aimant les histoires un peu déviantes et aux ambiances sordides, je me suis précipitée dessus, certaine qu'il remporterait mon adhésion. J'ai eu la chance que la médiathèque l'ait dans ses rayonnages. Aussitôt repéré, aussitôt emprunté, aussitôt dévoré.

Il faut avoir le cœur solide pour affronter cette lecture éprouvante. On ressort de là lessivé, broyé, déshumanisé, heurté par le comportement effroyable des hommes. Une ambiance glauque et très sombre pèse sur l'ensemble du roman, un sentiment d'oppression nous saisit à chaque page tournée, on se demande quand cela va s'arrêter, et pourtant ça monte crescendo. L'écriture de Sandrine COLLETTE est incisive, précise, pas de superflu, pas de mot pour heurter directement la sensibilité, mais plutôt de l'implicite, une atmosphère noire et démoralisante qui s'installe progressivement, le déballage de cet ensemble de hasards qui ont conduit à la pauvreté la plus extrême, tout ça tellement réel. On ne sait quasiment rien du passé de Moe, comme si celui-ci était trop heureux pour avoir sa place ici, comme si la jeune femme était désormais tellement prise dans une spirale aliénante que ce qu'elle est au fond ne compte plus. Évanouis les cocotiers, les mers turquoises et les plages de sable blanc, la réalité contraste durement avec ces images pleine de couleurs et de chaleur.

L'essentiel du récit porte sur le quotidien de Moe dans son quartier de La Casse et ses tentatives pour fuir cet univers hors du temps. Un univers entièrement fabriqué par l'auteur, mais dont le réalisme nous effraie, et si ce décor horrifiant prenait place dans quelques années ? Je me suis d'ailleurs renseignée au début de ma lecture pour savoir si tout ça n'était déjà pas une réalité. Le symbole d'une société à bout de souffle dont on commence déjà à voir les contours. L'humain réduit à ses plus vils instincts, des animaux presque, prêts à tout pour survivre dans ce contexte si aliénant et déshumanisant. La présence des autres femmes vient apporter quelques touches de lumière à cette histoire sordide. Mais cela est de courte durée, car on voit à quel point elles ont également été marquées par la vie et plongées elles aussi dans un désespoir qui ne connaît pas de limite. En fait, la luminosité vient de leurs valeurs, auxquelles elles s'accrochent alors que tout pourrait les dévier de la morale. Un message d'espoir, même dans les pires configurations, la solidarité et l'entraide, voire l'amitié perdurent chez certaines personnes. Un mot enfin sur l'enfant, ce bébé que Moe tardera à nommer tant elle essaie de le mettre à distance de toute cette misère, comme si le traiter en objet lui permettrait de ne pas voir tout ça, et lui garantirait un avenir meilleur. Là aussi, l’attitude de Moe vis-à-vis de l'enfant injecte une part de sordide à l'intrigue, l'amour mère-fils étant mis à rude épreuve, il s'agit déjà de survivre avant de parler d'amour.

Une lecture qui n'est pas anodine, dans laquelle on doit se plonger avec prudence car elle peut heurter. Heureusement que j'ai pu l'entrecouper par des journées de travail pour penser à autre chose car son côté très sombre peut vite nous atteindre. Une fois le livre refermé, j'ai eu une grande envie d'une histoire légère, même niaise pour atténuer l'émotion douloureuse des Larmes noires sur la terre.
Dernières infos.

Les larmes noires sur la terre a été publié en 2017 et compte 336 pages.

Ma note.
Challenges.

* Défi lecture 2021 : Consigne 55 - Un livre dont le titre contient une expression grammaticale de localisation (sur) - 11/100
En 2021... Je voyage : France (+ 10 points)

samedi 30 janvier 2021

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire - Jonas Jonasson

En résumé.

Allan Karlsson s'apprête à fêter ses 100 ans auprès de Sœur Alice et de ses congénères de la maison de retraite de Malmköping, petite ville de Suède. Seulement, quand on connaît le passé du centenaire, artificier de métier, et qui a côtoyé les plus grands du siècle dernier, on ne peut pas imaginer que ce dernier se laisse juste offrir quelques bougies, une orange et un baiser sur la joue. Pour rester fidèle à sa trajectoire de vie qui ne fut qu'aventures rocambolesques, le plus vieux des pensionnaires de la ville décide de s'enfuir par la fenêtre. Chaussé de ses charentaises, il traverse les petites ruelles, se dirigeant tout droit vers la gare, finit par voler la valise d'un brigand puis prend le bus vers une destination inconnue. Sur sa route, il croisera un autre malfrat, une rouquine qui jure et qui a volé un éléphant, le vendeur de hot-dogs le plus savant au monde et aura à ses trousses une bande de gangsters ainsi que la police. Qui a dit que les aventures étaient terminées passés 100 ans ?

Mon avis.

J'avais lu ce livre pour la première fois peu après sa sortie, au début des années 2010. Si mes souvenirs sont bons, il avait eu beaucoup de succès à l'époque et j'ai l'impression, peut-être erronée, qu'il a lancé cette mode des livres aux titres à rallonge. Je me souviens d'une lecture agréable mais pas très marquante, si bien que 10 ans après, j'ai eu l'impression de découvrir complètement cette histoire dont j'avais tout oublié.

Pour ma relecture, je reste sur cette impression d'une lecture agréable, mais sans plus. Il faut savoir que c'est une histoire surréaliste, autant pour les faits présents que pour les faits passés. Le récit oscille entre ces deux périodes, le passé d'Allan Karlsson et son présent, sa fuite vers une destination inconnue. Il y a tout de même un déséquilibre dans ce partage des époques, j'ai trouvé que le récit de sa vie passée était trop imposant, ou alors c'est parce que je me suis ennuyée durant ces chapitres. Je n'ai vraiment pas adhéré à ces coups du destin qui l'ont propulsé à la table des plus grands dirigeants politiques, Staline, Churchill, Mao, et qui ont fait de lui un acteur majeur bien qu'anonyme de l'arrivée de la bombe nucléaire, le rendant responsable des rebondissements qui ont jalonné la guerre froide. Même si cela reste cohérent avec la volonté de l'auteur de mettre en avant ces "effets papillons", ces petits rien qui déclenchent finalement des tempêtes, je trouve que ces parties assez historiques quand même sont en décalage avec ce qui est attendu lorsqu'on lit le titre et la quatrième de couverture. J'ai donc eu le sentiment de passages très longs à passer et assez rébarbatifs.

J'ai davantage été séduite par la narration des dernières aventures du papy. On reste sur la même idée, à savoir qu'un petit acte peut déclencher une série d'événements tous plus absurdes les uns que les autres. Allan Karlsson est présenté comme un personnage plein de candeur et de joie de vivre, un peu benêt parfois, qui ne voit le mal nulle part, qui ne s'alarme jamais et pour qui il y a toujours une solution à tout. Malgré tout ce qu'il peut provoquer sur son passage, je trouve que c'est quand même un personnage un peu plat, on est finalement plus amené à s'intéresser aux conséquences de ses actes qu'au bonhomme qui en est à l'origine. Sa fuite reste complètement loufoque, et nous fait découvrir toute une galerie de personnages tout aussi surréalistes. J'ai bien aimé l'histoire de Benny, ce vendeur de hot-dogs qui a suivi plein de cursus d'études sans acquérir un seul diplôme, pour conserver un héritage justement conditionné par l'obtention d'un diplôme. La conclusion de toutes ces histoires est à l'image de tout ce qui précède, un peu barrée, mais pourquoi pas après tout...

Une lecture qu'il faut prendre au troisième degré, un petit moment de pause dans des lectures plus sérieuses. J'en ressors avec un avis assez mitigé, vraiment ennuyée par les passages sur la vie passée d'Allan Karlsson, mais amusée par sa fuite de la maison de retraite et par les événements qui en découlent. En tout cas, c'est certain que je ne le relierai pas une troisième fois !
Dernières infos.

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire a été publié en 2011 pour la version française et compte 453 pages. Il a été porté à l'écran en 2014 par Felix Herngren (Suède).

Ma note.
Challenges.

* Défi lecture 2021 : Consigne 90 - Un livre qui mentionne un personnage politique - 2/100
En 2021... Je voyage : Suède (+ 25 points)

dimanche 18 octobre 2020

Mercure - Amélie Nothomb

En résumé.

Sur une île au large de Cherbourg, une jeune fille, Hazel, est retenue prisonnière par un vieil homme, Omer Loncours, dans une espèce de château forteresse où les miroirs sont bannis. La raison est simple : le visage de la captive est tellement horrible à voir qu'il lui est interdit de se regarder. C'est d'ailleurs ce qui explique sa présence sur l'île, le vieil homme l'a recueillie suite à un bombardement et pour la protéger du monde et du chagrin causé par la perte de sa famille, il la couve et entretient avec elle une relation ambiguë. Personne n'est autorisé à poser un pas sur l'île, excepté les gardes du corps et les servants. A cette règle impartiale, une exception est faite lorsque Hazel tombe malade. François Chavaigne, infirmière de son état, est mandatée pour venir soigner sa patiente tous les après-midi. Petit à petit, elle va se faire une place auprès de ces deux insulaires atypiques, jusqu'à lever le voile sur cette relation pour le moins étrange.

Mon avis.  

Je dois avouer que je me suis dirigée vers ce livre pour remplir une des catégories d'un challenge dans lequel je me suis lancée cette année, le Défi Lecture 2020. L'occasion pour moi de me pencher sur une troisième création d'Amélie NOTHOMB, que j'ai découverte avec Stupeurs et tremblements et La métaphysique des tubes. Alors que ceux-ci étaient plutôt autobiographiques, Mercure appartient davantage à la fiction et il m'a permis de mettre à jour une nouvelle facette de la plume de l'auteur.

Les premiers adjectifs qui me viennent en tête pour décrire cette lecture sont sordide et glauque. Dès les toutes premières pages, on se sent pris dans cette histoire très particulière, un lieu sombre, entouré par l'océan mais sans aucune fenêtre à portée d'yeux, pas de miroir, une décoration minimaliste, l'impression qu'il fait toujours gris au dessus de cette forteresse, et puis des personnages eux aussi très sinistres. Le vieil homme, pervers, dégoûtant, répugnant, qui n'hésite pas à user du charme qui lui reste pour attirer dans ses bras la belle Hazel, qui apporte un peu de fraîcheur à l'ensemble mais qui reste ingénue. Je ne m'attendais pas à ce genre de contexte et j'ai plutôt apprécié, d'être si vite projetée dans l'histoire et d'avoir affaire à ce genre d'ambiance qui change de ce que j'ai l'habitude de lire. L'arrivée de Françoise est évidemment l'élément déclencheur du reste de l'histoire. C'est un personnage que j'ai trouvé placide finalement. Elle a beau arriver dans ce qui nous paraît être l'antichambre de l'enfer, elle garde un sang-froid incroyable et ne se démonte pas face à la sensation de menace, latente, que fait courir Omer Loncours sur l'ensemble de son personnel. 

Amélie NOTHOMB fait preuve d'une écriture incisive, d'une précision chirurgicale, qui fouille les personnages, s'attaque à ce qu'il y a de plus profond en eux et c'est ce qui donne à ce huit clos une saveur toute particulière. Au final, pas de crime physique, mais une manipulation psychologique, celle d'un homme dévoré par un amour fou, passionnel, obsessionnel, et une jeune fille tellement coupée de la réalité qu'elle en vient à nier l'évidence. Même si on ne peut oublier qui est cet homme et ce qu'il fait peser sur cette jeune fille, on en vient presque à la fin à éprouver une sorte de pitié pour lui, voire même de la compassion. La preuve qu'on a beau nous présenter l'abject, rien n'est jamais tout noir, ou tout blanc. J'ai particulièrement aimé la proposition de deux issues, deux fins à l'histoire. C'est la première fois que je vois ça dans un livre d'ailleurs et je trouve que l'initiative est bonne. Si j'ai trouvé que la première fin était un peu en décalage avec le reste du livre, j'ai préféré la seconde fin, plus cohérente.

En somme, un livre qui se lit rapidement, dont je ne retiendrais probablement pas tout, mais dont l'impression de sordide demeurera un bon bout de temps je pense. Si jusque là, vous n'avez lu que des romans autobiographiques de l'auteur, je vous encourage à vous tourner vers celui-ci, qui permet de découvrir et d'apprécier le véritable talent littéraire d'Amélie NOTHOMB.
Dernières infos.

Mercure a été publié en 1998 et compte 226 pages.

Ma note.
Challenges.

100 livres à lire en 2020 : 39/100
Défi lecture 2020 : Consigne 26 - Livre dont le titre contient l'un des éléments du tableau périodique des éléments - 39/100

dimanche 2 août 2020

Percy Jackson - Rick Riordan

Suite aux conseils littéraires avisés d'une amie et après avoir été complètement séduite par ma toute première lecture d'un Rick RIORDAN, à savoir Percy Jackson et les héros grecs, j'ai décidé de me plonger dans l'oeuvre incommensurable de l'auteur. J'ai choisi de commencer par les Percy Jackson, qui sont, me semblent-ils, les plus connus et les premiers écrits par l'auteur. En espérant que l'engouement perdure !

Tome 1 : Le voleur de foudre.

En résumé : Percy Jackson n'a que douze ans et déjà une vie bien tourmentée : atteint de dyslexie et d'un trouble de l'attention, il change d'école tous les ans, à chaque fois renvoyé pour son agitation. Comme si ses échecs scolaires ne suffisaient pas, le jeune Percy n'a jamais connu son père et sa mère s'est remarié avec Gaby Pue-Grave, un macho ignoble seulement préoccupé par ses parties de poker. Alors qu'une nouvelle année scolaire est sur le point de s'achever, l'adolescent est confronté à des événements de plus en plus bizarres : des tempêtes et des éclats d'orage qui se font fréquents, des professeurs et des camarades d'école qui se transforment en bêtes mythologiques et lui qui se retrouve à combattre une furie à l'aide d'un stylo qui se transforme en épée. Alertée par ces événements, sa mère décide de l'amener en vacances en bord de mer, afin de lui révéler le secret de sa naissance. Son projet sera interrompu par l'attaque d'un Minotaure enragé, Percy Jackson est blessé au cours de la lutte et se réveille quelques heures plus tard au sein de la Colonie des Sang-Mêlés, une colonie de vacances qui accueille chaque année des jeunes demi-dieux, c'est-à-dire des jeunes dont l'un des parents est un dieu grec et l'autre un mortel. Percy Jackson apprend qu'il est lui-même un Sang-Mêlé et ses qualités l'amènent à se mettre en route, avec ses amis Grover et Annabeth, vers l'éclair primitif de Zeus, volé quelques temps plus tôt et qui déclenche la colère du Dieu des Dieux.

Mon avis : Rien qu'à la lecture du résumé, on se rend bien compte à quel point les débuts de ce premier tome sont complexes. Je dois avouer que je me suis sentie dans un premier temps déroutée par l'intrigue proposée par l'auteur, trop accaparée je pense par mes souvenirs de Percy Jackson et les héros grecs, qui est en fait une sorte d'encyclopédie de mythologie grecque et non une histoire à proprement parler. Ici, Percy Jackson est un véritable héros, au même titre que les dieux grecs qui deviennent des personnages à part entière. J'ai trouvé que le début était long à se mettre en place et un peu tiré par les cheveux. Le style d'écriture est lui-même assez poussif, mais cela s'explique très certainement par le fait que ce livre s'adresse en premier lieu à un public adolescent. Je n'ai pas retrouvé dans un premier temps l'humour de Rick RIORDAN, ni les passages où il donne des éléments de mythologie. Néanmoins, je ne sais pas si j'ai fini par m'habituer à l'intrigue et aux personnages ou si le récit devient plus clair en milieu de livre mais j'ai progressivement apprécié ma lecture. J'ai été emportée par le suspense autour de la quête de l'éclair de Zeus, même si j'ai trouvé que les aventures étaient plutôt répétitives, dans le sens où on les voyait arriver à dix kilomètres à la ronde. J'ai également retrouvé l'humour de l'auteur et on finit par avoir quelques éléments de contexte sur les dieux grecs. En fin de livre, l'auteur finit par nous donner tous les éclaircissements dont on a besoin pour une bonne compréhension de l'intrigue et nous donne vraiment envie de poursuivre notre lecture en se plongeant dans le deuxième tome. D'une manière générale, je ressors de cette lecture avec un avis plutôt mitigé, déçue par l'intrigue même si je trouve que les choses s'améliorent au fil des chapitres, mais aussi déçue de moi-même car je pense que je n'ai pas suffisamment pris le temps de savourer le livre en m'arrêtant sur les éléments apportés par l'auteur. J'ai plutôt enchaîné les pages, avide de retrouver ce qui m'avait plus dans le premier tome et je pense que je suis passée à côté d'informations importantes.

Ma note : 3/5.

Challenges.
Défi lecture 2020 : Consigne 68 - Livre dont le héros a douze ans ou moins - 28/100

Tome 2 : La mer des monstres.

Mon avis : Une nouvelle année scolaire s'achève pour Percy. Le dernier jour de classe est arrivé, mais il annonce aussi le début des vacances à la colonie des Sang-Mêlés, sorte de colonie de vacances pour demi-dieux. Alors que les monstres ont laissé notre jeune héros tranquille toute l'année, ils font leur réapparition lors d'une dernière partie de foot. Ce n'est que le début de nouvelles attaques qui n'annoncent rien de bon. En effet, la colonie des Sang-Mêlés est en train de dépérir. L'arbre, réincarnation de Thalia (fille de Zeus et d'une mortelle) a été empoisonné, et c'est tout la nature environnante qui en pâtit. Les frontières magiques censés protéger la colonie des assauts des monstres perdent en efficacité. Qui plus est, Chiron a été renvoyé de son poste de directeur des animations, désormais remplacé par le démoniaque Tantale qui a remis les courses de chars meurtrières au goût du jour. Percy se lance donc dans une nouvelle quête, à la recherche de la célébrissime Toison d'Or, seul objet pouvant guérir la colonie de ses tourments. Une fois de plus, il sera accompagné de la sage Annabeth et d'un nouveau membre de la famille, Tyson. 

Mon avis : Après m'avoir remis en tête l'histoire du premier tome grâce à une adaptation BD trouvée en médiathèque, je me suis lancée dans ce deuxième tome avec l'espoir qu'il me plaise davantage que le précédent. Ce fut le cas. Je continue de rester perplexe devant la proposition de l'auteur de placer l'Olympe au-dessus de l'Empire State Building, et par là-même de déplacer l'âge d'or de la civilisation grecque vers la civilisation américaine, qui est, de ce fait, à son apogée. Tout comme la mer des monstres expliquerait les disparitions mystérieuses dans le triangle des Bermudes. Comme prétexte aux aventures de Percy, je trouve que c'est un peu bancal, mais bon, une fois passé ce détail qui n'en est pas un, j'ai eu plaisir à retrouver Percy, le guerrier. J'ai eu un peu moins de mal à entrer dans l'histoire, grâce au twist de la fin du premier tome. On sait désormais clairement qui sont les ennemis de Percy et contre qui il va se battre à l'avenir. J'ai aussi plus apprécié l'humour de Rick RIORDAN qui est mis plus en avant dans ce second tome. De même, on a affaire à une palette de personnages mythologiques assez conséquente, en si peu de pages. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur les Cyclopes, dont Polyphème, sur Circé, Tantale ou encore Charybde et Scylla, vous en aurez pour votre compte. Percy est un peu une réincarnation d'Ulysse dans ce tome, voguant sur la mer des Antilles, dans un remake de l'Odyssée. Comme dans le tome précédent, les aventures s'enchaînent à une vitesse qui nous laisse parfois un peu sur le bord du chemin tellement il se passe de choses en peu de lignes, mais ce n'est pas désagréable. N'oublions pas que c'est un roman d'aventures pour la jeunesse, donc il faut que ça pulse. La fin laisse présager encore de nouveaux rebondissements, il faut savoir que les monstres ne meurent jamais et que Chronos est en train de se refaire la cerise dans un cercueil fait de bois, donc Percy n'est pas prêt d'être au chômage ! J'ai hâte de me plonger dans le troisième tome que je me suis déjà procuré, sitôt le deuxième tome achevé.

Ma note : 3/5.

Challenges.
Défi lecture 2020 : Consigne 70 - Livre avec un héros récurrent - 42/100
 
Tome 3 : Le sort du Titan.

Mon avis : Thalia est de retour, et elle n'a même pas eu le temps de dire "ouf !" qu'elle se lance avec Percy et Annabeth à la recherche de Grover qui semble être en danger au sein de son école alors qu'il est en mission pour recruter de nouveaux sang mêlés qui les aideront à combattre Cronos. A peine ont-ils passé le pas de la porte de l'établissement qu'ils sont accueillis par un professeur un peu particulier qui se révèle être un horrible monstre, un manticore. Les trois sang mêlés sont sauvés de justesse par Artémis à la tête de ses Chasseresses, des femmes guerrières qui ont prêtées allégeance à la déesse de la Chasse. Seulement, Annabeth disparaît lors du combat et Artémis décide de partir seule à la recherche des monstres envoyés par Cronos et ses acolytes. De retour à la colonie, Grover, Percy, Thalia, les deux nouveaux sang mêlés, Bianca et Nico, et les autres Chasseresses veulent partir en mission afin de retrouver les disparues. Un nouvel oracle est prononcé, et Percy se lance une nouvelle fois dans des aventures qui s'annoncent épiques et dangereuses, cette fois direction l'Ouest et San Francisco.

Mon avis : Un troisième tome qui fait monter le suspense encore d'un cran avec toujours plus de prophéties, de monstres, de héros et de dieux. Une nouvelle fois, il faut bien être concentré quand on lit les Percy Jackson car les détails sont multiples, tant au niveau de l'intrigue générale, le combat entre les dieux et Cronos, que les éléments mythologiques apportés par l'auteur. Un renouvellement du casting est complétement opéré dans ce tome, avec de nouveaux personnages, comme Bianca et Nico qui sont deux nouveaux sang mêlés, et l'arrivée de nouveaux dieux, comme Artémis qui occupe une large place dans le récit, et Apollon, son frère. J'ai vraiment apprécié le début de l'histoire, et surtout le personnage d'Apollon que je trouve très drôle. J'ai d'ailleurs retrouvé l'humour de Rick RIORDAN que j'avais tant apprécié dans Percy Jackson et les héros grecs. La suite m'a un peu moins convaincue, on retrouve le même schéma et les mêmes ingrédients, une quête semée d'embûches avec des monstres que Percy et ses amis doivent combattre. En revanche, j'ai apprécié que certains personnages disparaissent de l'histoire, cela est un peu plus réaliste que d'être toujours vainqueur de monstres redoutables. J'ai aussi aimé que certaines relations évoluent un peu, même si ça reste à la marge, Percy semble gagner en maturité et évolue à mesure que la tension et les enjeux deviennent de plus en plus importants. La fin, fignolée par l'auteur, annonce un vrai lien avec le prochain tome, qui promet d'être explosif. J'ai hâte de découvrir les nouveaux rebondissements et vais essayer de ne pas trop tarder car je trouve qu'il est compliqué de se remémorer tous les éléments de l'histoire quand on a laissé trop de temps s'écouler entre deux tomes.

Ma note : 3/5.

Challenges.
* Défi lecture 2021 : Consigne 51 - Un livre comportant une scène où un personnage raconte un rêve ou un cauchemar - 7/100
En 2021... Je voyage : Etats-Unis (+ 20 points)
 
Tome 4 : La bataille du labyrinthe.

Mon avis : Après avoir connu de nouveaux déboires dans l'école de son beau-père enseignant qui souhaitait que Percy l'intègre à la rentrée, le jeune garçon, fils de Poséidon fait son retour à la Colonie des Sang-Mêlés pour les vacances. Dans un contexte où Cronos, le Titan redoutable tente de reprendre le pouvoir sur l'Olympe avec son armée, Percy s'aperçoit qu'on lui cache des choses, la détresse de Grover dont le permis de chercher le dieu Pan va bientôt lui être retiré suite à ses échecs successifs, la relation entre Annabeth et Clarisse qui semble s'être mystérieusement améliorée, sans oublier la disparation de Nico, fils d'Hadès, qui n'inaugure rien de bon de part son pouvoir de réveiller les Enfers. A cela s'ajoute la disparition de Dionysos et l'arrivée d'un nouveau membre dans l'équipe encadrante de la colonie, Quintus accompagné de son molosse redoutable. Au fil des explications, le dénominateur commun de tous ces événements récents apparaît être le labyrinthe de Dédale. Les cauchemars de Percy vont également dans ce sens : il se trame des trucs louches dans ce souterrain tentaculaire fait de pièges machiavéliques, à commencer par Luke qui continue de fricoter avec Cronos, et Nico qui affirme son désir de venger la mort de sa soeur. Le seul moyen de préserver la Colonie d'un assaut meurtrier de l'armée d'ennemie est de partir à leur rencontre dans le labyrinthe, une quête confiée à Annabeth.

Mon avis : Le suspense monte, la fin approche ! Encore un tome haletant, plutôt sombre et richement documenté. Plus les tomes défilent et plus je les apprécie car on gagne en maturité et on entre vraiment dans le vif du sujet. Certes, il n'y a aucune surprise sur la structure : un passage désastreux dans une école pour rappeler les particularités de Percy, l'arrivée à la Colonie des Sang-Mêlés, la nécessité de se lancer dans une nouvelle quête, la prophétie, la rencontre de monstres dans des lieux hostiles et pour finir l'affrontement final. Mais je me suis quand même prise au jeu. Ce qui est intéressant est que chaque tome met en avant de nouveaux lieux, de nouveaux personnages et de nouvelles figures mythologiques. Ici, on fait la connaissance de Dédale, du roi Minos, du labyrinthe, mais aussi des Hécatonchyres, ces créatures primitives aux cent bras, des telchines, de Calypso et j'en passe et des meilleures. J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié la pause que Percy est contraint de faire sur l'île de Calypso. S'imaginer sur cette île coupée du monde, aux fleurs de lune et aux reflets d'argent offre aussi au lecteur une pause bienvenue dans les combats acharnés qui occupent les trois-quart du livre. Le labyrinthe est un lieu angoissant, ne serait-ce que parce qu'on est sous terre, enfermés, avec la peur de ne jamais en ressortir. L'île de Calypso et sa nature verdoyante offre donc un contraste saisissant, une bouffée d'être frais dans un contexte anxiogène, de même que tous les bouts de nature que l'on aperçoit, la mer survolée par Icare puis par nos héros, la vue de l'atelier de Dédale sur le jardin des Dieux... J'ai également apprécié les petites amourettes qui émaillent le récit ça et là. Loin d'être gnangan, je trouve qu'elles apportent un peu de fraîcheur et nous rappellent que les héros sont encore des adolescents qui ne sont pas juste des machines à combattre des monstres. J'ai hâte de voir la relation entre Percy et Annabeth s'épanouir, si cela est possible, car la jeune fille semble être encore très éprise de Luke. En somme, un quatrième tome mené avec brio par Rik RIORDAN, qui manque un peu d'humour, mais on serait exigeant. J'ai hâte de me plonger dans le dernier tome et de connaître le dénouement de l'affrontement final.

Ma note : 4/5.

Challenges.

* Défi lecture 2021 : Consigne 60 - Un roman dont le thème est une quête - 30/100
En 2021... Je voyage : Etats-Unis (+ 10 points)

Tome 4 : Le dernier Olympien.

Mon avis
 :
 Ça y est, nous y sommes ! Le temps est venu pour Percy et ses amis d'affronter l'incroyable force des Titans. Si Typhon traverse à une vitesse inquiétante les Etats-Unis, bien qu'un peu ralenti par les dieux qui déploient toutes leurs armes pour l'empêcher d'atteindre l'Olympe, Percy et sa garde rapprochée se postent en pleine ville de New York, attendant d'en découdre avec Cronos, bien au chaud dans le corps de Luke. Les coups pleuvent entre les deux armées. Les deux camps rivalisent d'ingéniosité pour prendre le contrôle de la ville, puis de l'Empire State Building, siège de l'Olympe. Si les monstres font preuve d'une force bête et méchante, les hommes, dieux, demi-dieux ou mortels mettent plus d'affects dans cette guerre. Ainsi, faire le choix de son camp revient à s'interroger sur son passé, son pouvoir, et sa place vis-à-vis des dieux de l'Olympe. Percy, aidé d'Annabeth enquête donc sur le passé de Luke pour comprendre pourquoi il s'est soumis à Cronos, avec l'ultime espoir qu'il changera de camp avant le destruction ultime. La prophétie est à l'oeuvre, un demi-dieu âgé de 16 ans sauvera ou détruira l'Olympe...

Mon avis : Ce qui est certain est que l'on ne s'ennuie pas dans ce dernier tome ! Malgré ma lecture fragmentée, toujours à cause des transports en commun, je ne me suis pas du tout perdue dans les événements ni dans les personnages. L'auteur nous tient en haleine, on reste scotché à notre bouquin et on a juste qu'une envie, connaître la suite. Pour une fois, on ne suit pas la trame narrative des quatre premiers tomes. Dans celui-ci, on entre directement dans le vif du sujet, la destruction du Princesse Andromède. Pas le temps pour prendre une pause, se voir confier une mission, les héros sont immédiatement sur le pont pour défendre leurs positions et ainsi sauver l'Olympe des assauts de Cronos et autres Titans effrayants. Mais cet ultime tome ne peut pas être réduit qu'à des combats entre méchants et gentils. Une réflexion est engagée sur le destin de chaque demi-dieu, comment le passé peut expliquer le présent. Ainsi des pauses sont proposées dans le récit pour enquêter sur le passé de Luke et comprendre comment il en est arrivé à accepter la proposition de Cronos de lui voler son corps. C'est aussi l'occasion de revenir sur la façon dont les dieux conçoivent la parentalité lorsqu'ils ont eu des amourettes avec des mortels. Cette question est également très présente chez Nico, fils d'Hadès, qui ne cesse d'enquêter sur ses origines. C'est d'ailleurs cette compréhension du passé qui explique le choix de chaque demi-dieu de rejoindre tel ou tel camp. Si Luke rejoint Cronos, c'est avant tout parce qu'il estime qu'Hermès n'a pas fait son devoir de père. Il y a également tout un développement autour de la Pythie et des prophéties. J'avoue que je suis un peu passée à côté et que je n'ai pas bien compris tous les tenants et aboutissants. Je pense que la faiblesse de cette saga est parfois la profusion d'informations et de personnages. C'est un défi de parvenir à mettre en lien toutes ces informations, tout en les intégrant au présent et dans la ville de New-York. Parfois, l'auteur se perd un peu et c'est difficile de rester cohérent jusqu'au bout. Quoiqu'il en soit, les deux éléments que je garde surtout à l'esprit pour ce dernier tome est la majesté des combats (ça envoie du bois !) et la relation entre Percy et Annabeth qui vient apporter un peu de douceur et d'humanité à l'ensemble. Voilà une saga que je relirai, non seulement pour réviser mes connaissances sur la mythologie grecque mais aussi pour avoir une deuxième compréhension des parcours des héros et des messages transmis par Rick RIORDAN. En attendant, je pense bientôt me lancer dans une autre saga écrite par l'auteur (je n'ai pas encore fait mon choix).

Ma note : 3/5.

Challenges.

Défi lecture 2022 : Consigne 24 - Livre avec un personnage illettré/analphabète ou qui n'aime pas la lecture. ("La dyslexie fait partie des troubles caractéristiques des demis-dieux mais quelquefois ça m'exaspère un maximum. Et plus je suis tendu, plus j'ai du mal à lire" p.64).

samedi 11 juillet 2020

Magellan - Stefan Zweig

En résumé.

Début du XVIème siècle, l'engouement pour les contrées extérieures à l'Europe est total : soif de découvertes, commerce des épices alors considérées comme des denrées rares qui font la richesse des marchands qui approvisionnent les cours européennes, et nécessité de trouver de nouvelles routes maritimes, avec l'envie sous-jacente de prouver que la Terre est ronde et non plate, comme l'affirment encore les cartes de l'époque. C'est dans ce contexte que Magellan débute sa carrière de marin. Il participe d'abord à plusieurs expéditions portugaises, en tant que simple homme à tout faire. Mais déjà, la mer le passionne. Au fil des découvertes auxquelles il participe, grandit en lui l'ambition d'être à son tour celui qui organise une expédition, avec l'irrépressible désir de prouver que l'on peut rejoindre les îles des épices situées du côté de l'Inde en passant par le continent américain, c'est-à-dire de faire le tour du monde, prouver que la Terre est ronde. Il va se renseigner, éplucher toutes les cartes, et réunir suffisemment de preuves pour penser que cela est possible. La cour portugaise refuse ce projet révolutionnaire et c'est finalement auprès de l'Espagne et de son roi Charles Quint qu'il trouve du soutien. En 1519, cinq navires s'élancent pour une aventure folle, qui ne doit sa réussite qu'à l'homme qui en est à l'origine.

Mon avis.

Stefan ZWEIG est connu pour avoir écrit de nombreuses biographies sur d'illustres personnages, qui ont marqué, à leur manière, leur époque. Pourtant, le premier livre que j'ai lu de lui n'est pas une biographie mais une nouvelle, Lettre d'une inconnue. Magellan est donc ma toute première biographie de l'auteur et j'en suis désormais certaine, ce ne sera pas la dernière.

L'idée d'écrire la vie de Magellan lui vient lors d'une traversée en bateau entre le continent européen et le Brésil. Il pense alors à tous ceux qui l'ont précédé sur ces océans, il pense aux premiers hommes qui ont osé, avec des embarcations plus fébriles et des cartes très approximatives, se lancer, au péril de leurs vies, à la découverte de nouveaux territoires. C'est donc la curiosité et l'envie d'en savoir plus sur le profil de tels explorateurs qui le conduisent à faire des recherches sur ce célèbre navigateur qu'est Magellan. J'ai beaucoup aimé cette démarche et à chaque page, on sent à quel point l'auteur est précis dans les informations qu'il nous délivre. J'ai également apprécié que cette biographie porte sur un autre explorateur que Christophe Colomb, dont on sait déjà beaucoup de choses.

Ce livre fut, à plusieurs égards, un coup de coeur. D'abord, il reste entièrement accessible, même si l'on n'est pas féru d'histoire, ce qui est mon cas. L'écriture est agréable, ZWEIG va dans le détail sans pour autant nous assomer d'informations superflues et il prend le soin de resituer chaque personnage dans un contexte historique plus large. Tout cela fait que nous ne nous ennuyons pas une seule seconde et même si nous connaissons la destinée de Magellan dès le départ, subsiste une forme de suspense qui nous tient en haleine. La rapidité des chapitres donne également du rythme à l'ensemble. Ensuite, j'ai beaucoup apprécié la description de Magellan. Le récit n'est pas une énumération sans fin d'événements, de dates, de personnages. L'auteur prend soin de décrire ses personnages, et en particulier le héros du livre. Le navigateur devient un personnage de roman, avec ses forces et ses faiblesses, et si son entreprise a réussi, c'est aussi grâce à sa personnalité et à sa détermination. On sent d'ailleurs une forme d'admiration et d'attachement de la part de ZWEIG, qui fait de cette biographie un récit incroyablement humain. Enfin, ce qui m'a également beaucoup plu est l'approche sensorielle du livre. Au fil de la lecture, nos cinq sens sont constamment en éveil : dès les premières pages, on est aveuglé par les couleurs chatoyantes des épices, ennivré par leurs odeurs qui nous embarquent en Orient, puis il y a l'expédition, le bruit des marteaux qui construisent les navires, le ressac des vagues, l'odeur iodée, le vent qui fouette notre visage et puis la vue de ces îles encore vierges, ces îles que l'homme n'a pas encore saccagées. D'ailleurs, là est mon seul et unique regret, que l'auteur n'est pas suffisamment évoqué l'impact de ces découvertes sur l'avenir de l'humanité. C'est bien à cette instant précis que s'accélèrent la destruction des populations autochtones, le pillage des terres fertiles et la volonté d'aller toujours plus loin dans l'exploitation des hommes et des ressources naturelles. ZWEIG en dit quelques mots mais pas suffisamment à mon goût, en même temps je dois reconnaître que nous sommes davantage dans le registre de la biographie que du pamphlet.

En définitive, je ne peux que vous conseiller ce livre. Il a la longueur idéale, ni trop long, ni trop court et on apprend tout un tas de choses sans s'en rendre compte tellement le style de l'auteur est agréable et prenant. J'ai déjà hâte de découvrir une nouvelle biographie écrite par notre cher ZWEIG.
Dernières infos.

Magellan a été publié en 1938 et compte 285 pages.

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 59 - Lire une biographie ou autobiographie - 25/100

lundi 1 juin 2020

Ce que tient ta main droite t'appartient - Pascal Manoukian

En résumé.

Charlotte, trentenaire épanouie, est heureuse de rejoindre ce soir-là ses copines qui l'attendent déjà à la terrasse d'un café. Elle a hâte de leur montrer son petit bidon qui grossit, de jouer avec lui et de lui sussurer des mots d'amour entre deux verres. Ce bonheur, elle le partage avec Karim, l'homme de sa vie, le père de cette petit Isis qui s'apprête à voir le jour. Seulement ce soir-là, au milieu de toute cette euphorie, la mort rôde. Elle a pris le visage d'Aurélien, jeune homme qui a grandi en banlieue parisienne, promis à un grand avenir mais devenu rebelle et dealer jusqu'à son désir de rejoindre les forces de Daech. Ce soir-là, parmi les rires des clients du café, il y a aussi le rire froid et sombre de celui qui tue, sans état d'âme, sans scrupule, ennivré par l'alcool et les médicaments, aveuglé par l'accomplissement de son destin. Il aura suffi de quelques minutes pour que la vie de Karim et Charlotte bascule. Karim est veuf, ivre de colère et assoiffé de vengeance. Son désir de comprendre un tel acte, ainsi que son besoin de prendre sa revenche sur les assassins de sa femme et de sa fille vont le conduire jusqu'en Syrie, au coeur même de cette machine infernale qu'est Daech.

Mon avis.

Un livre qui me faisait de l'oeil depuis un bon bout de temps de part son thème et cette envie que j'ai eu de comprendre les mécanismes de la radicalisation. Suite au projet d'alléger ma liste des lectures "Pourquoi pas ?", je me suis résolue à l'emprunter dans ce lieu de tous les possibles qu'est la médiathèque et à me plonger dans cette histoire fictive de Karim et Charlotte.

Histoire fictive mais qui s'inspire de faits réels, tant l'histoire de Karim et Charlotte n'est que la réplique de véritables histoires de couples, endeuillés par la perte de l'un ou l'autre, et plus largement de véritables histoires de familles, endeuillées par la perte d'un père, d'une mère, d'un frère, d'une soeur... D'ailleurs, même si les lieux sont fictifs (la tuerie a lieu à Aubervilliers si j'ai bonne mémoire), nous pouvons très aisément faire le parallèlle avec les attentats de 2015 qui se sont déroulés à Paris. La suite est tout aussi réaliste, l'embrigadement de Karim, d'abord au sein de la mosquée qu'il fréquente ponctuellement puis par de véritables hommes de Daech, à distance, grâce à des contacts Facebook, le voyage jusqu'en Syrie puis les jours passés là-bas, dont aucun mot ne peut décrire la barbarie. Ainsi, si toute la première partie est avant tout fiction, le temps d'installer les lieux et les personnages, la suite adopte davantage un style journalistique et documentaire, ce qui n'a rien de surprenant étant donné que Pascal MANOUKIAN est reporter de guerre, avant d'être romancier. Il n'est donc pas impossible qu'il mêle à son récit des faits qu'il a observés sur des territoires en guerre. L'originalité de ce livre tient au fait que Karim est un peu à part dans le pelloton d'Européens qui prêtent allégeance à Daech étant donné qu'il y vient pour assouvir son désir de vengeance et agit donc comme un espion. Du fait de cette position particulière, il analyse la situation avec beaucoup de recul et d'esprit critique, ce qui n'est pas le cas des autres qui sont complètement aveuglés par l'idéologie du califat. Il finit donc par proposer au lecteur un regard de journaliste qui, bien qu'étant là pour des raisons personnelles, rend compte d'une réalité cruelle et tente d'en comprendre les mécanismes.

Ce livre a tout pour plaire : de l'émotion, beaucoup d'émotion, un Karim à la volonté de fer, des passages de type reportages qui ont la vocation de renseigner les lecteurs sur des faits réels et un style d'écriture qui nous amène à tourner les pages comme dans un pollar. D'ailleurs, les critiques sur Livraddict sont très positives. Et pourtant, malgré tout ça, j'ai le sentiment de ne pas avoir complètement apprécié ma lecture. J'ai d'abord été un peu refroidie par certains personnages que j'ai trouvés caricaturaux, de même que certaines coïncidences un peu lourdes. Par exemple, la fille de Karim et Charlotte aurait dû s'appeler Isis. Si c'est un prénom qui nous fait d'emblèe penser à la mythologie égyptienne, c'est aussi le nom de l'Etat islamique en anglais, alors même qu'elle allait mourir d'un partisan d'ISIS. D'autres hasards de ce genre sont très présents en début de récit et je les trouve trop gros pour être vrais à tel point qu'ils m'ont arraché plusieurs soupirs pendant ma lecture. Je n'ai pas non plus apprécié la facilité déconcertante avec laquelle Karim a pris sa décision de tout quitter pour rejoindre la Syrie, ni la facilité avec laquelle il a réussi à se faire embrigadé, en seulement quelques jours. Je ne doute pas du fond réaliste de tout cela, mais j'ai trouvé que ce choix de partir en Syrie est trop vite expédié pour être vrai. Même si je peux concevoir la rage et la haine qui habitent toute personne ayant perdu des proches dans un attentat, j'imagine aussi que le choix de partir en Syrie pour se venger n'est pas anodin. Une dernière chose qui m'a déçue est le manque de nouveautés dans ce récit. Je ne sais pas si c'est parce qu'il y a eu beaucoup de reportages suite aux attentats de 2015 mais j'ai le sentiment de ne pas avoir appris grand chose dans ces quelques pages. Le profil des personnes qui décident de se soumettre à des thèses aussi extrêmistes est bien connu maintenant, de même que les horreurs qui sont commises là-bas. L'impression donc d'être restée un peu sur ma faim, même si le contenu était prometteur.

Cette lecture a un fond très réaliste, des attentats aux mécanismes qui permettent l'embrigadement de nouveaux partisans de Daech. Toutefois, plusieurs maladresses sont présentes dans ce récit et viennent justement désservir cette volonté de coller à la réalité. Néanmoins, je vous conseille cette lecture si ce thème vous intéresse et si vous souhaitez plonger au coeur de la barbarie de l'Etat islamique au travers des yeux d'un homme prêt à tout pour retrouver sa dignité. 
Dernières infos.

Ce que tient ta main droite t'appartient a été publié en 2017 et compte 272 pages.

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 21 - Livre dans lequel le personnage principal a un changement de vie - 19/100

samedi 23 mai 2020

Les aventures de Tom Sawyer - Mark Twain

En résumé.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Tom Sawyer aura profité de sa jeunesse ! Jeune garçon intrépide et aussi malin qu'un singe lorsqu'il s'agit de faire des bêtises, Tom habite sur les rives du Mississipi, dans la ville imaginaire de Saint-Petesburg, dans l'Etat du Missouri, dans la partie sud des Etats-Unis (je ne peux pas être plus précise). Nous sommes dans les années 1830/1840, pas de console, pas de téléphone, pas de télévision, faut bien s'occuper avec ce qu'on a. Et croyez moi, Tom ne manque pas d'imagination pour mettre en rogne sa tante Polly ou encore pour faire l'école buissonière. Tom et ses amis, Joe Harper et le vagabond Huckleberry Finn, vont tour à tour se lancer dans plusieurs aventures, ils se feront pirates, explorateurs, brigands et j'en passe et des meilleures. Jusqu'au jour où la rigolade va tourner au vinaigre, lorsque les jeunes garçons seront témoins d'un meurtre. Comme si cela ne suffisait pas, l'assassin sème derrière lui un trésor. L'aventure ultime pour nos bandits en herbe !

Mon avis.

"Tom Sawyer, c'est l'Amérique, le symbole de la liberté !" Ca y est, vous aussi, vous avez la musique en tête ? Je suis désolée, vous allez me maudire... De Tom Sawyer, je ne connaissais que cette chanson entêtante, et quelques épisodes de dessin animé regardés dans ma tendre jeunesse. Il était donc temps que je me plonge dans ce classique de la littérature américaine afin d'en apprendre davantage sur ce héros célébrissime, dont les aventures sont largement inspirées des propres aventures de Mark TWAIN, lorsqu'il n'était encore qu'un tout jeune enfant.

Si ce roman est souvent classé dans le rayon jeunesse, il s'adresse aux petits et grands, sans grande distinction, chacun venant y piocher ce qu'il souhaite. Le style d'écriture est tout fait accessible, du moins dans cette édition proposée par Folio, le texte peut se lire à voix haute, sur le ton de l'aventure et du suspense pour captiver les plus petits, comme à voix basse, au calme, pour laisser voyager les plus grands. Le rêve et l'innocence sont les premiers adjectifs qui me viennent en tête pour qualifier ce récit. Tom nous rappelle ces possibilités infinies que seule l'enfance nous offre, la possibilité de porter un chapeau et de se croire pirate, d'échanger une noix comme s'il s'agissait d'un louis d'or ou encore d'offrir un anneau de fer à son amoureuse pour être lié à elle jusqu'à la fin de ses jours. Si l'on ne s'ennuit pas, c'est parce que Tom ne tient pas en place et vit une multitude d'événements en peu de temps. Il y a bien sûr les pitreries habituelles et quotidiennes, mais il y a aussi cet amour pour la jeune Becky qui connaît des hauts et des bas, et plus grave cette histoire de meurtre, un vrai, pas de ceux qu'on invente pour se faire peur le soir - meurtre qui donnera ensuite lieu à une véritable chasse au trésor. Tom est donc sur les tous feux, comment voulez-vous qu'il trouve encore le temps d'aller à l'école ?

Même si j'ai apprécié ma lecture dans l'ensemble, précisément parce que j'ai eu l'impression de voyager dans un autre univers, un autre temps et d'autres espaces, j'ai quand même le sentiment d'être resté sur ma faim. Je ne sais pas trop expliqué pourquoi, peut-être parce que ça va trop vite, que les aventures se déroulent devant nos yeux sans que l'on puisse véritablement s'attarder sur les personnages et sur cette époque d'avant la guerre de Sécession. Je crois que je m'attendais à une critique de la société de l'époque plus marquée. Certes, Tom Sawyer incarne des valeurs de liberté, de rebellion, notamment contre la foi et Mark TWAIN se sert de lui pour tourner en dérision certaines superstitions qui étaient très répendues jadis mais l'analyse n'est pas évidente à mener. Je m'attendais donc à trouver dans cette lecture un récit d'aventures mais aussi un récit aux conotations politiques. Si j'ai eu le premier, je n'ai pas eu le deuxième. Je comptais également sur le carnet de lecture qui accompagne Les aventures de Tom Sawyer dans cette édition mais lui aussi m'a un peu déçu, je l'ai trouvé trop court et pas assez analytique, j'aurais aimé qu'il m'en apprenne davantage sur les lieux et l'époque d'écriture de ce livre. 

Un goût d'inachevé perdure depuis que j'ai refermé ce livre, le sentiment d'être passé à côté de ce classique. Certes embarquée par les péripéties du jeune Tom, encore qu'elles sont expédiées assez rapidement, j'ai l'impression d'être restée en surface des choses, et de m'être trop peu attachée à l'univers pour qu'il perdure dans ma mémoire. Je vous conseille cette lecture si vous avez soif d'aventures, en ces temps où il est recommandé de rester chez soi, et si vous souhaitez vous remémorer vos propres exploits de l'enfance.
Dernières infos.

Les aventures de Tom Sawyer ont été publiées en 1876 et compte 352 pages. De multiples adaptations ont été réalisées, au cinéma, à la télévision, en BD.... La plus connue reste très certainement celle des japonais qui en ont fait un dessin animé de 49 épisodes dans les années 1980. A savoir que Marks TWAIN est également l'auteur des Aventures de Huckleberry Finn, qui s'attardent donc cette fois-ci sur l'ami de Tom.

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 56 - Livre dont l'action se déroule au XIXème siècle  - 18/100