samedi 8 août 2020

Beignets de tomates vertes - Fannie Flagg

En résumé.

Evelyn Couch traverse une crise existentielle. A l'approche des cinquante ans, elle dresse le bilan de sa vie, de sa relation platonique avec son mari et noie ses regrets dans des sucreries qui entretiennent un embonpoint qu'elle n'assume plus. Les visites dominicales à la belle-mère, placée à la maison de retraite de Rose Terrace ne font qu'aggraver les choses puisqu'elles ne cessent de rappeler à Evelyn ce qui l'angoisse le plus : vieillir. S'echappant régulièrement de la chambre de la vieille dame pour dévorer ses sucreries dans le hall commun, elle fait la rencontre de Mrs Threadgoode, une dame de 86 ans, très bavarde sur le quotidien de la maison de retraite, mais aussi sur son passé. L'évocation de ses souvenirs de vie à Whistle Stop, petit village reculé d'Alabama, entre les années 30 et 70, permettent progressivement à Evelyn de s'évader de ses préoccupations et de se réconcilier avec son passé pour aller de l'avant.

Mon avis. 

Déçue il y a quelques années par ma lecture de Miss Alabama et ses petits secrets, je ne pensais pas un jour retenter l'expérience Fannie FLAGG. J'ai finalement revu ma copie lorsque j'ai appris qu'un film, Beignets de tomates vertes, existait et souhaitant le visionner, je préférais lire le roman au préalable. Ce fut une bonne surprise, à tel point que j'ai eu l'impression que ce n'était pas la même personne qui avait rédigé les deux romans.

L'entrée dans le roman est un peu déroutante puisqu'on suit réellement deux histoires : d'une part celle d'Evelyn Couch et Mrs Threadgoode, en 1986 ; d'autre part celle de la famille Threadgoode et plus globalement du village de Whistle Stop entre les années 30 et 70. Afin de rendre cela possible, les chapitres sont écrits selon trois points de vue : celui de Mrs Threadgood qui raconte, sous forme de monologue le plus souvent, ses souvenirs à Evelyn, celui de Dot Weems, habitante de Whistle Stop qui rédigeait à cette époque-là une gazette reprenant les actualités du village et enfin, celui du narrateur externe. Si on a du mal à s'y retrouver au début, les choses finissent par s'agencer plutôt bien et c'est finalement une richesse que d'avoir ces trois points de vue. Le narrateur externe complète les souvenirs de Mrs Threadgoode qui restent, bien évidemment, subjectifs et qui manquent parfois d'information. De même, la page de la gazette nous plonge encore plus dans le passé et renforce l'authenticité des événements narrés. Si je me suis faite à ces changements de point de vue au fil des chapitres, en m'aidant des dates mentionnées par l'auteur, j'ai eu plus de difficultés à me repérer dans les personnages. Ils sont vraiment nombreux, entre la famille Threadgoode qui compte neuf enfants si mes souvenirs sont bons, le personnel qui travaille au sein du café ouvert par une des filles de la famille, Idgie Threadgoode, puis leurs enfants, les gens de passage, le shérif du village, etc. Face à ce flot d'informations, je me suis surtout focalisée sur les histoires des personnages qui m'intéressaient le plus, à savoir Idgie et Ruth, sa compagne, Frank Bennett, Railroad Bill et Evelyn Couch.

Les destins de tous ces personnages finissent par se croiser et par se retrouver, pour former cette ambiance si particulière de ce petit village de l'Alabama à une époque marquée par les chamboulements sociaux. Si l'on a vraiment affaire à un roman retraçant la destinée de ses personnages, on sent, en toile de fond, le contexte qui oriente ces mêmes destinées. D'abord, la crise de 1929 qui accroît la pauvreté et qui voit le nombre de vagabonds augmenter, tous venant trouver refuge au café tenu par Idgie et Ruth qui n'hésitent pas à offrir le couvert et un peu de travail aux plus démunis. Ensuite, la question raciale avec la menace du Ku Klux Klan, et l'expulsion des personnes noires, qui trouvent également auprès de la famille Threadgoode une protection sans faille. Enfin, il y a la désertion progressive de ces territoires, nés des chemins de fers, ayant connu l'apogée et puis qui déclinent lorsque les réseaux ferroviaires ferment et lorsque les grandes villes, comme Birmingham pour l'Alabama, se déploient de plus en plus et attirent une population auparavant rurale. Malgré ces sujets assez durs, le roman donne une impression de douceur, comme si Whistle Stop était une sorte de bulle, une parenthèse dans un contexte marqué par la violence et la pauvreté, ses membres incarnant une humanité sincère et authentique, face à un mouvement souhaitant justement diviser les hommes et aller vers plus d'invidualisme. Seul regret, j'aurais aimé que la question de l'homosexualité, simplement évoquée au travers des personnages d'Idgie et Ruth, soit davantage traitée, on devine, notamment chez Ruth, le poids des conventions sociales mais c'est dommage de ne pas avoir plus approfondi le sujet. J'ai apprécié de croiser la route de ce roman sans prétention, qui offre au lecteur une immersion dans une partie de l'histoire américaine au travers de personnages travaillés, aux personnalités fortes et engagées. Si certains passages peuvent sembler rébarbatifs, d'autres nous tiennent en haleine, et l'auteur aboutit ainsi à une forme d'équilibre qui, je pense, peut plaire au plus grand nombre.

En conclusion, un roman agréable, qui peut peut-être dérouter sur sa forme dans un premier temps mais dont le fond est travaillé et qui offre un aperçu de la vie dans un coin reculé de l'Alabama à une époque particulière de l'histoire des Etats-Unis. Je vous le conseille, vous ne perdrez pas votre temps !
Dernières infos.

Beignets de tomates vertes a été publié en 1987 et compte 466 pages. Il a été adapté au cinéma en 1991 par Jon AVNET.

Ma note.
Challenges.
Défi lecture 2020 : Consigne 44 - Livre dont le titre comporte le nom d'un végétal - 29/100

dimanche 2 août 2020

Percy Jackson - Rick Riordan

Suite aux conseils littéraires avisés d'une amie et après avoir été complètement séduite par ma toute première lecture d'un Rick RIORDAN, à savoir Percy Jackson et les héros grecs, j'ai décidé de me plonger dans l'oeuvre incommensurable de l'auteur. J'ai choisi de commencer par les Percy Jackson, qui sont, me semblent-ils, les plus connus et les premiers écrits par l'auteur. En espérant que l'engouement perdure !

Tome 1 : Le voleur de foudre.

En résumé : Percy Jackson n'a que douze ans et déjà une vie bien tourmentée : atteint de dyslexie et d'un trouble de l'attention, il change d'école tous les ans, à chaque fois renvoyé pour son agitation. Comme si ses échecs scolaires ne suffisaient pas, le jeune Percy n'a jamais connu son père et sa mère s'est remarié avec Gaby Pue-Grave, un macho ignoble seulement préoccupé par ses parties de poker. Alors qu'une nouvelle année scolaire est sur le point de s'achever, l'adolescent est confronté à des événements de plus en plus bizarres : des tempêtes et des éclats d'orage qui se font fréquents, des professeurs et des camarades d'école qui se transforment en bêtes mythologiques et lui qui se retrouve à combattre une furie à l'aide d'un stylo qui se transforme en épée. Alertée par ces événements, sa mère décide de l'amener en vacances en bord de mer, afin de lui révéler le secret de sa naissance. Son projet sera interrompu par l'attaque d'un Minotaure enragé, Percy Jackson est blessé au cours de la lutte et se réveille quelques heures plus tard au sein de la Colonie des Sang-Mêlés, une colonie de vacances qui accueille chaque année des jeunes demi-dieux, c'est-à-dire des jeunes dont l'un des parents est un dieu grec et l'autre un mortel. Percy Jackson apprend qu'il est lui-même un Sang-Mêlé et ses qualités l'amènent à se mettre en route, avec ses amis Grover et Annabeth, vers l'éclair primitif de Zeus, volé quelques temps plus tôt et qui déclenche la colère du Dieu des Dieux.

Mon avis : Rien qu'à la lecture du résumé, on se rend bien compte à quel point les débuts de ce premier tome sont complexes. Je dois avouer que je me suis sentie dans un premier temps déroutée par l'intrigue proposée par l'auteur, trop accaparée je pense par mes souvenirs de Percy Jackson et les héros grecs, qui est en fait une sorte d'encyclopédie de mythologie grecque et non une histoire à proprement parler. Ici, Percy Jackson est un véritable héros, au même titre que les dieux grecs qui deviennent des personnages à part entière. J'ai trouvé que le début était long à se mettre en place et un peu tiré par les cheveux. Le style d'écriture est lui-même assez poussif, mais cela s'explique très certainement par le fait que ce livre s'adresse en premier lieu à un public adolescent. Je n'ai pas retrouvé dans un premier temps l'humour de Rick RIORDAN, ni les passages où il donne des éléments de mythologie. Néanmoins, je ne sais pas si j'ai fini par m'habituer à l'intrigue et aux personnages ou si le récit devient plus clair en milieu de livre mais j'ai progressivement apprécié ma lecture. J'ai été emportée par le suspense autour de la quête de l'éclair de Zeus, même si j'ai trouvé que les aventures étaient plutôt répétitives, dans le sens où on les voyait arriver à dix kilomètres à la ronde. J'ai également retrouvé l'humour de l'auteur et on finit par avoir quelques éléments de contexte sur les dieux grecs. En fin de livre, l'auteur finit par nous donner tous les éclaircissements dont on a besoin pour une bonne compréhension de l'intrigue et nous donne vraiment envie de poursuivre notre lecture en se plongeant dans le deuxième tome. D'une manière générale, je ressors de cette lecture avec un avis plutôt mitigé, déçue par l'intrigue même si je trouve que les choses s'améliorent au fil des chapitres, mais aussi déçue de moi-même car je pense que je n'ai pas suffisamment pris le temps de savourer le livre en m'arrêtant sur les éléments apportés par l'auteur. J'ai plutôt enchaîné les pages, avide de retrouver ce qui m'avait plus dans le premier tome et je pense que je suis passée à côté d'informations importantes.

Ma note : 3/5.

Challenges.
Défi lecture 2020 : Consigne 68 - Livre dont le héros a douze ans ou moins - 28/100

Tome 2 : La mer des monstres.

Mon avis : Une nouvelle année scolaire s'achève pour Percy. Le dernier jour de classe est arrivé, mais il annonce aussi le début des vacances à la colonie des Sang-Mêlés, sorte de colonie de vacances pour demi-dieux. Alors que les monstres ont laissé notre jeune héros tranquille toute l'année, ils font leur réapparition lors d'une dernière partie de foot. Ce n'est que le début de nouvelles attaques qui n'annoncent rien de bon. En effet, la colonie des Sang-Mêlés est en train de dépérir. L'arbre, réincarnation de Thalia (fille de Zeus et d'une mortelle) a été empoisonné, et c'est tout la nature environnante qui en pâtit. Les frontières magiques censés protéger la colonie des assauts des monstres perdent en efficacité. Qui plus est, Chiron a été renvoyé de son poste de directeur des animations, désormais remplacé par le démoniaque Tantale qui a remis les courses de chars meurtrières au goût du jour. Percy se lance donc dans une nouvelle quête, à la recherche de la célébrissime Toison d'Or, seul objet pouvant guérir la colonie de ses tourments. Une fois de plus, il sera accompagné de la sage Annabeth et d'un nouveau membre de la famille, Tyson. 

Mon avis : Après m'avoir remis en tête l'histoire du premier tome grâce à une adaptation BD trouvée en médiathèque, je me suis lancée dans ce deuxième tome avec l'espoir qu'il me plaise davantage que le précédent. Ce fut le cas. Je continue de rester perplexe devant la proposition de l'auteur de placer l'Olympe au-dessus de l'Empire State Building, et par là-même de déplacer l'âge d'or de la civilisation grecque vers la civilisation américaine, qui est, de ce fait, à son apogée. Tout comme la mer des monstres expliquerait les disparitions mystérieuses dans le triangle des Bermudes. Comme prétexte aux aventures de Percy, je trouve que c'est un peu bancal, mais bon, une fois passé ce détail qui n'en est pas un, j'ai eu plaisir à retrouver Percy, le guerrier. J'ai eu un peu moins de mal à entrer dans l'histoire, grâce au twist de la fin du premier tome. On sait désormais clairement qui sont les ennemis de Percy et contre qui il va se battre à l'avenir. J'ai aussi plus apprécié l'humour de Rick RIORDAN qui est mis plus en avant dans ce second tome. De même, on a affaire à une palette de personnages mythologiques assez conséquente, en si peu de pages. Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur les Cyclopes, dont Polyphème, sur Circé, Tantale ou encore Charybde et Scylla, vous en aurez pour votre compte. Percy est un peu une réincarnation d'Ulysse dans ce tome, voguant sur la mer des Antilles, dans un remake de l'Odyssée. Comme dans le tome précédent, les aventures s'enchaînent à une vitesse qui nous laisse parfois un peu sur le bord du chemin tellement il se passe de choses en peu de lignes, mais ce n'est pas désagréable. N'oublions pas que c'est un roman d'aventures pour la jeunesse, donc il faut que ça pulse. La fin laisse présager encore de nouveaux rebondissements, il faut savoir que les monstres ne meurent jamais et que Chronos est en train de se refaire la cerise dans un cercueil fait de bois, donc Percy n'est pas prêt d'être au chômage ! J'ai hâte de me plonger dans le troisième tome que je me suis déjà procuré, sitôt le deuxième tome achevé.

Ma note : 3/5.

Challenges.
Défi lecture 2020 : Consigne 70 - Livre avec un héros récurrent - 42/100
 
Tome 3 : Le sort du Titan.

Mon avis : Thalia est de retour, et elle n'a même pas eu le temps de dire "ouf !" qu'elle se lance avec Percy et Annabeth à la recherche de Grover qui semble être en danger au sein de son école alors qu'il est en mission pour recruter de nouveaux sang mêlés qui les aideront à combattre Cronos. A peine ont-ils passé le pas de la porte de l'établissement qu'ils sont accueillis par un professeur un peu particulier qui se révèle être un horrible monstre, un manticore. Les trois sang mêlés sont sauvés de justesse par Artémis à la tête de ses Chasseresses, des femmes guerrières qui ont prêtées allégeance à la déesse de la Chasse. Seulement, Annabeth disparaît lors du combat et Artémis décide de partir seule à la recherche des monstres envoyés par Cronos et ses acolytes. De retour à la colonie, Grover, Percy, Thalia, les deux nouveaux sang mêlés, Bianca et Nico, et les autres Chasseresses veulent partir en mission afin de retrouver les disparues. Un nouvel oracle est prononcé, et Percy se lance une nouvelle fois dans des aventures qui s'annoncent épiques et dangereuses, cette fois direction l'Ouest et San Francisco.

Mon avis : Un troisième tome qui fait monter le suspense encore d'un cran avec toujours plus de prophéties, de monstres, de héros et de dieux. Une nouvelle fois, il faut bien être concentré quand on lit les Percy Jackson car les détails sont multiples, tant au niveau de l'intrigue générale, le combat entre les dieux et Cronos, que les éléments mythologiques apportés par l'auteur. Un renouvellement du casting est complétement opéré dans ce tome, avec de nouveaux personnages, comme Bianca et Nico qui sont deux nouveaux sang mêlés, et l'arrivée de nouveaux dieux, comme Artémis qui occupe une large place dans le récit, et Apollon, son frère. J'ai vraiment apprécié le début de l'histoire, et surtout le personnage d'Apollon que je trouve très drôle. J'ai d'ailleurs retrouvé l'humour de Rick RIORDAN que j'avais tant apprécié dans Percy Jackson et les héros grecs. La suite m'a un peu moins convaincue, on retrouve le même schéma et les mêmes ingrédients, une quête semée d'embûches avec des monstres que Percy et ses amis doivent combattre. En revanche, j'ai apprécié que certains personnages disparaissent de l'histoire, cela est un peu plus réaliste que d'être toujours vainqueur de monstres redoutables. J'ai aussi aimé que certaines relations évoluent un peu, même si ça reste à la marge, Percy semble gagner en maturité et évolue à mesure que la tension et les enjeux deviennent de plus en plus importants. La fin, fignolée par l'auteur, annonce un vrai lien avec le prochain tome, qui promet d'être explosif. J'ai hâte de découvrir les nouveaux rebondissements et vais essayer de ne pas trop tarder car je trouve qu'il est compliqué de se remémorer tous les éléments de l'histoire quand on a laissé trop de temps s'écouler entre deux tomes.

Ma note : 3/5.

Challenges.
* Défi lecture 2021 : Consigne 51 - Un livre comportant une scène où un personnage raconte un rêve ou un cauchemar - 7/100
En 2021... Je voyage : Etats-Unis (+ 20 points)
 
Tome 4 : La bataille du labyrinthe.

Mon avis : Après avoir connu de nouveaux déboires dans l'école de son beau-père enseignant qui souhaitait que Percy l'intègre à la rentrée, le jeune garçon, fils de Poséidon fait son retour à la Colonie des Sang-Mêlés pour les vacances. Dans un contexte où Cronos, le Titan redoutable tente de reprendre le pouvoir sur l'Olympe avec son armée, Percy s'aperçoit qu'on lui cache des choses, la détresse de Grover dont le permis de chercher le dieu Pan va bientôt lui être retiré suite à ses échecs successifs, la relation entre Annabeth et Clarisse qui semble s'être mystérieusement améliorée, sans oublier la disparation de Nico, fils d'Hadès, qui n'inaugure rien de bon de part son pouvoir de réveiller les Enfers. A cela s'ajoute la disparition de Dionysos et l'arrivée d'un nouveau membre dans l'équipe encadrante de la colonie, Quintus accompagné de son molosse redoutable. Au fil des explications, le dénominateur commun de tous ces événements récents apparaît être le labyrinthe de Dédale. Les cauchemars de Percy vont également dans ce sens : il se trame des trucs louches dans ce souterrain tentaculaire fait de pièges machiavéliques, à commencer par Luke qui continue de fricoter avec Cronos, et Nico qui affirme son désir de venger la mort de sa soeur. Le seul moyen de préserver la Colonie d'un assaut meurtrier de l'armée d'ennemie est de partir à leur rencontre dans le labyrinthe, une quête confiée à Annabeth.

Mon avis : Le suspense monte, la fin approche ! Encore un tome haletant, plutôt sombre et richement documenté. Plus les tomes défilent et plus je les apprécie car on gagne en maturité et on entre vraiment dans le vif du sujet. Certes, il n'y a aucune surprise sur la structure : un passage désastreux dans une école pour rappeler les particularités de Percy, l'arrivée à la Colonie des Sang-Mêlés, la nécessité de se lancer dans une nouvelle quête, la prophétie, la rencontre de monstres dans des lieux hostiles et pour finir l'affrontement final. Mais je me suis quand même prise au jeu. Ce qui est intéressant est que chaque tome met en avant de nouveaux lieux, de nouveaux personnages et de nouvelles figures mythologiques. Ici, on fait la connaissance de Dédale, du roi Minos, du labyrinthe, mais aussi des Hécatonchyres, ces créatures primitives aux cent bras, des telchines, de Calypso et j'en passe et des meilleures. J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié la pause que Percy est contraint de faire sur l'île de Calypso. S'imaginer sur cette île coupée du monde, aux fleurs de lune et aux reflets d'argent offre aussi au lecteur une pause bienvenue dans les combats acharnés qui occupent les trois-quart du livre. Le labyrinthe est un lieu angoissant, ne serait-ce que parce qu'on est sous terre, enfermés, avec la peur de ne jamais en ressortir. L'île de Calypso et sa nature verdoyante offre donc un contraste saisissant, une bouffée d'être frais dans un contexte anxiogène, de même que tous les bouts de nature que l'on aperçoit, la mer survolée par Icare puis par nos héros, la vue de l'atelier de Dédale sur le jardin des Dieux... J'ai également apprécié les petites amourettes qui émaillent le récit ça et là. Loin d'être gnangan, je trouve qu'elles apportent un peu de fraîcheur et nous rappellent que les héros sont encore des adolescents qui ne sont pas juste des machines à combattre des monstres. J'ai hâte de voir la relation entre Percy et Annabeth s'épanouir, si cela est possible, car la jeune fille semble être encore très éprise de Luke. En somme, un quatrième tome mené avec brio par Rik RIORDAN, qui manque un peu d'humour, mais on serait exigeant. J'ai hâte de me plonger dans le dernier tome et de connaître le dénouement de l'affrontement final.

Ma note : 4/5.

Challenges.

* Défi lecture 2021 : Consigne 60 - Un roman dont le thème est une quête - 30/100
En 2021... Je voyage : Etats-Unis (+ 10 points)

Tome 4 : Le dernier Olympien.

Mon avis
 :
 Ça y est, nous y sommes ! Le temps est venu pour Percy et ses amis d'affronter l'incroyable force des Titans. Si Typhon traverse à une vitesse inquiétante les Etats-Unis, bien qu'un peu ralenti par les dieux qui déploient toutes leurs armes pour l'empêcher d'atteindre l'Olympe, Percy et sa garde rapprochée se postent en pleine ville de New York, attendant d'en découdre avec Cronos, bien au chaud dans le corps de Luke. Les coups pleuvent entre les deux armées. Les deux camps rivalisent d'ingéniosité pour prendre le contrôle de la ville, puis de l'Empire State Building, siège de l'Olympe. Si les monstres font preuve d'une force bête et méchante, les hommes, dieux, demi-dieux ou mortels mettent plus d'affects dans cette guerre. Ainsi, faire le choix de son camp revient à s'interroger sur son passé, son pouvoir, et sa place vis-à-vis des dieux de l'Olympe. Percy, aidé d'Annabeth enquête donc sur le passé de Luke pour comprendre pourquoi il s'est soumis à Cronos, avec l'ultime espoir qu'il changera de camp avant le destruction ultime. La prophétie est à l'oeuvre, un demi-dieu âgé de 16 ans sauvera ou détruira l'Olympe...

Mon avis : Ce qui est certain est que l'on ne s'ennuie pas dans ce dernier tome ! Malgré ma lecture fragmentée, toujours à cause des transports en commun, je ne me suis pas du tout perdue dans les événements ni dans les personnages. L'auteur nous tient en haleine, on reste scotché à notre bouquin et on a juste qu'une envie, connaître la suite. Pour une fois, on ne suit pas la trame narrative des quatre premiers tomes. Dans celui-ci, on entre directement dans le vif du sujet, la destruction du Princesse Andromède. Pas le temps pour prendre une pause, se voir confier une mission, les héros sont immédiatement sur le pont pour défendre leurs positions et ainsi sauver l'Olympe des assauts de Cronos et autres Titans effrayants. Mais cet ultime tome ne peut pas être réduit qu'à des combats entre méchants et gentils. Une réflexion est engagée sur le destin de chaque demi-dieu, comment le passé peut expliquer le présent. Ainsi des pauses sont proposées dans le récit pour enquêter sur le passé de Luke et comprendre comment il en est arrivé à accepter la proposition de Cronos de lui voler son corps. C'est aussi l'occasion de revenir sur la façon dont les dieux conçoivent la parentalité lorsqu'ils ont eu des amourettes avec des mortels. Cette question est également très présente chez Nico, fils d'Hadès, qui ne cesse d'enquêter sur ses origines. C'est d'ailleurs cette compréhension du passé qui explique le choix de chaque demi-dieu de rejoindre tel ou tel camp. Si Luke rejoint Cronos, c'est avant tout parce qu'il estime qu'Hermès n'a pas fait son devoir de père. Il y a également tout un développement autour de la Pythie et des prophéties. J'avoue que je suis un peu passée à côté et que je n'ai pas bien compris tous les tenants et aboutissants. Je pense que la faiblesse de cette saga est parfois la profusion d'informations et de personnages. C'est un défi de parvenir à mettre en lien toutes ces informations, tout en les intégrant au présent et dans la ville de New-York. Parfois, l'auteur se perd un peu et c'est difficile de rester cohérent jusqu'au bout. Quoiqu'il en soit, les deux éléments que je garde surtout à l'esprit pour ce dernier tome est la majesté des combats (ça envoie du bois !) et la relation entre Percy et Annabeth qui vient apporter un peu de douceur et d'humanité à l'ensemble. Voilà une saga que je relirai, non seulement pour réviser mes connaissances sur la mythologie grecque mais aussi pour avoir une deuxième compréhension des parcours des héros et des messages transmis par Rick RIORDAN. En attendant, je pense bientôt me lancer dans une autre saga écrite par l'auteur (je n'ai pas encore fait mon choix).

Ma note : 3/5.

Challenges.

Défi lecture 2022 : Consigne 24 - Livre avec un personnage illettré/analphabète ou qui n'aime pas la lecture. ("La dyslexie fait partie des troubles caractéristiques des demis-dieux mais quelquefois ça m'exaspère un maximum. Et plus je suis tendu, plus j'ai du mal à lire" p.64).

samedi 25 juillet 2020

L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea - Romain Puértolas

En résumé.

Après avoir arnaqué ses amis et admirateurs dans son petit village de l'Inde, le fakir Ajatashatru Lavash Patel (à prononcer "J'attache ta charrue, la vache" selon le narrateur) embarque pour Paris, destination Ikea afin de se procurer un nouveau lit à clou. Bien décidé à faire des économies, Aja n'a pas réservé d'hôtel et choisit de passer la nuit dans le célèbre magasin. Pourquoi se priver quand on a, à sa disposition, des dizaines de lits et de canapés, des cuisines et des salles de bain ? Alors qu'il est sur le point de s'endormir, il se fait surprendre par deux employés de la marque et se réfugie dans une armoire. Manque de bol, celle-ci est embarquée pour l'Angleterre. Dans le camion transportant les marchandises, le fakir rencontre un clandestin soudanais, en quête d'une terre pacifique. A leur arrivée, les deux hommes sont arrêtés par la police britannique et renvoyés en Espagne. A partir de là, les péripéties se poursuivent pour l'Indien, visitant tout à tour l'Italie, la Lybie et la France, rencontrant sur son passage des personnes qui changeront à jamais sa vie.

Mon avis.

Un livre trouvé en parfait état dans une boîte à livres. Cela a fait mon affaire puisque je pense que je ne l'aurais jamais acheté si je n'avais pas croisé sa route de cette façon. A l'approche des vacances, j'avais envie d'une histoire fraîche, tout simple et rapide à lire. Celle-ci était toute indiquée, en plus on y parle de voyages...

Bien que plutôt léger, ce livre, que l'on pourrait classer dans la catégorie des "feel-good books", propose trois histoires en une. La première, la principale, celle de ce fakir qui va vivre, malgré lui, des aventures rocambolesques. Parti pour un aller-retour à Paris avec le désir bien précis de se procurer un lit à clou, il va finalement faire le tour de l'Europe, souvent placé au centre de plusieurs quiproquo et échappant aux diverses menaces grâce à des moyens de transports peu conventionnels (une armoire, un sac de voyage, une mongolfière). Ces nombreuses péripéties servent de fil rouge à l'intrigue. Ensuite, il y a une deuxième histoire, celle de ce clandestin soudanais et plus largement celle de tous les clandestons. C'est un thème récurrent et Aja s'interroge à de nombreuses reprises sur la souffrance que ressentent ces hommes et ces femmes qui ont tout quitté pour un espoir de vie meilleure. D'ailleurs, sa propre aventure contraste vivement avec leurs aventures à eux. Alors que la sienne est racontée sur le ton de l'humour, et semble se faire de façon si simple (il suffit de se cacher dans une valise pour atterrir à Rome), celle des migrants apparaît, à juste titre, comme douloureuse, semée d'embûches et incarnant quelque part le mythe de Sisyphe. Enfin, la troisième histoire est le changement qui s'opère chez l'Indien, comme si nous avions affaire à un voyage initiatique. Le fakir, habitué à mentir sur ses pouvoirs pour escroquer son entourage, rencontre au fil de ses étapes européennes des personnages qui lui permettent de gagner en maturité. A l'issue du roman, c'est un homme transformé, qui a désormais l'ambition de rendre les gens heureux, à commencer par sa compagne. 

Un roman qui laisse donc entrevoir plusieurs messages, sans pour autant entrer dans une histoire tire-larmes. Au contraire, le récit des aventures d'Aja se veut plutôt comique, même si pour ma part je ne suis pas partie dans de grands éclats de rire, juste quelques sourires de temps en temps. C'est le type de livre que l'on lit pour se changer les idées, sans en attendre grand chose. J'ai d'ailleurs trouvé que la longueur et le rythme étaient bien. Les aventures s'enchaînent, les chapitres sont courts et rythmés, on n'a donc pas le temps de s'ennuyer, et l'histoire s'arrête à temps, un pays de plus aurait été de trop. En revanche, j'ai moins apprécié le côté un peu surréaliste des aventures de ce fakir farfelu. Bien sûr, l'auteur avait besoin de rebondissements et de coups d'éclats pour servir ses ambitions mais j'ai trouvé qu'il allait parfois un peu trop loin. Par exemple, l'histoire d'amour avec Marie est vite introduite puis balayée, la carrière d'écrivain d'Aja sonne faux (comme si un éditeur filait 100 000 € pour un manuscrit à peine entamé) et le passage en Lybie est carrément tiré par les cheveux. Mais bon, il faut accepter ce genre de couacs dans ce type de livre.

En somme, un livre sans prétention, dont l'objectif est uniquement de faire passer au lecteur un bon moment, et c'est d'ailleurs réussi. A lire au bord de la piscine, entre deux plongeons rafraîchissants. 
Dernières infos.

L'extraordianire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea a été publié en 2013 et compte 307 pages. Il est suivi des Nouvelles aventures du fakir au pays d'Ikea. Le premier tome a été adapté au cinéma en 2018 par Ken SCOTT.

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 19 - Livre dont le titre contient le nom d'un objet de la maison (armoire) - 27/100

jeudi 23 juillet 2020

Tag : Dans la valise

En ce mois de Juillet un peu particulier, j'ai eu envie de me lancer dans un TAG placé sous le signe des lectures estivales et du voyage. Si nous sommes un peu contraints cette année dans nos destinations, la découverture littéraire est toujours possible, et quoi de mieux que voyager par les mots, bien installé dans le transat, sous l'ombre bienfaitrice d'un arbre nonagénaire et avec le chant des cigales en bruit de fond ?!

J'ai pioché ce TAG une fois de plus chez Pocket Jeunesse, il suffit de suivre ce lien.


1. Un livre léger.

Oscar et la dame rose - Eric-Emmanuel SCHMITT
Qui dit livre léger, dit livre assez court. Celui-ci ne fait qu'une centaine de pages et pourtant, il se révèle être très puissant. L'histoire d'un petit garçon qui n'a plus que quelques jours à vivre, mais qui va en profiter à mille pour cents grâce à la dame rose, une dame qui rend visite aux enfants dans les hôpitaux bénévolement et qui a une imagination débordante. Avis aux cinéphiles, l'histoire d'Oscar à été adaptée au cinéma, avec Michèle LAROQUE dans le rôle de la dame rose.

2. Un livre que vous souhaitez lire cet été.

Une dernière danse - Victoria HISLOP
Il y a des auteurs qui reviennent tous les étés : Michel BUSSI, Katherine PANCOL, Marcel PAGNOL et Victoria HISLOP. J'ai donc choisi celui-ci, emprunté à la médiathèque et ma prochaine lecture je pense. Ses romans nous font toujours voyager et ont un côté historique qui est très plaisant.

3. Un livre que vous aimeriez acheter.

Circé - Madeline MILLER
Il y en a plusieurs que je souhaiterais acheter mais mon choix s'arrête sur celui-ci dont je suis sûre qu'il serait un coup de coeur. A en lire la quatrième de couverture, il s'agirait d'une sorte de biographie sur le personnage mythologique de Circé. Je suis sûre qu'on y apprend plein de choses et j'ai pu lire plein d'avis positifs sur la blogosphère.

4. Un livre que vous avez dans votre liseuse.

Rien de s'oppose à la nuit - Delphine DE VIGAN
Avec le confinement, j'ai fait plusieurs acquisitions sur ma liseuse alors que j'avais perdu l'habitude de m'en servir. Mon choix se porte finalement sur un livre que j'avais acheté il y a deux ans. Je me souviens l'avoir dévoré, avec cette impression que les pages défilent plus vite sur la liseuse. Un roman autobiographique, histoire de la vie de la mère de Delphine DE VIGAN, atteinte de bipolarité. Un livre émouvant, parfois dérangeant du fait de sa dimension intime mais à lire !

5. Un livre avec une valise ou un sac sur la couverture.

Bons baisers de Cora Sledge - Leslie LARSON
L'occasion pour moi d'évoquer un roman qui n'a pas fait grand bruit et que j'ai lu il y a dèja quatre ans. Le temps ayant fait son oeuvre, je ne me souviens plus vraiment de l'histoire mais j'en garde tout de même un bon souvenir. L'histoire d'une vieille dame contrainte par ses enfants d'aller en maison de retraite et qui va tout faire pour s'en échapper. Elle écrira ses aventures dans un journal intime, l'occasion pour nous d'en savoir un peu plus sur son passé.

6. Un livre qui parle de vacances.

Agatha Raisin enquête : Vacances tous risques - M.C BEATON
Le sixième tome des aventures de notre détective déjantée qui se passe à Chypre. Un tome rafraîchissant, qui permet de faire une pause bienvenue dans la série qui se passe majoritairement à Carsely, petit village des Costwolds en Angleterre. Dépaysement assuré !

7. Un livre d'aventure.

Le voleur de foudre (Percy Jackson, tome 1) - Rick Riordan
Une série dans laquelle je viens à peine de me plonger. Légère déception, après avoir adoré le hors saga Percy Jackson et les héros grecs, mais qui reste quand même une agréable lecture, très mouvementée de part les aventures que vit le jeune Sang Mêlé Percy, fruit d'un amour entre Poseidon et sa mère, mortelle. 

8. Un livre qui parle de voyage dans le temps.

La commanderie - Alain ADE
Ce livre ne parle pas de voyage dans le temps mais EST un voyage dans le temps - le temps du Moyen-Âge. L'auteur nous permet de nous lancer sur les traces des Templiers, à la recherche de leur trésor qui continue de fasciner un certain nombre de ferrus d'Histoire. Un roman historique rythmé, des personnages attachants et des rebondissements qui tiennent le lecteur en haleine, je le conseille vivement, y compris pour ceux qui ne sont pas très portés sur l'Histoire.

9. Un livre de la couleur de votre valise/votre sac.

Le vestibule des causes perdues - Manon MOREAU
Ma valise étant rose, mon choix se porte naturellement sur ce livre dont la lecture est particulièrement adaptée à la saison estivale. On y retrouve plusieurs personnages qui ont en commun de cheminer vers Saint Jacques de Compostelle. Un livre au thème original, dépaysant et qui nous donnerait presque envie d'enfiler nos chaussures de marche pour les rejoindre.

10. Un livre qui se déroule au dernier endroit où vous êtes partis en vacances.

La libraire de la place aux herbes - Eric DE KERMEL
En Août dernier, je suis partie dans le Gard, je n'ai pas eu l'occasion de visiter Uzès où se déroule l'histoire de Nathalie, jeune femme qui plaque tout pour ouvrir une librairie, mais c'est le seul livre que je pouvais mettre en lien avec mes dernières vacances. Une histoire agréable, même si elle s'évapore vite lorsque la lecture est terminée. J'ai particulièrement apprécié les conseils lecture distillés tout au long du livre, qui sortent des sentiers battus pour certains d'entre eux.

Ici s'achève ce TAG. J'espère qu'il vous a plu et que vous pourrez y glaner des idées lecture pour cet été. N'hésitez pas à le reprendre et à me laisser vos propres choix en commentaires. 

Je vous souhaite un bel été !

dimanche 19 juillet 2020

Les chroniques de San Francisco - Armistead Maupin

Relire les Chroniques de San Francisco, c'est me plonger dans mes souvenis, l'été 2009 plus particulièrement, l'été entre la Première et la Terminale, où on traîne avec les copains du lycée, profitant de chaque instant car vite rattrapée par l'appréhension de bientôt quitter le cocon familial pour la grande ville et les études. C'est aussi une lecture de retour d'un voyage à San Francisco, avec le désir de prolonger le dépaysement. C'est aussi un immense coup de coeur, je me souviens que j'avais été littéralement transportée, enchaînant frénétiquement les différents tomes, à tel point que j'ai recommandé ces Chroniques pendant dix ans à toute personne en panne de lecture. Eté 2020, l'envie de me replonger dans les histoires loufoques des habitants du 28, Barbary Lane, l'envie de me confronter à mes souvenirs et de voir si la magie opère toujours...

Tome 1 : Chroniques de San Francisco.

En résumé : Mary-Ann Singleton n'a que 25 ans lorsqu'elle débarque à San Francisco, elle qui a passé toute son enfance à Cleveland (Etat de l'Ohio, au Nord-Est des Etats-Unis). Très vite, elle se met en quête d'un logement et c'est finalement au 28, Barbary Lane qu'elle trouve son bonheur. Son appartement est enclavé dans une maison plus grande, divisée en plusieurs logements, tous tenus par une logeuse énigmatique, Anna Madrigal, une dame assez âgée qui fait pousser de la marijuana dans son jardin et qui en offre à ses locataires en guise de cadeau de bienvenue. D'abord déroutée par les moeurs de ses voisins, collègues et amis qui habitent la ville mythique, elle se fait progressivement une place, soutenue par Mouse et Mona, d'autres locataires du 28, Barbary Lane. Au fil des chapitres, nous suivons le quotidien de tous ces personnages hauts en couleur, donc les vies sont parsemées de rebondissements inattendus.

Mon avis : Je conçois que la forme et le fond de ce premier tome peuvent surprendre les lecteurs qui ne sont pas des habitués du style Armistead Maupin. La forme, déjà, une compilation de très courts chapitres, des chroniques véritablement. A l'origine, celles-ci étaient publiées dans le journal The San Francisco Chronicle, ce qui explique le fait qu'elles devaient être brèves et attrayantes. Il y a peu d'éléments de narration, principalement des dialogues, plutôt brefs eux aussi, entre les divers personnages. Pour ce qui est du fond, le contexte est le San Francisco de la fin des années 70 (les premières chroniques ont été publiées en 1978), c'est-à-dire un San Francsisco très libre qui tranche avec le reste du pays, plus conservateur dont Cleveland et Mary-Ann sont les symboles. Les thèmes  récurrents sont ceux la drogue, l'homosexualité, la liberté sexuelle mais aussi la tolérance et l'innocence. Certaines scènes peuvent donc paraître assez crues et déroutantes. Cette relecture du premier tome m'a un peu déçue. Même si j'ai quand même dévoré le livre, je lui ai trouvé quelques longueurs et quelques passages qui n'apportent pas grand chose à l'histoire. En revanche, j'ai retrouvé ce que j'avais le plus aimé à l'époque où je l'avais lu pour la première fois : les rebondissements de fin de chapitre qui sont toujours inattendus, qui relancent l'intrigue et maintiennent le lecteur en haleine. Si Armistead MAUPIN voulait que son lectorat lui reste fidèle, j'imagine qu'il avait tout intérêt à attiser sa curiosité, c'est chose réussie et j'ai déjà envie de passer à la suite. Enfin, j'ai apprécié l'éclectisme des personnages, il y a en pour tous les goûts, de ceux qui sont introvertis à ceux qui sont carrément libérés, de ceux qui en sont à l'heure des bilans à ceux qui croquent la vie à pleines dents. En tout cas, j'attends avec impatience de relire le second tome car pour le moment, le coup de cœur ne se confirme pas.

Ma note : 3/5

Challenges : 
Défi lecture 2020 : Consigne 80 - Livre dont le résumé de la quatrième de couverture contient le nom d'une ville - 26/100
 
Tome 2 : Nouvelles chroniques de San Francisco.

En résumé : Guidée par ses nouveaux amis du 28 Barbary Lane, Mary-Ann poursuit sa découverte du déjanté San Francisco des années 70. L'affaire Norman Neal Williams aura été un coup dur pour la jeune femme qui s'en remet difficilement. Heureusement, Edgar Halcyon, avant de passer l'arme à gauche, avait prévu de lui offrir une croisière au Mexique pour la remercier de son implication en tant que secrétaire de l'empire Halcyon. Quoi de mieux qu'un voyage pour tourner la page ? Mouse est de la partie, peut-être que cette croisière sera l'occasion pour eux deux de trouver l'amour ? Dans le même temps, Mona ne va pas bien et décide de s'enfuir pendant quelques temps. Un étrange hasard la conduira jusqu'à ses origines, et la rencontre avec Mother Mucca permettra de révéler bien des secrets. Quant à Brian, il est toujours en quête du grand amour, et vit d'étranges scènes avec sa voisine de l'immeuble d'en face tous les soirs à onze heures. Mais qui se cache derrière cette relation purement platonique ?
 
Mon avis : Quelques lignes de résumé et j'ai déjà employé le terme "étrange" par deux fois. Je crois que c'est bien ce qui caractérise ce deuxième tome. Lorsqu'on entame les Chroniques de San Francisco, il ne faut pas avoir peur de se lancer dans des histoires un peu farfelues, déjantées, voire glauques à certains moments. Ce deuxième tome ne déroge pas à la règle et c'est bien ce qui m'a plu. J'ai retrouvé ce pour quoi j'avais tant apprécié cette saga dix ans auparavant : les rebondissements abracadabrantesques, les personnages hauts en couleur, l'ambiance très particulière et des scenarii que l'on ne retrouve nulle part ailleurs. En cela, je l'ai préféré au premier dont la relecture m'avait un peu déçue. Celui-ci est moins chargé en références et est plus tourné vers le développement de plusieurs intrigues qui finissent toujours par se recouper de façon surprenante. C'est d'ailleurs un tome clé dans la mesure où il révèle des secrets qui sont déterminants pour comprendre qui sont les habitants de ce petit coin de San Francisco. On retrouve encore une fois des personnages qui luttent pour assouvir leur soif de liberté et dont les actes sont tournés vers la recherche de l'amour, qu'il soit filial, amical ou charnel. Le lecteur est témoin de l'évolution de chacun d'entre eux, en particulier Mary-Ann qui est plongée pour la deuxième fois dans une enquête assez sordide mais qui nous tient en haleine jusqu'à la fin du livre. Le suspense est bien plus présent que dans le premier tome, Armistead MAUPIN s'amuse à tirer plein de ficelles différentes pour captiver ses lecteurs et les tenir en haleine jusqu'aux ultimes révélations. J'ai hâte de commencer le troisième tome, curieuse de voir comment vont évoluer les relations de Mary-Ann et Burke, Mouse et Jon, Brian et Mona, DeDe et D'or. Je pense que l'auteur nous réserve encore bien des surprises !
 
Ma note : 3/5

Challenges : 
* Défi lecture 2021 : Consigne 80 - Un livre qui contient une lettre (hors correspondance ou roman épistolaire) > lettre de la mère de Michael à son fils (p.35 à 38) - 28/100
En 2021... Je voyage : États-Unis (+ 20 points)

samedi 11 juillet 2020

Magellan - Stefan Zweig

En résumé.

Début du XVIème siècle, l'engouement pour les contrées extérieures à l'Europe est total : soif de découvertes, commerce des épices alors considérées comme des denrées rares qui font la richesse des marchands qui approvisionnent les cours européennes, et nécessité de trouver de nouvelles routes maritimes, avec l'envie sous-jacente de prouver que la Terre est ronde et non plate, comme l'affirment encore les cartes de l'époque. C'est dans ce contexte que Magellan débute sa carrière de marin. Il participe d'abord à plusieurs expéditions portugaises, en tant que simple homme à tout faire. Mais déjà, la mer le passionne. Au fil des découvertes auxquelles il participe, grandit en lui l'ambition d'être à son tour celui qui organise une expédition, avec l'irrépressible désir de prouver que l'on peut rejoindre les îles des épices situées du côté de l'Inde en passant par le continent américain, c'est-à-dire de faire le tour du monde, prouver que la Terre est ronde. Il va se renseigner, éplucher toutes les cartes, et réunir suffisemment de preuves pour penser que cela est possible. La cour portugaise refuse ce projet révolutionnaire et c'est finalement auprès de l'Espagne et de son roi Charles Quint qu'il trouve du soutien. En 1519, cinq navires s'élancent pour une aventure folle, qui ne doit sa réussite qu'à l'homme qui en est à l'origine.

Mon avis.

Stefan ZWEIG est connu pour avoir écrit de nombreuses biographies sur d'illustres personnages, qui ont marqué, à leur manière, leur époque. Pourtant, le premier livre que j'ai lu de lui n'est pas une biographie mais une nouvelle, Lettre d'une inconnue. Magellan est donc ma toute première biographie de l'auteur et j'en suis désormais certaine, ce ne sera pas la dernière.

L'idée d'écrire la vie de Magellan lui vient lors d'une traversée en bateau entre le continent européen et le Brésil. Il pense alors à tous ceux qui l'ont précédé sur ces océans, il pense aux premiers hommes qui ont osé, avec des embarcations plus fébriles et des cartes très approximatives, se lancer, au péril de leurs vies, à la découverte de nouveaux territoires. C'est donc la curiosité et l'envie d'en savoir plus sur le profil de tels explorateurs qui le conduisent à faire des recherches sur ce célèbre navigateur qu'est Magellan. J'ai beaucoup aimé cette démarche et à chaque page, on sent à quel point l'auteur est précis dans les informations qu'il nous délivre. J'ai également apprécié que cette biographie porte sur un autre explorateur que Christophe Colomb, dont on sait déjà beaucoup de choses.

Ce livre fut, à plusieurs égards, un coup de coeur. D'abord, il reste entièrement accessible, même si l'on n'est pas féru d'histoire, ce qui est mon cas. L'écriture est agréable, ZWEIG va dans le détail sans pour autant nous assomer d'informations superflues et il prend le soin de resituer chaque personnage dans un contexte historique plus large. Tout cela fait que nous ne nous ennuyons pas une seule seconde et même si nous connaissons la destinée de Magellan dès le départ, subsiste une forme de suspense qui nous tient en haleine. La rapidité des chapitres donne également du rythme à l'ensemble. Ensuite, j'ai beaucoup apprécié la description de Magellan. Le récit n'est pas une énumération sans fin d'événements, de dates, de personnages. L'auteur prend soin de décrire ses personnages, et en particulier le héros du livre. Le navigateur devient un personnage de roman, avec ses forces et ses faiblesses, et si son entreprise a réussi, c'est aussi grâce à sa personnalité et à sa détermination. On sent d'ailleurs une forme d'admiration et d'attachement de la part de ZWEIG, qui fait de cette biographie un récit incroyablement humain. Enfin, ce qui m'a également beaucoup plu est l'approche sensorielle du livre. Au fil de la lecture, nos cinq sens sont constamment en éveil : dès les premières pages, on est aveuglé par les couleurs chatoyantes des épices, ennivré par leurs odeurs qui nous embarquent en Orient, puis il y a l'expédition, le bruit des marteaux qui construisent les navires, le ressac des vagues, l'odeur iodée, le vent qui fouette notre visage et puis la vue de ces îles encore vierges, ces îles que l'homme n'a pas encore saccagées. D'ailleurs, là est mon seul et unique regret, que l'auteur n'est pas suffisamment évoqué l'impact de ces découvertes sur l'avenir de l'humanité. C'est bien à cette instant précis que s'accélèrent la destruction des populations autochtones, le pillage des terres fertiles et la volonté d'aller toujours plus loin dans l'exploitation des hommes et des ressources naturelles. ZWEIG en dit quelques mots mais pas suffisamment à mon goût, en même temps je dois reconnaître que nous sommes davantage dans le registre de la biographie que du pamphlet.

En définitive, je ne peux que vous conseiller ce livre. Il a la longueur idéale, ni trop long, ni trop court et on apprend tout un tas de choses sans s'en rendre compte tellement le style de l'auteur est agréable et prenant. J'ai déjà hâte de découvrir une nouvelle biographie écrite par notre cher ZWEIG.
Dernières infos.

Magellan a été publié en 1938 et compte 285 pages.

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 59 - Lire une biographie ou autobiographie - 25/100

samedi 4 juillet 2020

Le mec de la tombe d'à côté - Katarina Mazetti

En résumé.

Elle, elle se recueille sur la tombe de son défunt mari, pour lui reprocher d'être parti si tôt et pour lui dire à quel point il lui manque. Lui, il vient déposer des fleurs sur la tombe de ses parents. Elle, elle est plutôt chic, tailleur beige et bouche pincée. Lui, il est plutôt débraillé, avec sa salopette qui sent la bouse de vache. Elle, elle aime la musique classique et les œuvres d'art. Lui, il aime les boulettes de viande et ses tracteurs. Elle, elle est bibliothécaire et habite dans un appartement d'un blanc immaculé. Lui, il est agriculteur, il croule sous les dettes et habite dans la maison de ses parents à la décoration kitch. Tout oppose Désirée et Benny. Et pourtant, un sourire va les réunir, alors qu'ils partagent un jour le même banc au cimetière. Depuis ce jour-là, ils sont amoureux mais leur idylle naissante est vite rattrapée par tous ces points de discorde qui entament la force de leurs sentiments.

Mon avis.

Ce livre traînait sur les étagères de ma bibliothèque depuis déjà quelques années. D'ailleurs, je ne sais même plus d'où il vient, si je l'ai acheté, si on me l'a prêté ou même offert. Après l'avoir reluqué bien des fois, j'ai enfin osé aller plus loin que le simple feuilletage. Il faut dire qu'il m'arrangeait bien pour valider une des consignes du Défi Lecture auquel je participe, celle de lire un bouquin d'un auteur scandinave. Katarina MAZETTI étant suédoise, c'était parfait. Et puis, quoi de mieux qu'un feel-good book pour enchaîner sur le sombre récit de Yann QUEFFELEC, Les noces barbares.

Comme bon nombre de lecteurs, si j'en crois les avis que j'ai lus sur Internet, ce livre fut pour moi une monstrueuse déception. Je n'en attendais pas grand chose, comme à chaque fois que je me lance dans ce genre d'histoire à l'eau de rose, dégoulinante de guimauve, mais là, je dois dire que c'est particulièrement mauvais. L'intrigue en elle-même est trop vite expédiée, à peine Benny et Désirée se sont-ils rencontrés qu'ils sont déjà quasiment unis pour la vie. Finalement, très peu de scènes se déroulent au cimetière, juste le temps de se rendre compte que les deux personnages sont diamétralement opposés (comme souvent dans ce genre d'histoire), puis leurs avis évoluent, après avoir échangé un sourire, et c'est fini, plus de cimetière, plus de passé, plus rien, juste une histoire d'amour qui va traîner en longueur. Celle-ci connaît des soubresauts qui ne peuvent qu'agacer le lecteur. On enchaîne les faux problèmes et les querelles de maternelle, tout ça pour essayer de créer un vague suspense inutile. On tourne les pages, on tourne les pages, pour finalement arriver à une fin qui est dans la continuité du livre, mauvaise, et en fait incompréhensible. Le tout sur un fond vulgaire, avec des scènes amenées sans aucune classe, et racontées sans la moindre élégance.

S'il n'y avait que l'intrigue... Mais non, il y a aussi les personnages. A eux deux, Désirée et Benny sont un ramassis de clichés rarement égalé dans l'histoire de la littérature. Désirée est le prototype de la bibliothécaire coincée, froide et rigide, ne lisant que des bouquins et méprisant ceux qui n'ont pas un rond de culture. Quand à Benny, c'est l'archétype du paysan, fils à maman, paumé, qui sent mauvais et macho qui plus est, attendant de sa future compagne qu'elle sache faire des boulettes et ranger la maison. Sinon, c'est rédibitoire. Comment de telles caricatures peuvent ne pas nous taper sur le système ?! Aucune profondeur, aucun réalisme. Pour prendre juste un exemple, alors que Désirée se lamente sur son défunt mari en début de livre, ce dernier est très vite oublié lorsqu'elle développe sa relation avec Benny. J'aurais quand même attendu un peu plus de peine de sa part, une remise en question aussi, voire même, mais je sais que j'exagère, de la culpabilité. A la place, rien du tout. Comment adhérer à des personnages qui paraissent aussi irréalistes ?! 

En somme, une histoire décousue, des personnages caricaturaux et affligeants, passez votre chemin. Même si vous avez envie d'une histoire légère et pas trop prise de tête, je vous conseille de vous tourner vers une autre lecture. Quant à moi, j'hésite à lire le second tome (oui, je suis maso), juste parce que je suis une jusqu'au boutiste et que j'aime bien lire l'intégralité d'un cycle. 
Dernières infos.

Le mec de la tome d'à côté a été publié en 1999 et compte 221 pages. Il est suivi d'un second tome, Le caveau de famille.

Ma note.
Challenges.

Défi lecture 2020 : Consigne 12 - Lire un auteur scandinave - 24/100